LA CAVALERIE INACTIVE
s'étendent du Point-du-Jour à Saint-Privat et Roncourt. On compte, il est vrai, sur la division de cavalerie saxonne pour élucider la question, mais elle a plus de trente kilomètres à faire avant d'atteindre la route d'Étain. Les informations très intéressantes qu'elle recueillera parviendront trop tard au prince Frédéric-Charles (1).
Les 5' et 6' divisions de cavalerie, sans compter les escadrons divisionnaires, qui sont à proximité de Flavigny, restent toujours inutilisées.
Le roi Guillaume parcourt les bivouacs des régiments qui ont combattu la veille et leur exprime sa satisfaction pour leur valeureuse conduite. Les unités tactiques des IIP et X* corps ont été reconstituées; celles dont les pertes sont trop grandes ont été fondues avec d'autres. Les colonnes de munitions, dégarnies pour compléter l'approvisionnement des troupes, se dirigent sur Herny pour s'y ravitailler au parc de réserve de la 11" armée. Les vivres sont assurés ; mais, en raison du manque d'eau, la 5* division d'infanterie et la 6" division de cavalerie transfèrent vers midi leurs bivouacs aux environs de Chambley et de Buxières (2) .
A ce moment, on apprend la prochaine arrivée du Xir corps et de la Garde. A 9 h. 30, la tête de colonne du premier est à Xonville ; après une
(1) Vos DER GOLTZ, loc. cit , 115, notc 2.
(2) Historique du grand Etat-major prussien, V, 638.
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heure de repos, il poursuit sa marche sur Marsla-Tour. Vers une heure de Taprès-inidi, la Garde est sur le point d'atteindre Ilayéville. Si la bataille recommence, on ne peut guère compter sur le concours de ces deux unités avant la fin di' la journée; mais cinq corps d'armée et deux divisions de cavalerie sont immédiatement disponibles (l). On envisafje un instant l'évenlualité d'une offensive immédiate et, si l'on en croit un témoin, cette solution serait le vif désir de Moltke (2) ; mais Frédéric-Charles objecte la grande fatigue des troupes et l'heure tardive, qui empêcheraient d'obtenir un résultat décisif. On arrête dès lors que la bataille sera remise au lendemain 18 août. Steinmetz en est informé, et reçoit la recommandation expresse d éviter tout ce qui pourrait produire un engagement dans la journée du 17 (3) .
Vers 2 heures de l'après-midi, Moltke, toujours incertain de la situation de l'adversaire, expédie les instructions suivantes : " La II' armée rompra, demain matin 18, à 5 heures, et marchera par échelons, la gauche en avant, entre l'Yron et le ruisseau de Gorze (direction générale entre
(i) III*, IX% X% VII% VIII' corpi, 5' et 6' divi.ioni de cavalerie.
(2) Verdy du Vebsois, Itn (/rossen Ilaupttpiartier, 80. — Gœben confirme le témoignage de Verdy (Gebhard Zernin, Auqust von Gœhcn in seinen Briefen, 251).
(3) Historique du c/rand htat-niajor p>-ussien, V, 639.
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VlIle-sur-Yron et Rezonville) . Le VHP corps devra participer à ce mouvement à la droite de la ir armée. Le VIP aura d'abord pour mission de couvrir cette dernière contre les entreprises venant de Metz. Les ordres ultérieurs de Sa Majesté dépendront des dispositions prises par l'ennemi..." Le roi Guillaume et Moltke retournent ensuite à Ponl-à-Mousson, sans attendre l'arrivée de nouveaux renseignements, afin dassurer au vieux souverain et à son chef d étatmajor, pendant la nuit suivante, un gite confortable et tranquille, qu'ils n'auraient pu trouver dans la région au sud de Vionville, encombrée de troupes et de blessés (I) .
Les instructions de Moltke sont conçues à deux fins : elles visent à la fois le cas où les Français auraient repris leur mouvement vers la Meuse et celui de leur retraite sous Metz. Mais, dans la première hypothèse, elles admettent qu ils se trouveront encore le 18 dans la région comprise entre Conflans, Briey et Saint-Privat. Rien n'est moins certain. Si, comme Moltke et Frédéric-
(i) Fritz HoKMG, loc. cit., 54-55.— Trajet, 22 kiloin. 5. « Si l'on s'était décidé à ne pas retourner à Pont-à-Mousson, mais à rester près de l'ennemi... que de choses on aurait pu faire et combien l'ennemi rendait la tâche facile aux Allemands! Dans l'histoire militaire, avant une affaire décisive, il n'y a peut-être pas plus d'un cas où I on ait, aussi bien qu'ici, étalé, pour ainsi dire, sous les yeux de 1 ennemi, toutes les dispositions prises! > (/At</., 20).
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Charles inclinent â le croire, Uazaine s'est décidé assez tôt à se rabattre vers le nord-ouest par les roules de Conflans et de Briey, il a pu gagner le 17 la rive gauche de l'Orne. Dès lors l'aile gauche de la 11' armée ne rencontrera plu» qu'une arrière-garde, et l'aile droite, après une marche nécessairement très lente à travers champs, parviendra difficilement à rejoindre le reste de l'armée française dans la région de Briey. On n'a rien fait d'ailleurs pour entraver sa retraite, et « l'œuvre si remarquable »> d'Alvensleben, improductive le 17 par la faute du commandement suprême, risque encore de demeurer stérile le 18 parce que Moltke laisse à Bazaine le soin d'accepter ou de refuser la bataille (1).
Moltke ne fait aucune mention de la cavalerie : on semble oublier son rôle à un moment où l'emploi opportun de cette arme devait, en quelques heures, éclaircir complètement la situation. Les résultats de l'exploration pouvaient aisément parvenir dans la soirée au généralissime, s'il fut resté à Flavigny, ou à la rigueur à Pont-à-Mousson avant 10 heures du soir. Enfin l'ordre ne s'adresse qu'à la IP armée; la l" n'y figure pas sous sa dénomination propre, et Moltke, par oubli volontaire ou non, dispose directement du VIIT corps.
(i) Metz, III, 102.