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LE PRINCE DE WURTEMBERG

instants plus tard, il prend une décision toute différente. Observant des mouvements de troupes françaises de Roncourt sur Saint-Privat, il est frappé en même temps du silence que garde l'artillerie opposée et en conclut que l'adversaire s'affaiblit sur sa position principale, soit qu'il veuille se soustraire à une défaite, soit qu'il se renforce vis-à-vis du IX* corps déjà très pressé. De plus, par une erreur d'interprétation d un message du prince de Saxe, le commandant de la Garde juge que le mouvement tournant fera sentir ses effets vers Roncourt dès 5 heures. Enfin, le prince de Wurtemberg est impatient d'agir. Tels sont les arguments qui ont été donnés officiellement pour expliquer son brusque changement d'attitude (1). Le commandant de la Garde ne fut-il pas également sensible à cette observation désobligeante de Frédéric-Charles : u Poussez le combat moins mollement ; ce n'est pas ainsi que l'on décide de l'issue des batailles (2) ? »

f l) Der 18. August 1870, 378-379. — Du point où se tient le prince de Wiirtemberg, au nord d'Habonville, on voit très mal le plateau qui s'étend entre Roncourt et Saint-Privat. On ne relève à ce moment, chez les Français, aucun mouvement de troupes de Roncourt sur Saint-Privat [Metz, III, 416).

(2) Kc5Z, loc. cit., 31. — Kunz ne se porte pas garant du fait, mais il le considère comme très vraisemblable. — Selon Busch, l'attaque prématurée de la Garde aurait eu une autre cause : • Si la Garde a chargé trop tôt, aurait dit Bismarck le 21 août, c'est uniquement par jalousie des Saxons qui arrivaient derrière » (Mémoires de Bismarck, I, 55). — Même opinion dans Kbudell, Bismarck et ta famille, 414, 415.

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