II. 2S
passive. Il n'en serait pas moins inexactd'affirmer, avec l'État-major prussien, que, vers 5 heures, l'armée du général Steinmetz a « accompli sa tâche primitive d'attirer sur elle les forces de l'adversaire (l) ». Il est encore plus faux de déclarer que, pour briser les attaques des Allemands, « le défenseur avait sans doute mis en jeu et épuisé toutes ses forces (2) » .
Autour de Saint-Hubert et le loiifj de la lisière orientale des bois de la Mance, les unités d'infanterie allemande — bataillons et même compagnies — sont presque toutes enchevêtrées et dissociées par les péripéties du combat. Près de la ferme notamment, se trouvent pêle-mêle des fractions de six régiments d'infanterie et du bataillon de chasseurs du VIII" corps (3). En arrière, jusqu'aux taillis, il y a environ « deux bataillons et demi en colonne les uns derrière les autres, serrés et mélangés les uns aux autres, sans cohésion ni direction... Il ne vient à l'idée de personne de faire revenir en arrière ces masses qui forment un obstacle au déploiement et au mouvement des autres troupes » . Au sud de la grande route, le champ de bataille offre le spectacle de « monceaux de cadavre» d'hommes et de chevaux, de pièces abandon-
(1) Historique du. grand État-major prussien, VI, 798.
(2) Friu HoEMO, loc. cit , 238.
(3) Historique du grand État-major prussien, VI, 784.