‹ 1870, la guerre en Lorraine (volume 2)Chapitre 65 sur 165 · LA CAVALERIE ALLEMANDE 1V · texte numérisé non relu

LA CAVALERIE ALLEMANDE 1V

troisième découvre à Gros-Tenquin de vastes campements français. D'autres reconnaissances rencontrent des fractions isolées et font quelques prisonniers, mais presque toutes se replient sans conserver le contact (1). Le commandement recueille ainsi quelques renseignements au centre, sur la route de Saint-Avold à Metz, mais manque de nouvelles précises aux ailes (2) . Les résultats de l'exploration sont donc médiocres.

Par surcroît, le prince Frédéric-Charles a la fâcheuse idée de répartir les /3e et 6' divisions de cavalerie entre les corps d'armée, en raison, déclare l'historique officiel, de l'extension du front de la II" armée, déterminée par le mouvement de l'aile gauche sur Itohrbach (3) . Cette mesure était illogique. Plus était grande l'étendue du front de la II" armée, plus devait être considérable la distance à laquelle on devait pousser en avant la cavalerie d'exploration et le service de découverte. Or, une répartition entre les corps d'armée devait avoir pour conséquence fatale d'entraver la liberté d'action des divisions de

(1) Cardinal von WlDDEBH, Vct wvndiau] uud Fûhrunq der Kavallerie, II, 14î, 231 ; général von Pblbt-Nikboshe, toc. Bit., 52, 63, 64, M.

(2) Correspondance militait* du maréchal de Moltke. n" LS8 M 1, j>. 2(<2 (Croquis de la main du lieutenant-colonel Veidx du Vernois représentant les positions du corpi français le 9 août au matin).

(3) Historique du grand htat-major prussien, IV, V01. — Les borps d'année disposaient déjà do Luit escadrons chacun.

cavalerie, de limiter leur horizon, de les réduire au rôle de cavalerie divisionnaire, d'arrêter aux échelons inférieurs du commandement les informations recueillies ou de les faire parvenir plus tard au quartier général de l'armée. Il eut fallu, au contraire, grouper ces divisions en une masse unique, organe de renseignement du général en chef, restant à sa disposition exclusive.

Suivant les instructions de Moltke, la V armée reste le 8 août sur la défensive : le VIT corps autour de Forbach, le VIII' sur les hauteurs de Spicheren, le Ier à Vôlklingen et Stiringj- Wendel (1). D'après Y Historique du grand Étafr major prussien, cette immobilité aurait été nécessaire parce que « le mouvement projeté des masses allemandes de la basse Sarre vers les environs de Metz devait se continuer sous la forme d'une conversion successive à droite, dans laquelle la 1" armée constituerait en quelque sorte le pivot (2) » . Il n'est question de rien de semblable dans les documents contemporains; la seule raison que donne .Moltke à Steinmetz, pour suspendre le 8 août le mouvement de la P* armée, est l'incertitude de l'évacuation par nos troupes (le Houlay et de Bouzonville (8). (le qui semble prédominer, au grand quartier général

Historique du grand Btat-mmjor »russi*n} IV, ïo'i /././., iv, MM omspondanot militaire du maréchal ds Moltke, n° LAS

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allemand, transféré enfin de Mayence à Hombourg, c'est la crainte dune offensive exécutée par les 3'' et 4'' corps français et la Garde, soutenus par le 2" corps reformé en seconde ligne et le 5P qu'on devait supposer ramené vers Puttelange ou Saint-Avold (1). On n'en est que plus surpris de voir Moltke détacher, le 7 au matin, vers Rohrbach, la Garde et le IV corps arrivés sur la Blies, seules unités en mesure de soutenir la Irc armée. Dans la journée du 8, ces deux corps continuent leurs mouvements divergents afin d'atteindre Mac-Mahon, que l'on croit en retraite par liitchc : lavant-garde du IVe corps, marchant vers Sarre-LHion. atteint Lorentzen : la Garde se rassemble à Gros-Uederching. Les autres corps de la 11' armée gagnent peu de terrain : le IIP dirige une division sur Forbach. le X' pousse une avant-garde sur Sarreguemines ; les IX1' et XII' corps serrent sur leurs têtes de colonnes à Bexbach et à Hombourg (2) .

La journée du lendemain est encore consacrée par le grand quartier général allemand à reprendre possession de lui-même et des troupes, après les événements du G. Apprenant 1 évacuation de Bouzonville et de Boulav, Steinmetz pro-

(1) « La mesura la plua à propoa pour lui (l'adversaire) serait peut-être une offensive générale contre la 11'' armée» (Correspondance militaire du maréchal </<• Moitié, n° 119).

(2) Hittorique du grand Etat-major prus$ùtm, IV, 400.

jette un mouvement en avant partiel, mais Moltke, encore insuffisamment renseigné, s' oppose, et la Iro armée reste immobile le 9 août (1 La 3e division de cavalerie, à laquelle Steinmetz demande des nouvelles sur la situation des Français, n'ose s'engager « dans la région montueuse et boisée située en avant du front... (2) » .

La IIe armée continue sa concentration sur la Sarre : le IVe corps et la Garde restent dans leurs positions excentriques à Lorentzen et à Gros-Rederching, bien que Frédéric-Charles sache maintenant que Mac-Mahon a'a pas effectué sa retraite sur Bitche (3) ; le Xe corps passe sur la rive gauche de la Sarre, aux environs de Sarreguemines; le IX' atteint Saint-Ingbert, le XIIe Habkirchen; le IF commence son débarquement à Neunkirchen ; le III*" corps, apprenant l'évacuation de Saint-Avold, dirige, de sa propre initiative, la 6* division sur cette localité (4).

L'emploi de la nombreuse cavalerie dont on dispose est si défectueux que l'on obtient relativement peu d'informations sur les mouvements et les emplacements de l'armée française (5).

(1) Historique du grand lùat-mnjor pruiêiiA, IV, VIO. (1) Ibid , IV, »,| I

('■)) Ibid., iv, Voo ; — Un autre inconvénient «l. <,s emplaoe* menti (i.nt de nacquer l'aile droite de le 111' innée,

(fi) Ibid . IV, . i..n ,m . ,'.

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