INITIATIVE DE LEBRUN
brigade de cuirassiers BéWlle, renforcée du 8^ chasseurs et d'une batterie à cheval. Par contre, Lebrun ne s'est pas borné aux premières mesures prises. La division Lacretelle, chargée de s'opposer au mouvement de Taile droite ennemie, s'est rassemblée au nord-est de Moulins; le 3^ régiment de marche occupe le bois d'Alma-Gisors avec l'appui d'un bataillon du SV de ligne, les deux autres surveillant la route de Stenay; l'artillerie divisionnaire prend des positions lui permettant de battre la vallée de la Meuse; enfin trois batteries de la réserve sont mises à la disposition de Lacretelle. Sur ces entrefaites, la brigade Villeneuve est venue s'établir en colonne de pelotons au nord-est du Mont de Brune, ayant avec elle les trois batteries divisionnaires et le 8® chasseurs à sa droite. La brigade Béville, avec la batterie à cheval, est au nord du faubourg de Mouzon. Déjà l'aile gauche du IV corps a fait de sérieux progrès. Après l'enlèvement du mamelon 295 (I) , une partie du 93'' a poussé ses tirailleurs dans le vallon situé au sud du Mont de Brune, le reste marchant vers le moulin de Grésil, où se dirigent également le 27" et la majeure partie de la 8^ division cheminant par le vallon de Yonck et suivie elle-même d'un détachement bavarois t'ort de quatre bataillons, deux escadrons,
(1) Voir supra, p. 252.
2t)0 BEAIT MONT
et deux batteries. Trente pièces de canon, placée sur le mamelon 295, canonnent notre infanterie en retraite et contrebattent notre artillerie du Mont de Brune, mais sans grand résultat à cause de la distance (I) . Ainsi s'accentue de plus en plus le mouvement tournant sur notre droite. Le lieutenant-colonel Broyé, aide de camp de Mac-Mahon, et le commandant Haillot, envoyé par de Failly, demandent au général Grandchamp de déployer sa tête de colonne vers le moulin de Grésil et les hauteurs qui le dominent, « dans la pensée que cette démonstration arrêterait le progrès des Prussiens (2) » . La brigade Villeneuve se porte donc en avant et descend dans le vallon au sud du Mont de Brune.
Le 58% en tête, « massé en colonne serrée » , commence à gravir le versant nord du mamelon 295, quand Fennemi ouvre le feu à courte distance. On tente un déploiement, mais le terrain s'y prête mal, et « une grêle de projectiles s'abat sur les rangs serrés » . Quoique surpris et hors d'état de riposter, le 58^ fait bonne contenance jusqu'au moment où la retraite est ordonnée. Alors se produit une panique que les officiers sont impuissants à arrêter et qui, se propageant dans les rangs du 79% dégénère dans toute la brigade en une fuite qui ne cesse qu'au bout de
(i) Historique du qrand État-major prussien, VII, 1031. (2) Rapport du général Grandchamp, 2 septembre.