‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 11 sur 168 · CONTRE-ATTAQUE DU · texte numérisé non relu

CONTRE-ATTAQUE DU

vaillamment le pénible déploiement de l'infanterie de la 9" brigade.

Vers 10 h. 15, trois compagnies prussiennes s'avancent à la gauche des batteries et tentent un mouvement offensif. Le Iir bataillon du 66^ se jette sur elles à la baïonnette et les rejette, complètement en déroute, vers le bois de Gaumont, où elles disparaissent. Par contre, le HT bataillon du 76* échoue dans trois attaques successives vers la croupe 32G. Néanmoins, la situation des autres bataillons prussiens et des batteries est très critique *en face de nos forces très supérieures en nombre. Malheureusement, nous nous bornons à des offensives partielles (1).

Les premières fractions de la iO* brigade débouchent à leur tour sur le plateau. Afin de parer au plus vite au danger, le bataillon de tête dépose ses sacs et, sous une pluie de balles, prononce une attaque en passant à la gauche des batteries. Le feu des tirailleurs du 66* et du 67" l'arrête. A ce moment, le I" bataillon du 67% sous les ordres du commandant Lazarotti, et dirigé par le colonel Thibaudin en personne,

traverse la plaine sous un feu de mousqueterie et d'artillerie violent; formé en bataille et dans

(1) Historique manuscrit des 55", 66*, 76', 77* de ligne; Souvenirs inédits du général Detacrkix ; Historique du grand Étatmajor prussien, V, 530-532; K.vsz, Krieqsgeschichtliche Beispiele, VIII et IX, 35-46; Metz, II, 201.

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Tordre le plus parfait, il aborde, sans tirer un coup de fusil et la baïonnette au canon, les hauteurs derrière lesquelles s'abritait l'ennemi. Le silence et le calme qui régnaient pendant la marche étaient le présage du succès. Aucun tirailleur devant le bataillon; le colonel seul marchait en avant pour juger du moment opportun d'ouvrir le feu et de charger à la baïonnette... Arrivé sur la crête et à portée de pistolet de l'ennemi, il fit exécuter un feu de bataillon à son commandement; ce feu surprend l'ennemi, le met dans le plus grand désordre et l'oblige à se retirer avec peine... (1) » Le bataillon prussien, dont tous les officiers sont hors de combat, essaie de faire tète, puis, dans une course folle, gagne le bois de Gaumont. Deux compagnies du 67' l'y poursuivent; mais, arrêtées par des feux rapides de trois compagnies établies sur leur flanc gauche dans une clairière, elles reculent à leur tour vers le nord. 11 est 10 h. 45 environ (2).

Les quatre derniers bataillons de la iO' brigade ont, sur ces entrefaites, atteint le plateau. Sous la pression des circonstances, le général von Schwerin se hâte de jeter l'un d'eux dans le bois de Gaumont (3) ; deux autres se portent en avant,

(1) Rapport du colonel Tbibaudin, 19 août,

(2) KcRZ, loc. cit., 49-50; Historique manuscrit du 67' de ligne; Metz, II, 205.

(3) C'est celui qui a accueilli les deux compagnies du 67* par des feux rapides.

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