‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 55 sur 92 · EMILE OLLIVIER ET LA DEMANDE DE GARANTIES · texte numérisé non relu

EMILE OLLIVIER ET LA DEMANDE DE GARANTIES

Ainsi donc, Emile Ollivier n*a jamais consenti à se reconnaître coupable d'aucune faute. Pourtant, il ne voulait pas la guerre et il y a été acculé. Comment cela se peut-il faire : Voici l'explication.

Faisant l'éloge de son ministère, Emile Ollivier déclare : « Et c'est précisément son habileté qui amena la catastrophe finale *. » Mais Emile Ollivier devait bien penser qu'un tel argument est plutôt propre à faire rire le lecteur qu'à le convaincre. Alors il en pré-

I. Philosophie d'une guerre, 1870, p. 327. Montcsquiou, 1870. 11

sente un autre. « Oui, avoue-t-il en substance, il y eut une faute, et une grosse faute, commise. » — Ah I enfin. Attendez. — « Mais cette faute je n'y suis pour rien. Cette faute, c'est la dépêche envoyée, le 13 juillet, par Gramont à Bcncdetti, lui enjoignant d'obtenir du roi la garantie pour ravenir qu'il ne permettra pas au prince Léopold de revenir sur sa renonciation. »

Nousavons déjà dit combien cette demande de garanties était dangereuse. Elle rouvrait une affaire que nous avions intérêt à clore, et elle la rouvrait à seule fin de pouvoir déjouer des intrigues parlementaires. A tout autre point de vue elle était inutile. Devait-on, en effet, prévoir que la candidature Ilohenzollern serait à nouveau posée ? Après les complications qu'elle avait menacé d'entraîner, ce n'était guère probable. Ou alors il fallait supposer que le roi de Prusse voulait à toute force la guerre, ce qui n'était pas. Dans son rapport du 13 juillet, Benedetti écrit : « Sa Majesté a soutenu... qu'elle n'avait assuré-

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ment aucun dessein caché, et çae celle affaire lui avait donné de Irop graves préoccupalions iiir ne pas désirer qu'elle fui irrévocablemenl écarlée ; qu'il lui était toutefois impossible d'aller aussi loin que nous le lui demandions ». »

En admettant, d'ailleurs, que la candidalure Ilohenzollern eût été de nouveau posée après avoir été retirée, l'affaire se fût présentée alors dans de bien meilleures conditions pour nous. Il aurait été évident pour tous que la Prusse nous cherchait querelle. Or, pour être certain d'entraîner avec lui les Etats du Sud, Bismarck avait besoin que ce fût nous qui paraissions les agresseurs.

Quoi qu'il en soit, dans cette demande de garanties, Emile Ollivier reconnaît une lourde faute. Il la déclare « défendable en pure logique, mais injustifiable dans les circonstances de fait où elle s'était produite » ". Il va jus-

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