MOUVEMENT DU II* CORPS
nées, d'avant-trains démolis et renversés (1) ".
Vers 5 heures, le roi et Moltke reçoivent, non loin de la Malmaison, du quartier-maitre général von Wartensleben, le rapport sur la situation de la V armée, et la demande faite, au nom de son g^énéral en chef, de Tinlervention du H' corps. Une demi-heure plus tard, l'ordre est envoyé au général von Fransecky de se mettre à la disposition de Steinmetz (2), ce qui permet de penser que Moltke songe à ce moment à obtenir avec sa droite un résultat qui se dessine trop lentement à son gré à l'autre aile (3) .
A 5 h. 45, la 3' division et l'artillerie de corps se mettent en marche de Rezonville sur Gravelotte; la 4' division, qui n'est pas encore rassemblée tout entière, suit trois quarts d'heure plus tard. Les têtes de colonnes sont encore à plus de deux kilomètres de Gravelotte, quand, vers 6 heures, Steinmetz prescrit aux quatre bataillons restants de la 32* brigade de se porter
(1) Fritz HcE.MC, loc. cit., 236.
(2) Historique du grand Etat-major prussien, VI, 798. — Cet ouvrage dit plus loi a (p. 800) que le roi avait reçu également, un peu après 5 heures, un message du lieutenant-colonel von Brandenstein exposant que « tout marchait bien ■> à la II' armée. Mais, d'après l'ouvrage postérieur, Der 18. August 1870 (p. 303), cette dépèche serait parvenue au roi à 6 h. 45 seulement.
(3) C'est aussi l'opinion de l'Etat-major prussien (Kriegsgeschichtliche Einzelschriften herausgegeben vom grossen Generalstabe, Konig Wilhelm auf seinent Kriegszuge in Frankreich 1870, p. 42).
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ù l'attaque du Poiiit-dii-Jour. Déjà Gœben u pris rinitiutivc de cette nouvelle entreprise (1) ; mais une reconnaissance personnelle à Saint-Hubert lui offre « le spectacle peu réjouissant » d'une multitude d'isolés groupés pêle-mêle aux abords de la grande route ou blottis dans le fond du ravin de la Mance (2). Dans ces conditions, Gœben s'abstient de tenter au milieu d'une pareille cohue une attaque au reste peu opportune. Les quatre bataillons demeurent sur la chaussée auprès de leurs faisceaux.
Au 2" corps, quelques modifications fâcheuses se produisent sur la ligne de combat. Suivant les errements de l'époque, le général Vergé fait prévenir vers 6 heures le colonel de Waldner, du 55% de se préparer à se retirer du feu, « attendu qu'il est engagé depuis le matin sans interruption (3) « . Le colonel déclare qu'il a perdu « très peu de monde » ; il juge sa position excellente et se fait fort « de la tenir au moins jusqu'à 10 heures du soir » . Il ajoute qu'en traversant à découvert, avec le régiment rallié, le terrain battu par l'artillerie prussienne, il subirait plus de pertes qu'il n'en a éprouvées jusqu'alors (4).
(1) VoK ScHELL, les Opérations de la /" armée, 195.
(2) Fritz HoENio, loc. cit., 254.
(3) Général de Waldseb-Freundstkîs, loc. cit. (Spectateur militaire, 1" juillet 1886).
(4) Jbid.
LE 8 DE LIGJNE 341
Grâce à cette attitude énergique, le projet du général Ver^jé n'est pas suivi d'exécution.
Il n'en est pas de même d'un ordre analogue du général Fauvart-Bastoul, enjoignant au 8' de ligne de relever le 23*. Vers 6 heures, le 8% formé en colonne par pelotons, longe par le nord la voie romaine. En débouchant sur la crête, cette masse attire immédiatement le feu de l'ennemi. Le colonel tombe l'un des premiers, et tous les ofBciers supérieurs ayant été mis hors de combat lavant-veille, un capitaine prend le commandement et déploie le régiment de part et d'autre de la voie romaine, un peu à 1 est du coude de la grande route. Le 8* vient s'entasser dans des tranchées et fossés déjà occupés par d'autres troupes, et c est au prix de grandes difficultés que s'exécute la retraite des hommes du 23' manquant de cartouches et appréhendant de traverser le terrain en arrière sillonné de projectiles (I). A 6 heures et demie, le 66" de ligne est chargé de renforcer le 8^ Le colonel Ameller dirige son 1 ' bataillon, puis le 11% sur le Point-du-Jour. Mais, dès l'arrivée des premières fractions, le général Sanglé-Ferriére invite le colonel Ameller à les retirer et à cesser l'envoi des suivantes : « loin d'avoir besoin de renforts » , il se plaint au contraire d'être gêné par « l'encombrement» .
li) Rapport du général Mangin. 18 août: Met-.. Ilf. filti.
Ui SAINT-PRIVAT
Le 66* reste en conséquence derrière le talus de la route (1) .
Vers 6 heures et demie, la 3* division prussienne, suivie de l'artillerie de corps, a atteint Gravelotte. L'artillerie française s'est tue, la fusillade a cessé presque partout. De son poste d'observation, à l'ouest de la ferme Mogador, le roi Guillaume croit voir dans cette accalmie les indices «. d'une profonde lassitude « et de notre " découragement (2) » . Le jour commence à baisser; on entend un redoublement de feux dans la direction du nord, et » le moment semble opportun pour prononcer aussi un effort plus puissant contre la gauche française » . Ordre est donné à Steinmetz de « lancer contre les hauteurs du Point-du-Jour toutes les forces disponibles (3) » .
Cette nouvelle attaque est aussi peu préparée, aussi intempestive que la précédente. Blessé des reproches qui lui ont été faits par le roi (4) , Steinmetz « se contente d'exécuter uniquement
(1) Rapport du colonel AmcUcr (sans date); général Deval- HEix (alors lieutenant au 66"), Souvenirs et observations sur la campagne de 1870, 220; Metz, III, 617.
(2) Historique du grand État-major prussien, VI, 800.
(3) Ibid.
(4) Voir suprà, p. 874.