L'ARTILLERIE DU IX« CORPS
pertes sensibles, l'un atteint le remblai du chemin de fer, dans la partie nord-est du bois; l'autre g^arnit les lisières sud et est, face aux tirailleurs de la division Grenier (1). Deux batteries hessoises de l'avant-g^arde de la 25' division s'établissent au sud d'Habonville, face à l'artillerie occupant les hauteurs de Saint-Privat. Vers Ghantrenne, les Prussiens ne peuvent dépasser la crête à Test de la ferme : le 95*" de lig^ne qui tient le bois de La Folie et la corne nord-est du bois des Génivaux leur inflige des pertes sensibles, par ses feux de front et de flanc. De part et d'autre, on s'abstient momentanément de passer à l'offensive; 1 action dégénère en une fusillade de pied ferme (2) .
Dès le début, l'artillerie du IX* corps, complètement à découvert sur la longue croupe au sudouest d'Amanvillers, a beaucoup souffert du feu des tirailleurs des 64^ et 43% et de celui des batteries du 4* corps voisines de Montigny. La batterie prussienne d'extrême gauche, en particulier, est déjà très éprouvée quand les mitrailleuses de la division Lorencez s'établissent au sud-ouest d'Amanvillers, à moins de mille mètres. En quelques minutes, elle subit des pertes énormes qui l'obligent à interrompre le tir : les trois quarts de l'effectif présent et tous les chevaux,
(1) Historique du grand Etat-major prussien, VI, 679.
(2) Ibid., VI, 682; Metz, III, 205.
m SAINT-PRIVAT
sauf huil, sont mis hors de combat. Peu après, Ters 1 h. 15, apparaissent, à courte distance, les tirailleurs du IIP bataillon du 13' de ligne. Les Prussiens parviennent à conduire vers le bois de la Cusse les deux seules pièces qu'ils peuvent encore atteler, mais les quatre autres sont enlevées par le lieutenant Parent, à la tête de sa section, et deux d'entre elles ramenées dans nos lignes. Jusqu'à la tombée de la nuit, deux bouches à feu et plusieurs avant-trains restent sur place, abandonnés au milieu des fluctuations de la lutte (1). Pour dégager l'artillerie, l'infanterie prussienne tente de déboucher de la lisière sud-est du bois de la Gusse, mais elle est aussitôt arrêtée par les feux des tirailleurs du IIP bataillon du 73' et du 5* bataillon de chasseurs. Bien que l'infanterie du général Bellecourt ne profite pas de ces hésitations, signes de faiblesse, " la situation des batteries prussiennes, et notamment de l'artillerie de corps, n'en est pas moins de plus en plus critique (2) » . Les pertes deviennent très sensibles; plusieurs officiers supérieurs sont frappés. Quatre nouvelles batteries françaises de la réserve du 3' corps
(1) Rapports du général Bellecourt, 18 août; du lieutenant Parent, 21 août; du capitaine Masson, 20 août; Historique du grand Etat-major prussien, VI, 683; Metz, III, 210. — Le chasseur Hamoniaux, du 5' bataillon, fut un des premiers à arriver dans la batterie (Rapports du lieutenant Parent; du commandant Carré, 21 août).
(2) Historique du grand Etat-major prussien, VI, 684.