PREFACE
Sedan est assurément, de tous nos revers de 1870, celui dont le nom est le plus répandu. 8i beaucoup ignorent Frœschwiller, Forbach, Rezonville, Saint-Privat, il n'en est (^père pour lesquels le mot de Sedan n'évoque le souvenir d'une catastropbe sans précédent dans nos annales militaires. Faut-il s'en étonner? Si une bataille perdue laisse dans lame des contemporains une douloureuse meurtrissure, du moins ne comporte-t-elle en général aucune humiliation. Une armée de plus de J 00000 hommes rejetée en désordre dans une place forte, cernée et contrainte de se soumettre aux conditions d'un impitoyable vainqueur, n'est-ce pas là au contraire un événement qu'une nation ne peut pas oublier et se doit à elle-même de ne pas oublier, ne fut-ce que pour en éviter le retour? C est en méditant sur léna que la Prusse a pré-