Religions et Religion, Œuv. compl., XIII* vol., p
lelligence, les générations ; nous allons faire reculer la France^ le siècle^ rhumanilé en marche ; nous allons faire reculer Dieu * .' )^ Faire reculer Dieu ! voilà ce que j*admire avec stupeur, conclut avec juste raison Victor Hugo.
Comme toute religion, celle-ci aspirera à Tuniversalité. « Mes amis, mes frères, mes concilotjenSy — s'écrie Victor Hugo en plantant en 1848 un arbre de la Liberté sur la place des Vosges — établissons dans le monde entier, par la grandeur de nos exemples, l'empire de nos idées /... Unissons-nous dans une pensée commune, et répétez avec moi ce cri : Vive la liberté universelle ! Vive la république universelle ! » Mais avant la république universelle, il y aura la république européenne. « Le peuple français a taillé dans un granit indestructible et posé au milieu même du vieux continent monarchique la première assise de
1. Séance de la Chambre du 17 juillet 1851. AcUset JParoles, tome I, p. 427.
LA POLITIQUB DE VICTOR IIU60 05
cet immense édifice de l'avenir, qui s'appellera un jour les É lais- Unis d'Europe \ » Et pourquoi s'établira-l-elle fatalement cette république européenne? Voici la raison péremptoire : a L'Europe empire ou l'Europe répu^ blique ; l'un de ces deux avenirs est le passé. Peul-on revivre le passé ? Evidemment non. Donc nous aurons l'Europe république V » Mais pour avoir les États-Unis d'Europe, il faut effacer les frontières ? Parfaitement. « La première des servitudes, c'est la frontière. Qui dit frontière, dit ligature. Coupez la ligature, effacez la frontière, *1tez le douanier, ôtez le soldat, en d'autres termes, soyez libres ; la paix suit, » A une condition encore pourtant : « Les guerres ont toutes sortes de prétextes, mais n*ont jamais qu*une cause, l'armée. Otez l'armée, vous ôtez la guerre '. »