MECONTENTEMENT DE STEINMETZ
Steinmetz se montrera très affecté de cet empiétement sur son autorité (l) . A son mécontentement se mêlent des inquiétudes : la situation du VII* corps, le seul dont il dispose encore, lui semble dangereuse, en raison de léloignement du VHP maintenu à Gorze et séparé d'Ars par une large zone forestière presque infranchissable. Au surplus, des observations qu'il a faites lui-même dans l'après-midi, Steinmetz conclut que l'armée française n'est nullement en retraite, comme on le pense au grand quartier général, mais qu'elle est sur les plateaux à 1 ouest de Metz, prête à livrer bataille (2).
Le rapport qu'il adresse à ce sujet ne parvient à Pont-à-Mousson que fort tard dans la nuit. Moltke ne répond qu à son lever, le lendemain 18, à 4 heures du matin : • ... Le VIP corps devra d'abord garder une attitude défensive. La liaison avec le VHP ne peut être cherchée que vers l'avant... La P* armée sera, en cas de besoin, directement soutenue par le deuxième échelon de la IP armée (3) . » C'est donc une fin de nonrecevoir catégorique. Steinmetz ne s'en montra que plus irrité et, ne se possédant plus, prit le 18 une série de dispositions défectueuses (4) .
(i) Friu Hoe:«ig, loc. cit., 72.
(2) Vos ScHEU., loc. cit., 172.
(3) Correspoiiflance militaire du maréchal de Moltke, a* 176. <4) « Cela fit prendre encore plus à Steinmetz le rôle d'un
18Î REZONVILLE
Vers la fin de In journée du 17, les corps de la ir armée sont venus successivement former leurs bivouacs : le IX' sur le plateau à l'ouest du bois de Vionville; le 111% avec la 6' division de cavalerie, à Flavifjny et Vionville (1); le X*, avec la />*■ division de cavalerie, à Tronville; leXII'au sud de Mars-la-Tour et à Puxieux; la Garde au sud de Hannonville-au-Passagfe. Le IT corps, arrivé à Pont-à-Mousson, doit se porter le 18 sur Buxières par Arnaville et Onville (2) .
En tenant compte des unités de la I" armée, les Allemands ont donc rassemblé dans la soirée du 17 sept corps d'armée et trois divisions de cavalerie sur un front de dix kilomètres environ, d'Ars à Ilannonville. Celte concentration, succédant à la dispersion des jours précédents, est très remarquable : elle témoigne hautement de l'esprit de résolution, d'initiative et de solidarité des g^énéraux allemands. La bataille décisive, que Moltke a cherché à livrer sur la Sarre, puis sur la Nied, est proche. Mais, d'après le plan initial, on devait accabler les Français avec toutes les forces allemandes mobilisées, tandis que le 18, on va combattre avec la moitié à peine de l'effec-
peraonnage entraîné malgré lui; il se sentait emmenë par quelqu'un de plu» fort que lui, et sa colère s'en accrut davantage » (Fritz HoEMC, loc. cit., 76).
(1) Sauf la 5* division d'infanterie stationnée à Buxières et Chambley.
(2) Von dki» Goltz, loc. cit., 119.