ASSAUT DE SAINT-PRIVAT
La situation est tendue à l'extrême. Aux derniers ravons du soleil couchant, d'un bout à l'autre des lignes allemandes, les tambours battent, les clairons sonnent, les drapeaux, dont quelquesuns ont changé de mains jusqu'à cinq fois, se déploient et, flottant au-dessus des lignes, en î^ymbolisent l'effort suprême. Prussiens et Saxons sêlancent à l'assaut sur les traces de leurs officiers et atteignent à peu près simultanément la lisière dont les défenseurs, criblés d'obus et de mitraille, ont du pour la plupart se replier à l'intérieur du village. L'irruption de 1 ennemi ne met nullement fin à la résistance : chaque maison exige un siège, chaque mur doit être enlevé d'assaut. L'église, les faces est et nord du village et enfin le cimetière sont le théâtre de combats isolés, livrés à coups de crosse et de baïonnette, luttes sanglantes et opiniâtres échappant à toute analyse et qui se prolongent jusqu'à la nuit close. A 8 heures du soir seulement, les Allemands sont enfin les maîtres de cet amas de ruines dont la conquête leur a coûté si cher (1).
(Ij Historique du grand État-major prussien, VI, 849-853 ; Metz, III. 526. — Les pertes totales de la Garde s'élèvent à prè* de 8 000 hommes (exactement 7 92-3) ; celle» des Saxons à 2113 homme» {Ibid., 190* et 198*).