‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 51 sur 92 · DE LUI-MÊME · texte numérisé non relu

DE LUI-MÊME

J'ai exposé les lourdes fautes du ministère Ollivier dans les négociations avec la Prusse. Voyons maintenant la défense que présente Emile Ollivier.

Cette défense est résumée dans un livre intitulé Philosophie d'une guerre, 1870, livre qui n'est composé, si je ne me trompe, que de morceaux détachés de Y Empire libéral. Dans ce livre, d'ailleurs, aucune « philosophie ». Une diatribe contre tous. Les fautes commises sont à la charge de l'Empereur, de l'Impératrice, de la Cour, du duc de Gramont,de la droite de la Chambre, de l'opposition, des généraux, etc. Lui seul, Emile 01-

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livier, est innocent. Que dis-je? Il s'admire. Il sait bien comment on ne peut pas ne pas juger son attitude: — Vous avez eu surtout en vue de conserver votre portefeuille, et, pour cela, au lieu de gouverner, j'entends de guider, d'imposer une direction, vous vous êtes laissé mener par l'opinion... Cela ressort de tous les faits. Pour tâcher de détourner la pensée du lecteur d'une telle explication, Emile Ollivier commence par poser en principe qu'il a été solide comme un roc. Il n'a écouté les cris, ni de la rue, ni de la Chambre, ni de la presse, ni de la Cour. Il ne s'est laissé conduire que par l'intérêt de son pays ! « Dans le cours de cette crise, écrit-il, jo vais traverser bien des angoisses, éprouver bien des tortures morales, être obligé souvent de prendre des décisions rapides ; à aucun moment, je ne perdrai la possession de moi-même ; j'agirai comme si j'avais à résoudre un problème de géométrie ou d'algèbre, inaccessible aux influences, soit de la presse, soit de l'Empereur ou de l'Impéra*

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