CIRCONSPECTION DE LADMIRAULT
Ions intacts, mais il déclarera plus tard que, pour poursuivre son mouvement offensif, il lui eût été nécessaire d'avoir sous la main la division Lorencez (1). En réalité, comme à Borny, le fait d'avoir repoussé une attaque avec succès est considéré comme le summum de l'effort que l'on doive réaliser. Alors qu'il ne s'agit plus que de donner le coup de grâce à un ennemi battu déjà, Ladmirault cède à la crainte de se compromettre et rappelle au nord du ravin ses troupes pleines d'ardeur (2). u Tous, dit un témoin, jusqu'au dernier sous-lieutenant, jusqu'aux soldats, tous avaient éprouvé un sentiment de tristesse profonde quand, tenant la victoire dans les mains, ils avaient vu qu'on leur donnait l'ordre de battre en retraite, alors que, sur les petites cartes, chacun voyait Frédéric-Charles avec la Moselle à dos, la place de Metz sur son flanc droit et nous sur ses derrières... Ici, il suffisait d'avoir un peu plus confiance dans le soldat, qui aurait gagné tout seul la bataille si on l'avait laissé faire (3) ! »
(1) Instruction relative au procès Bazaiae, Interrogatoire du général de Ladmirault; général DE Cisset, Souvenirs inédits.
(2) Metz, II, 547.
(3) Colonel de Cocbson de la Villeseuve, loc. cit., 84.