L ARTILLERIE DU 5' CORPS
gnies à la baïonnette sur une partie du 66^; le 17% dont la compagnie de g^rand'garde résiste énerg^iquement, déploie deux bataillons entre la gauche du 68' et la route de Stenay (1) .
A la réserve d'artillerie, bivouaquée au sudouest de Beaumont, la confusion du premier moment est a inexprimable » . TouteFois, officiers et canonniers font » admirablement leur devoir » , et, en moins d'un quart d'heure., le matériel est attelé (2). Les batteries se hâtent d'ouvrir le feu : les unes de la crête située un peu au sud du camp, les autres dans le voisinage immédiat de leur bivouac. L'une d'elles, aussitôt très éprouvée, se replie et gagne le moulin à vent au nordouest du bourg, où se trouve déjà établie une batterie de la réserve; une autre, abandonnant trois pièces dont les attelages sont tués, se porte au nordest de la Harnoterie (3) . L'artillerie de la division Goze seconde de son mieux celle de la réserve : une de ses batteries se maintient pendant une demi-heure au sud de Beaumont; elle rejoint ensuite les deux autres au nord-ouest du bourg (4) .
(1) Historique du 68® de ligne; Rapport du colonel Weissenburger, du 17^. — Le l" bataillon de ce régiment, qui n'a pas encore pu remplacer ses cartouches épuisées la veille, est renvoyé en arrière.
(2) Journal de marche de la réserve d'artillerie.
(3) Rapport du chef d'escadron Cailloux; Historiques des 2* et 20* régiments d'artillerie; Renseignements donnés sur le terrain par le colonel Majorelle.
(4) Rapport du chef d'escadron Pérot, 19 octobre 1870.
Les troupes qui ont campé au nord de Beaumont — division L'Abadie et artillerie de la division Lespart — ont été relativement soustraites au désarroi en raison de leur éloignement et des préparatifs de leur départ. Une partie du 14" bataillon de chasseurs s'embusque dans les jardins de Beaumont; le reste sert de soutien à l'artillerie; le 49^ de lig^ne s'échelonne par bataillon, la g^auche aux premières maisons du bourg (1). Au 88% une panique est sur le point de se produire. Quelques caissons l'ont explosion au parc d'artillerie voisin du bivouac; des voitures se jettent à toute allure parmi les tentes. Très impressionnés, les soldats se précipitent sur les faisceaux, les uns pour faire le coup de feu, les autres pour s'enfuir. Heureusement le colonel Démange se porte vivement sur le front de bandière, et, par son calme, rassure les plus proches; puis il monte à cheval sans la moindre hâte et, après un roulement de tambours, ordonne de rompre les faisceaux. Cette attitude relève le moral de tous. Le régiment se porte en échelons par bataillon vers la hsière sud du bois Failly; « cette marche, sous le feu de l'artillerie ennemie, a été admirable d'ordre et de silence. On se serait cru à l'exercice (2) )) . Le 49" s'établit à
(i) Journal de marche de la division L'Abadie. (2) Récit du capitaine Guêze, alors sous-lieutenant au 88* (général Ganojsge, loc. cit., 159).