‹ 1870 - SedanChapitre 125 sur 177 · INTERVENTION DU 12'' CORPS · texte numérisé non relu

INTERVENTION DU 12'' CORPS

Initiative du général Lebrun. — Mac-Mahon arrête la plupart des troupes envoyées au secours du 5* corps. — Combats au Mont de Brune. — Mouvement tournant exécuté par la 8" division cheminant par le vallon de Yonck. — Formation dense prise par la brigade Villeneuve. — Panique des 58® et 79* de ligne. — Progrès de l'ennemi vers Mouzon le long de la voie romaine. — Charge du 5* cuirassiers. — Défense du faubourg de Mouzon. — Intervention de l'artillerie du 12* corps.

Des hauteurs au nord-est de Mouzon où il campe depuis la veille au soir, le général Lebrun a entendu la canonnade. Comprenant que de Failly est fortement eng^agé, il se décide sur-lechamp à lui envoyer toutes celles de ses troupes qui semblent pouvoir être détachées sans trop découvrir sa position : division Grandchamp, une brigade de la division Vassoigne et toute la cavalerie du général de Salignac-Fénelon, moins le V chasseurs d'Afrique, maintenu à Moulins pour observer la direction de Stenay (1). L'empereur approuve ces dispositions.

(1) Général Lebro, Bazeilles-Sedaiiy 64.

Déjà Grandchamp est passé sur la rive gauche avec la brigade Villeneuve, et la brigade Gambriels se dispose à le suivre, quand, vers 2 h. 30, la colonne rencontre Mac-Mahon venant de Raucourt. En route, le maréchal a entendu une vive canonnade dans la direction de Beaumont, mais il n'en a conçu « aucune inquiétude » pour cette raison surprenante qu'il sait « de Failly . . . flanqué, du côté de la Meuse, par l'artillerie du général Lebrun et de l'autre côté par le corps Douay (1) » • A Mouzon, il est rejoint par un aide de camp du général de Failly, qui lui expose les conditions dans lesquelles s'est produite la surprise : après un instant de désarroi, on a pu rallier les troupes, et, au bout de deux heures de combat, la retraite s'est effectuée en bon ordre. Toutefois, craignant d'être tourné du côté de la Meuse, de Failly demande l'appui d'une brigade d'infanterie, qui lui permettra de gagner facilement Mouzon. L'aide de camp entretient Mac-Mahon dans cette illusion (2).

D'après ce rapport, le maréchal ne croit pas devoir arrêter le mouvement des V et 7^ corps, qui n'ont pas encore franchi la Meuse. De plus, il décide de ne faire passer sur la rive gauche que la brigade Villeneuve avec trois batteries et la

(1) Maréchal de Mac-Mahon, Souvenirs inédits.

(2) Ibid. — Le maréchal ne nomme pas l'aide de camp q tit ce rapport si optimiste.

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