DEROUTE DU 3^ DE LIGNE
que Morand cherche vainement à arrêter jusqu'à ce qu'il tombe mortellement blessé.
A ce moment, débouche de Warniforêt le 3* de ligne en colonne par section. Dans cette formation dense et archaïque, il subit en peu de temps des pertes sensibles ; les fuyards des 2^ et 47^ jettent d'ailleurs le désarroi dans ses ranges. Déjà très éprouvé à Frœschwiller et comptant à l'effectif beaucoup d'hommes récemment incorporés, le rég^iment se dissocie et se jette en partie dans les bois du Grand Dieulet; le g^énéral de Bretteville est blessé en cherchant à arrêter cette panique (1) . "En vain, le lieutenant-colonel Gillet et les officiers... réunissent leurs efforts pour rallier nos soldats et les déployer en avant; on ne peut les faire sortir des bois où ils se tiennent à l'abri; les officiers seuls restent exposés aux coups de l'ennemi (2) . « A ce moment critique, le sous-lieutenant Varinot déploie le drapeau et se porte résolument en avant, entraînant, par sa bravoure, quelques soldats avec lui. Presque aussitôt, il tombe grièvement blessé ; il en est de même du sous-lieutenant Sondorf qui l'a remplacé. Encore une fois, l'aigle est relevée par les sergents Perrin et Garnier; mais, malgré ces nobles exemples, le 3^ perd peu à peu du terrain, et ses débris, mêlés à ceux des 2r et 47%
(1) Notes sur les opérations de la division Conseil Dumesnil.
(2) Historique du 3^ de ligne.
finissent par constituer une lig^ne confuse à hauteur de Warnilorêt (1). Une batterie divisionnaire, envoyée en hâte par Douay, vient s'étabHr au nord de la route; deux compag^nies du 17" bataillon de chasseurs, qui lui servent de soutien, recueillent des fractions des 3" et 21% et le mouvement offensif des Bavarois peut être enrayé pendant quelque temps. La batterie ne se retire qu'au moment où elle va être cernée; elle abandonne deux pièces dont les servants et les attelages ont été tués (2) .
Vers 4 heures, la division Conseil Dumesnil est en pleine retraite sur Raucourt, et les Bavarois, dépassant la grand'route, atteignent déjà le chemin de la Besace à Yonck, lorsque l'ordre de s'arrêter leur parvient. La majeure partie de la 2^ division se rassemble alors au nord de Warniforêt (3) .
Le convoi, escorté par le 99^ de ligne, est arrivé à Villers-devant-Mouzon avant l'achèvement du pont de chevalets construit par le génie, et le passage ne peut commencer que vers 4 heures et demie. Il n'est pas terminé que les obus de deux batteries ennemies tombent près
(1) Historique du 3* de ligne.
(2) Notes sur les opérations de la division Conseil Dumesnil ; Historique du 17® bataillon de chasseurs ; Prince Bibesco, loc. cit., 108.
(3) Historique du grand Etat-major prussien, VIT, 1012.