CHARGE DES DRAGONS PRUSSIENS
blessé, le chef d'escadrons et les deux capitaines commandants sont atteints. Les dragons cherchent à faire demi-tour, tombent sous le feu de fractions du 57' et du II' bataillon du 13% et s'enfuient vers Mars-la-Tour. Le dernier escadron aborde le 1" de ligne. Pris d'abord pour un escadron français, il arrive jusqu'à 50 mètres et, la méprise cessant, il est presque entièrement anéanti. Seize officiers et 1 22 hommes restent sur le terrain. Deux escadrons du 4' cuirassiers, soutien des batteries placées au nord de la route, ont voulu suivre l'exemple des dragons. Le IP bataillon du 13' les accueille par un feu si violent qu'ils font presque aussitôt demi-tour (1).
Ces sacrifices n'ont pas été inutiles : la cavalerie a attiré sur elle le feu de l'ennemi et l'a ainsi détourné des débris de la brigade Wedell; elle a permis à une batterie compromise de se retirer; le résultat moral enfin est plus important encore, car il est apparu aux Français a qu'ils ne sont pas encore maîtres du champ de bataille (2) « . Pourtant il ne dépend guère que d'eux-mêmes de l'être définitivement. La démoralisation de la brigade Wedell gagne en effet le commandement du X' corps. Schwartzkoppen s'écrie : « Retraite sur Thiaucourt ! » Scherff déclare au colonel von
{{.) Kriegsgeichichtliche Einzelschriften, Heft 25, 58, 59; Rapport du général de Cissey, 23 septembre; Metz, II, 513-515. (2) Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 59.
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Alvensleben que « tout est perdu » ; Caprivi fait détruire les papiers de l'état-major pour ne pas les laisser tomber aux mains des Français ; Voig^ts- Rhetz déchire lui-même l'ordre de la H' armée pour le 16 août (1).
Encore un effort, et les Français atteignent la chaussée de Verdun, enlèvent Tronville et conquièrent la victoire. Malheureusement le général de Ladmirault la laisse échapper une fois encore. Préoccupé de son flanc droit qu'il juge très menacé par la cavalerie ennemie, il s'est maintenu pendant toute cette phase de la bataille près de la ferme Gréyère. Après avoir assisté à la mêlée de Ville-sur-Yron, il revient vers le centre de ses positions, » rayonnant de satisfaction » à la nouvelle du succès de la division de Gissey (2) . Sur tout son parcours, il est salué par les acclamations des troupes. A ce moment les batteries du 4' corps sont rentrées en ligne et tirent sur l'artillerie allemande rejetée au sud de la grande route. Ladmirault dispose encore de sept batail-
(1) HoEstc, toc. cit., 113-114, 1J5, 135; Cardinal von Wid- DERN, Crise de Vionville, 88-90. — Seul, peut-être, Alvensleben garde tout 8on «ang-froid. Au général von Kraatz, qui fait allusion aux conséquences de la retraite du X' corps, Alvensleben aurait répondu : i Depuis 10 heures du matin, nous nous maintenons ici et nous ne nous en irons pas ! » (Cardinal von Widder:«, toc. cit., 86, note 1, d'après une communication du major von Kretschman.)
(2) Souvenirs inédits du capitaine de La Tour-du-Pin (Licute-' tenant-colonel RorssKT, toc. cit., 165, note 1).