Actes et Paroles^ tome I, p
d'Actes el Paroles^ nous avons donc les croyances et les idées de 48. Que fut 48 pour les hommes comme Hugo ? Ce fut plus qu'une révolution politique ; ce fut comme l'avènement d'une nouvelle religion. « Celle révolution^ inouïe dans rhisloire, s'écrie Victor Hugo, c'est ridéal des grands philosophes réalisé par un grand peuple, c'est l'éducation des nations par V exemple de la France. Son but y son but sacré, c'est le bien universel, c'est une sorte de rédemption humaine. C'est Vère entrevue par Socrate, et pour laquelle il a bu la ciguë ; c'est l'œuvre faite par Jésus- Christ, et pour laquelle il a été mis à mort * /» Quel est le dieu de cette religion ? C'est la Liberté. « Votre cri : liberté, déclare Victor Hugo, c'est le verbe même de la civilisation. C'est le sublime fiât lux de l'homme ; c'est le profond et mystérieux appel qui fera lever l'astre. » Entendez bien, la Liberté, mot indé-
1. Séance de la Chambre du 17 iuillet 1851. Acle^ et Paroles, tome I, p. 427.
fini, non les libertés^ réalités tangibles. « Les libertés^ s^écrie Hugo, celle énoncialion esl un non-sens, La Liberlé esl. Elle a cela de commun avec Dieu, qu'elle exclul le pluriel. Elle aussi, elle dil : sum qui sum '. »
Religion qui sera belle parce qu'elle chassera le prêtre. Le prêtre, le prêtre de toutes les religions, c'est à cause de lui que l'Humanité est encore dans la misère et l'ignorance. Voilà ce que Hugo ne se lasse pas d'affirmer :
Et dire que la terre est tout entière en proie
Aux affirmations de ces prêtres sans joie.
Sans pitié, sans bonté, sans flambeau, sans raison,
DontVombre, Vombre, Vombre et Vombre est V horizon* !
Je crois en Dieu. Voilà tout le dogme, et il n'est pas besoin de prêtre pour nous l'enseigner et nous le commenter. Mais qu'est-ce que Dieu ? C'est tout ce qui chante dans l'es-