‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 12 sur 168 · RECUL DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

RECUL DES FRANÇAIS

toujours à la gauche des batteries, et obligent le 67' de ligne à rétrograder. Les masses françaises, complètement à découvert, sont criblées d'obus, de front par l'artillerie de la 5* division, d'écharpe par les nombreuses batteries installées sur les crêtes au sud de Vionville (1). Ces feux convergents ouvrent, dans les bataillons de la brigade Fauvart-Bastoul, de véritables brèches (2) et les forcent à reculer. Le mouvement s'exécute d'abord en bon ordre, bien que les généraux Bataille et Letellier-Valazé soient blessés. Mais le colonel Thibaudin, qui se multiplie, est atteint à son tour : dès lors, la retraite s'accélère pour se terminer à Rezonville seulement où se rallient les 66* et 67', ainsi qu'un bataillon du 32' et deux du 55*. Il ne reste plus aucune troupe d'infanterie française entre le bois de Vionville et le chemin de Ghambley (3) . Par sa gauche, la 5* division entre en liaison avec l'infanterie de la 6% qui exécute à ce moment une attaque énergique sur Yionville et Flavigny.

(1) Voir supra, p. 24 et infrà, p. 37.

(2) Pertes du 66* : 16 officiers, 575 hommes tués, blessés ou disparus. Pertes du 67* : 26 officiers, 776 hommes tués, blessés ou disparus [Metz., II, 209). Au 67*, sur 411 blessures d'origine connue, 315 proviennent de l'artillerie, 96 seulement du fusil. Le fait est caractéristique et anormal. Pour 26 régiments, en effet, sur un total de 1 129 blessures de nature connue, 938 proviennent du fusil, 191 de l'artillerie [Ibid.).

(3) Rapports du colonel Thibaudin, 19 août; du colonel Ameller, 18 août ; Journal de marcha de la division Vergé.

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Dans le bois de VionvîUe des fractions du 7()' et du 77' de ligne se voient contraintes de cédor peu à peu du terrain. Dans les bois de Saint- Arnould, situés entre les deux ravins de Gorze, un des bataillons prussiens, primitivement laissés à Gorze, s'est engagé, vers 9 h. 45, contre les tirailleurs du I" bataillon du 76*. Vers midi, la plus grande partie de la brigade Jolivet s'est retirée sur la croupe qui domine au nord la lisière du bois de VionvlUe; elle est prolongée sur sa gauche par le I" bataillon du 84% le HT du 5") enfin par le 111* du 84% qui, par une conversion à droite, vient de faire face au bois de Saint- Arnould, où la fusillade s'accentue. Les batteries de la division Vergé et celle de la brigade Lapasset, renforcées par deux batteries de la réserve, continuent à contre-battre l'artillerie de la 5" division, d'ailleurs sans aucun succès (1).

Malgré le décousu qui a présidé à son engagement, la 5' division a remporté un important succès en prenant pied définitivement sur la croupe 326. Mais, pour atteindre ce but, elle a dû se déployer tout entière; son chef, le général von Stiilpnagel, n'a pour toute réserve que les débris des deux bataillons qui ont été mis en déroute dans la matinée. Les avantages obtenus, elle les doit sans doute à l'esprit offensif et à la

{i)Metz, II, 216.

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