‹ 1870 - SedanChapitre 155 sur 177 · INDECISION DE MACMAHON · texte numérisé non relu

INDECISION DE MACMAHON

au général Marg^iieritte de lancer vers l'est « de nombreuses reconnaissances; elles ne devaient s'arrêter que lorsqu elles auraient reconnu l'ennemi " , et avaient l'ordre de faire parvenir immédiatement leurs rapports. Il charge d'autre part deux officiers de « pousser le plus loin [)ossible vers l'ouest, en avant des positions du 7^ corps, et de lui rapporter le 1" septembre, avant le jour, les nouvelles qu ils auraient recueillies (l) » . Personne n'est envoyé sur Donchery où, pourtant, on a signalé des forces importantes.

.\insi, dans la soirée du 31 août, le maréchal de Mac-Mahon, ne connaissant pas la supériorité numérique considérable des armées allemandes et ne se doutant pas de la manœuvre enveloppante double qu'elles exécutent, a examiné successivement trois projets, sans s'arrêter définitivement à aucun parti (2). Comme tous les esprits irrésolus, il laisse passer les heures, espérant peut-être que les événements décideront à sa place.

Telle est la cause de l'absence d ordres de mouvement pour la journée du lendemain. On s'explique difficilement, néanmoins, que le maréchal n'ait pas pris tout au moins une mesure de pré-

(1) Maréchal de Mac-Maho>", Souvenirs inédits.

(2) Notes du général de Vaulgrenant (Papiers du général Brove): Enfjuète..., Déposition du maréchal de Mac-Mahon, I,

caution indispensable, surtout dans l'éventualité possible d'une retraite vers l'ouest. L'unique route dont l'armée pouvait disposer pour marcher sur Mézières passait en effet dans un défilé à l'ouest de Saint-Albert, entre les bois de la Falizette et la boucle que décrit la Meuse en aval de Sedan. C'était, à proprement parler, la porte de sortie. Or, si les troupes allemandes signalées à Donchery s'établissaient à Saint-Albert et à Saint- Menges, elles étaient capables, même avec l'infériorité numérique, rachetée dans une certaine mesure par l'avantage du terrain, de retarder pendant un temps très appréciable le mouvement de l'armée vers Mézières. Il en serait de même si elles prenaient position à l'ouest du défilé, de façon à en battre les débouchés. Si, au contraire, le maréchal se décidait à se porter sur Garignan le V septembre, le défilé de la Falizette était l'emplacement tout indiqué pour son corps d'arrièregarde. En tout état de cause, l'occupation de ce passage et, mieux encore, des hauteurs qui en commandent l'issue occidentale, s'imposait dès le 31 août. Certes, le maréchal avait le droit de juger un jour de repos nécessaire à son armée; mais il avait aussi le devoir de se prémunir contre tout danger.

On ne peut guère attribuer d'autres causes à cette omission regrettable que l'extrême fatigue des troupes — dont quelques-unes pourtant eus-

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