‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 53 sur 92 · Id., p · texte numérisé non relu

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lant du même Benedetti, Emile OUivier avoue encore : « Harcelés par V opinion et par nos propres inquiétudes, nous l'avions éperonné, pressé d'être énergique *. »

Voyons maintenant les dépêches envoyées à Benedetti ; elles émanent du duc de Gramont, mais elles sont l'expression de la pensée de tout le gouvernement: 7 juillet :« ...Je joins ici... 5^ La déclaration que, pressés par le senlimenl public, nous avons cru devoir porter à la tribune du « Corps législatif ». — 10 juillet : « Je vous le dis nettement, /'opinion publique s'enflamme et va nous devancer. » — 11 juillet : « Vous ne pouvez vou» imaginer à quel point V opinion publique est exaltée. Elle nous déborde de tous côtés, et nous comptons les heures. 11 faut absolument insister pour obtenir une réponse du Roi. H nous la faut pour demain, après-demain serait trop tard V »

1. Philosophie d'une, guerre, 1870, p. 14 1. 3. Voir Ma Mission en Prusse, par Benedetti.

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Sur les indications de son gouvernement, voilà donc les arguments que Benedetti fait valoir devant le roi de Prusse. 11 juillet: « ...J'ai combattu cette manière de voir en représenlanl au Roi nos nécessités intérieures. Je lui ai parlé de la défiance et de l'irritation des esprits en France, de l'obligation où nous sommes de donner publiquement des explications attendues avec impatience, des dangers nouveaux que créait chaque heure de retard. »

1 1 juillet : « Pour déterminer Sa Majesté à accueillir favorablement le vœu que je lui exprimais, je ne lui ai caché ni les défiances, ni l'irritation du sentiment public en France; je lui ai fait part de l'impatience du Sénat et du Corps législatif, et de Vobligation oà se trouvait le gouvernement de l'Empereur d'y satisfaire ; des périls de cet état de choses, et des dangers nouveaux que créait chaque jour de retard. » Quel danger ? Le renversement du ministère Ollivier sans doute. Est-ce que Emile Ollivier pense que le maintien

d'Emile Ollivier au pouvoir importait au roi de Prusse ? Mais oui, il le pense. Écoutez son entretien du 12 juillet avec le baron de Werther, ambassadeur de Prusse en France. Il lui déclare : « L'œuvre d'apaisement à laquelle je travaillais péniblement est compromise : au lieu d'une opinion publique résignée, nous allons être aux prises avec une opinion irritée... Déjà on nous trouve trop accommodants, et le parti de la guerre se met en mesure de nous ôter la direction des affaires... Le roi Guillaume rendrait à nos deux pays et au monde entier un service incomparable si, par la spontanéité d'une démarche amicale, il rétablissait la cordialité des rapports qu'il a lui-même troublés. En f or li fiant noire position minislérielle, il nous donnerait le moyen de poursuivre notre œuvre pacifique *. »

Ainsi, en voilà bien l'aveu, c'est pour « fortifier » la « position » du ministère Ollivier

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