‹ 1870 - SedanChapitre 156 sur 177 · LA VEILLE DE SEDAN · texte numérisé non relu

LA VEILLE DE SEDAN

sent été très capables de franchir ces quelques kilomètres — et l'idée préconçue dont le maréchal était pénétré de n'avoir en face de lui que les corps du prince royal de Saxe. Sur quelles données reposait cette conviction? Sur cette seule affirmation, semble-t-il, du ministre de la Guerre, devenue pour le maréchal comme un article de foi, que l'armée de Chàlons avait le 27 août au moins trente-six heures d'avance sur celle du prince royal de Prusse (1). Mais, depuis cette époque, la marche des Français n'avait pas été si rapide que l'adversaire n'eût pu reg^agner ce retard. Le maréchal savait que les Allemands avaient disparu des plaines de la Suippe pour se porter sur Attigny et Vouziers (2). Il avait été informé le 29 de l'occupation de cette ville par l'ennemi (3). D'ailleurs, l'immobilité de l'armée de Ghâlons le 31, autour de Sedan, était de nature à lui faire perdre l'avance qu'elle eût possédée. Enfin la présence de troupes bavaroises aux combats de Beaumont et de Bazeilles, c'està-dire de contingents appartenant à la III^ ar-

(1) Voir supra, p. 153.

(2) Le ministre de la Guerre au maréchal de Mac-Mahon, D. T. Ch., 30 août, 11 h. 8 matin; Le sous-préfet de Reims au ministre de l'Intérieur, 30 août, 11 h. 37 soir; Note anonyme adressée au maréchal de Mac-Mahon, 30 août, midi.

(3) Ce renseignement nous a été fourni par M. Lagosse qui, courageusement, servit plusieurs fois d'émissaire au maréchal de Mac-Mahon, et qui lui communiqua en personne cette grave nouvelle.

mée (l), était pour le maréchal un indice g^rave, sinon une preuve que son opinion était erronée. Pour tous ces motifs, la quiétude du maréchal de Mac-Mahon, dans la soirée du 31 août, demeure un sujet de légitime étonnement.

(1) Le maréchal savait que les Bavarois appartenaient à la IIP armée, pour les avoir combattus à Frœschwiller. On n'ignore pas d'ailleurs qu'en 1870 ils portaient le casque à chenille très différent du casque à pointe prussien. Ils étaient donc très reconnaissables.

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