Actes et Paroles, tome III, p. 103 et
discute les mérites du grand homme; « Après tout, dit l'un des quartorze poètes, Firdousi n'était qu'une cloche. — Ou plutôt, reprit un autre, une boule de jardin placée au centre des choses et qui les déformait en les réfléchissant. — Il manquait de sens critique, dit un troisième. — Un quatrième ajouta: il n'avait pas d'esprit. Et un cinquième murmura entre ses dents : il était bête... comme THimalaya. * »
1. Le vrai est que ce jugement sur Hugo a été porté par Lcconte do Lisle (Voir Fantômes et Vivants j par Léon Daudet, p. 105).
CHAriTRl- VI
On ne peut contester ces textes. Ils se trouvent, je le répète, dans le troisième volume d' Actes el Paroles, Mais peut-être objecterat-on : « Tout cela ce n'est pas vraiment Victor Hugo. Il n'est ici que le reflet de son milieu. » Je crois, en effet, que ces énormités sont moins d'un homme que d'une époque. Elles représentent au juste la pensée des vieilles barbes de 1848. Je ferai seulement remarquer que lorsque ces énormités passent par la plume de Hugo, elles deviennent particulièrement cocasses. Et je pense que cela tient à la grandiloquence du verbe pour exprimer une pensée qui est d'un primaire. Par exemple, la beauté et la noblesse du suffrage
ou 1870
universel ont été sans doute plusieurs fois chantées. Et le contraste entre le chant et la réalité ne peut qu'être plaisant. Mais connaissez-vous quelque chose d'aussi réjouissant que cette peinturede l'électeur faite par Hugo, dans une séance de la Chambre, en 1850 : « Quel accroissement de digniié pour V individu^ el par conséquent de moralité ! Quelle satisfaction^ et par conséquent quel apaisement ! Regardez l'ouvrier qui va au scrutin. Il tj entre avec le front triste du prolétaire accablé^ il en sort avec le regard d'un souverain '. M Non, débité par un des membres de la gauche, qui — nous dit le procès-verbal de la séance — acclament cette tirade, cela n'aurait pas ce haut comique.
Dans les discours politiques de Hugo, et particulièrement dans ses trois volumes