‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 32 sur 168 · ARRIVEE DE LA DIVISIO?* DE CISSEY · texte numérisé non relu

ARRIVEE DE LA DIVISIO?* DE CISSEY

cette pensée stratégique absolument juste. Bien que Voigts-Rhetz connaisse la très grande supériorité numérique de l'adversaire (Ij, il lance la '20^ division à l'attaque dès son arrivée, au moment où la 38* brigade atteint à peine les environs de Suzemont. Les troupes du X* corps paieront fort cher cette faute, moins grave malgré tout que celle des chefs des S*" et A" corps français, qui, disposant de trois divisions massées au sud de Bruville et de Saint-Marcel, les maintiennent passives sur leurs positions (2 .

Vers 3 heures et demie, les deux bataillons de la 39" brigade rassemblés près de Tronville se portent dans les bois au nord et s'engagent contre quelques fractions de la brigade Bellecourt Un régiment entier de la 40" brigade les renforce vers 4 heures un quart. Les quatre batteries établies à l'ouest du bois ont suivi le mouvement de l'infanterie ; elles sont à 600 pas au nord de la grande roule. Néanmoins, deux compagnies du 12" de ligne et quelques fractions des 4'" et iB*" se maintiennent énergiquement dans la partie nordest du bois (3).

Sur ces entrefaites, la division de Cissev, du 4'" corps, apparaît enfin. Retardée par le parc

(1) Par les renseignements de Caprivi et un rapport du capitaine de cavalerie von Heister.

(2) Metz, II, 434.

(3) Kriegsgeichichtliche Einzelichriften, Heft, 25, 18; Historique du grand Etat-major prussien, V, 576.

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d'nrtillerle du corps d'armée, par l'ambulance, 1convoi et les bafjafjcs de la division Grenier, elle n'a pu atteindre Saint-Privat qu'à 1 1 heures. Klle y fait le café quand, une demi-heure plus tard, une violente canonnade se fait entendre vers !<• sud-ouest (1). La division, passant à traver champs, entre Habonville et Saint-Ail, est rejointe, vers 2 h, 15, à Jouaville, par le commandant Pesme envoyé par Ladmirault : Gissey est mis au courant des événements. Vers 4- heures, la colonne s'arrête à hauteur dX'rcourt : au cours de cette halte survient le lieutenant-colonel Sagel , sous-chef d'état-major du 4'' corps. Il fait connaître que la division Grenier a commencé un mouvement enveloppant sur la gauche de l'ennemi, et que l'on attend avec impatience la division de Gissey. Les batteries prennent aussitôt les devants et se dirigent vers la crête 277 déjà occupée par la réserve d'artillerie du 4" corps. A peine ont-elles ouvert le feu que Gissey les réclame pour agir au sud-est de la ferme Gréyère de concert avec l'infanterie de la division, qui reçoit l'ordre de se former sur deux lignes par brigades accolées, à la gauche des batteries (2). Avant l'exécution de ce mouvement, de graves

(1) L'artillerie allemande venait d'être renforcée par sept nouvelles batteries.

(2) Journal de marche de la division de Gissey; général dk Gissey, Souvenirs inédits; Souvenirs du général Saoet; Metz, 11,444.

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événements vont se dérouler au nord de Mars-la- Tour.

Vers 10 heures du matin, après une halte près de Woël, la colonne Schwartzkoppen se remet en marche sur Saint-Hilaire ; à ce moment le canon commence à retentir par intermittences dans la direction de Test. Bientôt parvient l'avis du départ de Voigts-Rhetz vers Jonville et de la marche de Brandenburg sur Mars-la-Tour. Bien que la canonnade soit devenue violente et continue, Schwartzkoppen poursuit vers le nordouest. Il croit qu'il ne s'agit que d'un combat [ entre le IIP corps et une arrière-garde française. A 11 heures et demie, il établit ses troupes au bivouac aux abords de Saint-Hilaire où il cantonne avec son état-major (1). Vers midi, survient l'ordre de Voigts-Rhetz de secourir le IIP corps engagé au nord-est de Ghamblev. Schwartzkoppen cherche aussitôt à entrer en

(1) Historique du grand État-major prussien, V, 577; Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 20-22 ; Cardinal vos WiDDEBS, Crise de Vionville, 73-74' et 121-122. — D'après \' Historique du grand Etat-major prussien, Sch^va^tzkoppen se serait borné à rassembler « provisoirement ■ ses troupes et à prescrire de faire la soupe aussi vite que possible pour rompre aussitôt après. Cette version est inexacte, ainsi que l'ont démontré Widdem et Hœnig : il s'agit bien d'une installation définitive.

