‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 54 sur 92 · EMILE OLLIVIER EN FACE DE LUI-MÊME · texte numérisé non relu

EMILE OLLIVIER EN FACE DE LUI-MÊME

que, dans ce même entretien, est remise à Werther cette note ou projet de lettre du ro de Prusse à l'empereur, cette note dont j'ai parlé, qui rouvre TafTaire Hohenzollern et nous jette dans la guerre.

Pourquoi cette note ? Pour pouvoir répondre, on s'en souvient, à deux interpellations déposées par Clément Duvernois et Jérôme David sur les « garanties que le gouverne- « ment compte stipuler pour éviter un retour « de complications avec la Prusse ». Ces interpellations visent évidemment à renverser le ministère, dans le cas où le ministre déclarerait qu'il considère l'affaire Hohenzollern comme close, avec le retrait de la candidature du prince Léopold. A cause de ces interpellations, et dans la crainte de se voir renverser, Emile Ollivier se met donc en mesure de pouvoir répondre que les négociations continuent avec la Prusse. Mais continuer les négociations alors qu'on pouvait les terminer à notre satisfaction, c'est une voie pleine d'embûches. Aussi Emile

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Ollivier qualifie-t-il Clément Duvemois et Jérôme David, qui l'ont entraîné à une telle attitude, de << deux malfaiteurs » *. Mais il se trouve toujours dans toute Chambre un adversaire pour interpeller le ministère, quand cela peut jeter le ministère dans l'embarras. A défaut de Duvemois et de David, il y aurait donc eu fatalement un troisième interpellateur. Alors ? Alors, c'est bien plutôt le régime parlementaire lui-même qu'il faut qualifier de « malfaiteur ». Mais voilà ce que Emile Ollivier ne s'est jamais résolu à avouer. Il était un des artisans de ce régime. Le renier eût été faire un mea culpa. Or, Emile Ollivier n'a jamais consenti à aucun mea calpa. Écoutez cet éloge de toute son attitude pendant ces journées fatales: « Sans être mû par un sot orgueil, mais par le sentiment d'une légitime fierté, qui se redresse sous l'injustice et sous l'outrage, je me sens autorisé à dire qu'en cette crise, ce cabinet

i« Philosophie d'une guerre, 1870, p. 158.

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a fait preuve d'une capacité supérieure, à la fois résolue et modérée, souple et ferme, ressentant Témotion publique, mais sans s'y abandonner, et sachant parer aux accidents imprévus avec une rapidité réfléchie. »

Ce perpétuel éloge de soi-même, cet entêtement à ne pas vouloir assumer ses fautes, voilà ce qui rend particulièrement insupportable toute la défense d'Emile OUivier.

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