‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 83 sur 168 · LUTTE D'ARTILLERIE · texte numérisé non relu

LUTTE D'ARTILLERIE

interviennent : deux sur le mamelon au nordouest de La Folie, deux au sud de Montigny. En outre, une batterie de la division Lorencez s'établit en ce dernier point. Par contre les deux batteries de la division Montaudon ont dû se retirer pour se réorganiser. Quinze batteries sont donc en action contre les neuf du IX*" corps. Malheureusement, il n'y a de notre côté aucune direction d'ensemble; chaque batterie agit, pour ainsi dire, à sa guise, et choisit l'objectif que le hasard lui permet d'apercevoir. Ainsi échappe l'occasion de prendre d'enfilade et même à revers toute la ligne d'artillerie du IX'' corps (1).

Au feu des batteries françaises, s'ajoutent ceux des tirailleurs de la division Grenier (2) . Les IV et Iir bataillons du 64* sont par contre très éprouvés et obligés, vers 2 heures, après avoir épuisé leurs cartouches, de se replier en arrière des batteries, près du parc de Montigny où les coups longs de l'artillerie prussienne les atteignent encore. Le IIP bataillon du 98", jusqu'alors en réserve, gagne alors la gauche de son régiment et, ménageant ses munitions, « subit, avec un courage admirable, le feu écrasant des obus qui éclatent sur toute la ligne, surtout à la droite (3) » .

(1) Metz, III, 213-214.

(2) Les batteries prussiennes souffrirent surtout de la « grêle de balles du fusil Chassepot » (Der 18. August 1870, 149).

(3) Rapport du général Pradier, 20 août.

Ï24 SAINT-IMUVAT

Déjà Ladmirault a déployé deux divisions contre une avant-g^arde relalivement faible. Ju- (jeant ces forces encore insuffisantes, il appelle à Amanvillers la division Lorencez : les premières fractions de la brigade Pajol atteignent le villafje vers une heure (1). Le 2* bataillon de chasseurs se déploie et, après un arrêt à la sortie sud, se porte à. l'extrême droite de la division Grenier; les deux batteries qui le suivent s'enjjag^ent immédiatement (2). Afin de se relier solidement avec le 3' corps, Ladmirault dirige sur Montigny le 33' de ligne avec mission « d'occuper cette position avec le plus grand soin" et de s'y «maintenir coûte que coûte, pendant toute la durée de la bataille (3) » . La brigade Berger, qui suit la brigade Pajol, s'établit de part et d'autre d'Amanvillers : le oA" au-nord-ouest, le 65* au sud (4) . Bientôt Lorencez appelle à lui les unités laissées à la ferme Saint-Vincent : deux bataillons du 15" se portent à la gauche du 65% la batterie prend position près d'Amanvillers, au nord du chemin d'Habonville (5). La division Lorencez

(i) Lorencez a laissé à la ferme Saint-Vincent les deux premiers bataillons du 15' de ligne et une batterie, sans doute pour continuer à observer la direction de l'est. Le III' bataillon du 15* est dans les carrières de la Croix, au nord-est d'Amanvillers {Metz, III, 218).

(2) Voir suprà, p. 221, 223.

(3) Rapport du général Pajol, 19 août.

(4) Rapports du général Berger (sans date).

(5) Metz, III. 220.

LA lU VIS ION HESSOISE 225

forme ainsi une deuxième ligne derrière les troupes de Grenier.

Manstein a reçu, sur ces entrefaites, l'ordre de Frédéric-Charles expédié à 11 h. 30 et prescrivant au IX*" corps et à la Garde « d'attaquer, de concert, la droite ennemie (1) » . Dans le cas où notre front s'étendrait plus au nord, il lui est recommandé de différer tout engagement sérieux jusqu'à ce que la Garde puisse intervenir par Amanvillers. Manstein sait à ce moment que l'aile droite française se prolonge bien au delà de cette localité; dès lors il va tendre à s'élever, lui aussi, vers le nord. Toute son attention se porte vers les bois de la Gusse, au détriment de la protection qu'il doit à l'artillerie en avant de son front.

La 25" division, formée des contingents hessois, a suivi d'abord la 18" dans la direction de Vernéville. Manstein prescrit à son chef, le prince Louis de Hesse, de la rassembler au nord des bois de la Gusse, et o d'y attendre l'entrée en ligne de la Garde pour attaquer simultanément (2) » . L'avant-garde gagne ainsi les environs sud-est d'Habonville et occupe ensuite la parcelle du

(1) Historitjue du grand Etat-major pi-ussien, VI, 685. \t)Ibid., 686.

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