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liaison avec Brandenburg au moyen d'un escadron des dragons de la Garde et, à midi et demi, se dirige vers l'est par la route de Mars-la- Tour (1). L'état-major de la division, qui marche en tête, arrivé à mi-chemin de Labeuville à Suzemont, aperçoit nettement les batteries françaises au nord-est de Mars-la-Tour, non loin du saillant d'un bois, et l'artillerie allemande au nord de la route de Vionville. Il lui semble que l'aile gauche prussienne s'avance, victorieuse, vers le nord. Schwartzkoppen prend en conséquence le parti d'obliquer à partir de Hannonville-au-Passage vers Ville-sur-Yron, afin de se relier dans la direction de Bruville aux troupes de cette aile. Il en rend compte, vers 2 heures et demie, à Voigts-Rhetz. Mais, peu après, un officier venant de l'état-major du X* corps expose la situation critique de la gauche d'Alvensleben. D'autres renseignements font comprendre ;\ Schwartzkoppen que son intervention est extrêmement urgente. Voigts-Rhetz lui prescrit d'ailleurs, un peu avant 3 heures, de se diriger par Pu.vleux sur Tronville afin de se relier à la gauche allemande. Mais, au lieu de poursuivre sa marche, Schwartzkoppen perd une heure environ à ras-

(1) Kriegsgeschichlliche Ein::.eUchrifteny Hcft 25, 22. — La colonne comprend cinq bataillons de la 38* brigade, deux compagnies de pionniers, un escadron trois quarts et trois batteries. Un bataillon et un peloton et demi restent à Saint-Hilaire à la garde des bagages.

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sembler sa colonne dans un vallon situé à 1 500 mètres environ à l'est de Suzemont (I).

Vers 4 heures, au moment de donner le signal du départ, Schwartzkoppen reçoit un nouvel ordre de Voigts-Rhetz : au lieu de se diriger sur Tronville pour y constituer la réserve, il devra, « afin de dégager les nôtres " , conduire son attaque a sur l'aile droite ennemie qui presse fortement (2) n . Cette mission, si vaguement définie, n'assure nullement la coopération de ses efforts avec ceux de la 20* division. Sans procéder à une reconnaissance personnelle, sans s'entourer de renseignements plus complets, manquant d'ailleurs de carte détaillée, Schwartzkoppen met la brigade Wedell en marche vers l'est à travers champs et, à 4 heures et demie, le i6* régiment occupe Mars-la-Tour sans coup férir. N'apercevant ni la brigade Pradier, ni même la brigade Bellecourt masquées par la crête, Schwartzkoppen admet que l'aile droite du 4" corps est constituée par l'artillerie qui est en action sur les hauteurs au nord-est de Mars-la-Tour, idée erronée puisqu'en réalité une brigade d'infanterie entière s'étend jusqu'à la ferme Gréyère (3) . Il

(1) Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 24-26. — Un bataillon est dirigé sur Mariaville pour la liaison avec Tronville; il sera rappelé un peu plus tard.

(2) Ibid., 27.

(3) De Mars-Ia-Tour, le terrain paraît monter en pente douce vers le nord-est. Même par un temps clair, il est très difficile de

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croit à une manœuvre enveloppante de la part de cette aile droite française ; il se propose de riposter par une attaque décisive sur le flanc droit des forces chargées d'exécuter cette manœuvre; il espère décider ainsi du sort de la journée (1).

Les deux batteries de la 19* division, établies immédiatement au nord-est de Mars-Ia-Tour, ouvrent le feu sur l'artillerie française qui, très supérieure en nombre, rend bientôt leur situation assez pénible. De son côté, la batterie à cheval de Brandenburg, en position au nord-est de Mars-la- Tour, sous la protection d'un escadron du 2' dragons de la Garde, contrebat les deux batteries de la division du Barail établies à la cote 239 (2).

A 4 h. 45, Schwartzkoppen prescrit à la 38" brigade « de déployer ses cinq bataillons sur une ligne, l'aile gauche en avant, et d'attaquer les batteries à la gauche du saillant des bois de Tronville » . Le 16" se déploie, face au nord-est, non sans quelque désordre, dans les prairies au nord

distinguer les deux crèle» cotées 274 cl 257 qui se développent au nord et au sud du ravin qui aboutit dans le Fond-de-Ia-Cuve au sud-ouest de la cote 239 {Metz, III, 472).

Les circonstances qui ont accompagné l'engagement de la 38' brigade ont donné lieu en Allemagne à de nombreuses polémiques, l^a lumière est loin d'être complète sur certaines péripéties de ce combat.

(1) Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 37-38, d'après le témoignage de von Scherff, alors ofHeier d'état-major de la i9' division.

{%)Ibid., 38.

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