L'ARMÉE FRANÇAISE A 9 HEURES
le général Bataille n'ajoute que peu de foi à ce rapport et accuse même le lieutenant « d'être de ceux qui voient des Prussiens partout (l) " . D'autres informations font présager également la proximité de l'ennemi (2) ; o chacun sent l'heure approcher» ; néanmoins, admettant sans vérification que les groupes signalés appartiennent au 4'" corps de l'armée du Rhin, le général de Forton donne « l'ordre de desseller et de faire boire les chevaux (3) » . De même, au 2* corps, les troupes reprennent leurs bivouacs, et les distributions de vivres commencent (4) .
Il est 9 h. 15 quand les premiers obus prussiens tombent, à l'ouest de Vionville, dans les camps de la division Forton. Au moment où débute ainsi la bataille de Rezonville, la situation de l'armée française est la suivante :
Les divisions de cavalerie Forton et Valabrègue -ont groupées autour de Vionville, avec des avantpostejb à quelques centaines de mètres seulement les bivouacs. Derrière elles, entre Saint-Marcel i t Flavigny, sur un front d'environ quatre kiloiiiètres, trois divisions d'infanterie sont déployées face à l'ouest : l" et 3^ du 6* corps, 2' du 2* corps. Plus en arrière, sur une profondeur de cinq
(1) Général Devaubeix, loc. cit., 158.
(2) Rapport du général de Forton, 9 septembre.
(3) Historique manuscrit du 1*'' dragons. — Cf. Historique manuscrit du 9* dragons; Metz, II, 162.
(4j Rapport du général Frossard, Ban Saint-Martin, 20 août.
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kilométrées, jusqu'à Gravelotte, sont échelonnées cinq divisions d'infanterie (1), les réserves d'artillerie de trois corps d'armée, la réserve générale d'artillerie de l'armée et une division de cavalerie. Ces masses ne sont couvertes vers le sud que par quelques postes observant la lisière des bois des Ofjnonsetde Saint-Arnould. Partout lescamps s'étalent aux vues des patrouilles allemandes. La ligne des crêtes, qui s'étend de Vionville jusqu'au bois du même nom, est inoccupée, bien qu'elh domine les bivouacs à bonne portée de canon.
Quatre divisions d'infanterie et une division de cavalerie (i) sont échelonnées plus au nord, sur une profondeur d'environ sept kilomètres, entr( Saint- Marcel et Amanvillers. La division de cavalerie du V corps a dépassé Saint-Privat; la réserve d'artillerie et, derrière elle, la T' division d'infanterie du -4* corps, suivant la route de Briey, débouchent des bois au nord-est d'Amanvillers. Enfin, la W division de V corps et la 3' du 3" corps stationnent encore respectivement à Lessy et Devant-les-Ponts.
Aucune vue d'ensemble n'a présidé à la désignation des emplacements généraux des corps d'armée. Autour de Kezonville, l'accumulation
(1) 1" du 2* corps, 2" et 4* du 6% deux de la Garde, brigade Lapassel. On a compté pour la valeur d'une division la brigade mixte Lapasset et la 2" division du G' corps.
(2) i"", 2*, V du 3' corps, S" du 4" corps, division de cavalerie du ii'.
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des troupes va jusqu'à l'entassement. Mais il faut reconnaitre que le hasard a bien servi le général en chef, en échelonnant au début de l'action ses forces en profondeur et en les disposant rationnellement en largeur, ce qui lui eût permis, s'il avait eu quelque notion tactique, de combiner une manœuvre sur le champ de batiîille qui allait lui être imposé (1).
(1) ^fetz, II, 153-157.