LE X« CORPS
Par suite de lenteurs dans la transmission des ordres, Schwartzkoppen n'est parti de Thiaucourt qu'à 6 heures un quart avec la 38' brigade. Voigts-Rhetz raccompagne d'abord, puis quitte la route à Woël et gagne Jonville afin de se rapprocher de son chef d'état-major et d'examiner la route de Verdun. A Jonville, vers 10 heures, il entend le canon, mais supposant qu il s'agit d'un combat d'arrière-garde, il laisse la colonne continuer sa marche. Vers 11 heures et demie, la canonnade devient plus intense ; en même temps parvient un compte-rendu de Lehmann, annonçant qu'il se porte au secours du IIP corps engagé au nord-est de Chambley. Voigts-Rhetz envoie aussitôt à Schwartzkoppen l'ordre de se diriger sur le champ de bataille. Puis il se rend à Tronville où il rencontre Alvensleben et Gaprivi; ce dernier lui apprend que, dès le début de la bataille, il a prescrit en son nom au général von Kraatz, commandant la 20* division, de venir au secours du IIP corps (2). Kraatz est arrivé à Thiaucourt à 1 1 heures et demie avec sa division et quatre batteries de l'artillerie de corps. Bien que le canon se fasse entendre sans interruption, il installe ses troupes au bivouac et ne se décide à marcher qu'à la réception d'un message de Voigts-Rhetz. Précédées du 16* dragons, deux
(i) KrieCfSgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 14.
9* HKZON VILLE
batteries légères prennent les devants à partir de Saint-Jiilion et s'établissent à l'ouest de Tronville où elles sont renforcées un peu plus lard par deux autres. Cette artillerie fait alors un bond en avant jusqu'à la grande route et tire sur les batteries du 4'' corps en position au sud de Bru ville. Vers 2 heures et demie, la tête de colonne de la 39' brigade atteint Ghambley : deux bataillons se portent sur Tronville, les trois suivants s'engagent à la gauche de la 5* division d'infanterie. De la ferme du Saulcy, Kraatz envoie encore six batteries vers la partie orientale du champ de bataille (I).
Tout d'abord, l'intention de Voigts-Rhetz est de défendre la position de Tronville, mais la retraite de la brigade Bellecourt le décide à assurer la protection du flanc gauche du HT corps par l'occupation du bois de Tronville. Schwartzkoppen reçoit l'ordre d'attaquer avec la 38' brigade l'aile droite française que la 5" division de cavalerie, passant par Mars-la-Tour et Jarny, cherchera à envelopper (2). L'idée directrice de Voigts-Rhetz pour la journée est «de fixer le plus de forces françaises possible et de les attaquer le lendemain avec succès, au moyen des renforts attendus (3) « . Mais l'exécution ne répond pas à
(1) Historiijue du qrand Ktat-major pitissifii, V, ."i72.
(2) Kricgiqcscliirhllifhe Einzelsc/iiiflcii, Htft 25, l().
(3) Ihùl.