‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 5 sur 168 · CANONNADE PRUSSIENNE · texte numérisé non relu

CANONNADE PRUSSIENNE

s'y décide que tardivement, à la nouvelle de l'approche des colonnes du III* corps (1). La brigade Redern, rassemblée depuis 6 heures du matin à l'ouest de Puxieux, ne se met en marche sur Vion"\-ille qu'à 8 heures et demie. En même temps, la brigade Bredow, partant de Suzemont, se dirige vers Mars-la-Tour, et la brigade Barby, venant de Xonville, forme réserve derrière la brigade Redern. La batterie d'avant-garde, avec trois escadrons de hussards, gagne, sans être vue, la crête 286 à l'est de Tronville et, à 9 h. 15, elle ouvre le feu sur la brigade Murât, qui tient la gauche des bivouacs de la division Forton. Quelques minutes plus tard, les trois autres batteries la rejoignent ; les trois régiments de la brigade Redern encadrent l'artillerie (2) .

Dans les camps français, chacun court immédiatement aux armes et aux chevaux ; les escadrons et les régiments se forment, mais la canonnade n'en produit pas moins tout d'abord " un véritable désordre » qui prend même, à certains égards, « le caractère d'une panique (3) » . La grande route et ses abords « sont envahis par une multitude de fuyards qui grossit sans

(1) Cardinal vos Widders, la Crise de Vionville (Traduction Richert), 96; Fritz Hœsig, Dokumentarisch-Kritische Darstellung der Stratégie fur die Schlacht von Vionville-Mars-la- Tour, 77; Metz, II, 161.

(2) Historique du grand Etat-major prussien, \, 5^-523.

(3) Général Jàhris, loc. cit., 105.

I« REZONVII.I.i:

cesse (I) " . Des cavaliers terrifiés passent « de tonte In rapidité de leurs chevaux (2) », et jettent le trouble dans le convoi de la division Forton, qui arrive à ce moment à l'entrée est de Vionville. Au convoi du 2' corps, la confusion est extrême : « La plupart des charretiers fuyaient avec leurs chevaux, d'autres se jetaient plus ou moins volontairement, avec leurs attelages, dans les fossés bordant la route; les bestiaux se dispersèrent, affolés de terreur. . . (3) . »

Cependant, grâce à l'inaction de la cavalerie prussienne, la voix des chefs parvient à se faire entendre, et l'on peut prendre les premières dispositions pour résister à l'attaque. Quelques pièces des batteries à cheval de la division Forton, établies en hâte sur le mamelon à l'ouest de Vionville, ripostent à l'artillerie prussienne jusqu'à ce que leur position devienne intenable {A). La brigade de dragons Murât se rallie sur le plateau compris entre la grande route et la voie romaine, derrière la première ligne de la division La Font de Villiers. La brigade de cuirassiers Gramont, que la surprise a peu troublée, la rejoint bientôt. Plus tard, sur l'ordre de Bazaine, la division Forton se porte en arrière, dans le

(1) Historique manuscrit du 5* régiment d'artillerie.

(2) Général Jarras, loc. cit., 105. — Cf. Rapport du général de Forton, 9 septembre.

(3) Journal de l'adjoint à l'intcudanoe Boutciller.

(4) Historique des 7' et 8' batteries du 20«

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