DEUXIEME ALERTE
vallon entre Rezonville et le bois Pierrot (1). L La division de cavalerie Valabrèg^ue, du 2' corps, s'est formée dans le plus grand calme; elle se dirigée d'abord au nord de la grande route, derrière la division La Font de Villiers, puis au nord de Rezonville, derrière les escadrons du général de Forton. La batterie à cheval qui lui est affectée se replie lentement en faisant un feu en retraite à la prolonge (2). Les abords de Vionville étant évacués par les troupes françaises, trois des batteries à cheval allemandes se portent sur la hauteur 297 à l'ouest du village (3) .
Une autre alerte, moins vive, il est vrai, s'est produite sur ces entrefaites au débouché sur le plateau de la route conduisant de Gorze à Flavigny. La 6' division de cavalerie, venant de Goinsur-Seille, a franchi la Moselle à Gorny et, à 7 heures, s'est dirigée sur Gorze où elle se fractionne. La brigade Rauch marche sur Flavigny, mais le feu de nos grand'gardes l'oblige à rétrograder en désordre sur Gorze. La brigade Griiter se porte vers la crête couronnée par une statue de la Vierge et d'où une batterie tire à 9 h. 15 sur les bivouacs du 2* corps, jusqu'à ce que la
(1) Rapports du général de Forton; Conseil d'enquête sur les capitulations, Déposition du général de Forton.
(2) Rapport du général de Valabrègue, Ban Saint-Martin, 20 août ; Rapport du général Gagneur, commandant l'artillerie du 2« corps; JUefs, II, 162-167.
(3) Historique du grand ÉtaUmajor prussien, V, 523.
Irt REZONVILLE
fusillade de nos avant-postes Toblige à se replier (1).
La canonnade des batteries prussiennes, par sa fortuite simultanéité, impressionne vivement certaines de nos troupes et leur donne Tillusion d'un front très étendu : « Les Prussiens avaient su dissimuler leurs mouvements... Leur ligne de bataille décrivait autour de nous, un immense arc de cercle, dont les extrémités et le centre étaient protégés par de puissantes batteries de position reliées entre elles par des batteries mobiles... Ils se montrent... partout à la fois en dehors du bois, couronnant les crêtes, nous entourant d'un cercle de feu (2). » Il en résultera, du côté français, des mouvements divergents qui, joints à l'entassement des troupes autour de Rezonville, constitueront une cause sérieuse d'infériorité.
Tandis que l'infanterie de la division Bataille prend les armes pour se porter sur le front Vionville-Flavigny, son artillerie et celle de la division La t'ont de Villiers entrent rapidement en action, de part et d'autre de la grande route, à un kilomètre environ à l'ouest de Rezonville. Les batte-
(1) Historique du grand État-major prussien, V, 525-526. (S) Rapport du général Gagneur.