‹ 1870 - SedanChapitre 20 sur 177 · L ARMEE DE CHALONS · texte numérisé non relu

L ARMEE DE CHALONS

État moral et niatériel. — La retraite des corps d'Alsace après Frœschwiller. — Le 12® corps. — Les chefs de l'armée de Châlons. — Causes de faiblesse générales de notre armée de 1870. — Défectuosités particulières à l'armée de Châlons.

Les chances de réussite du plan Palikao étaient encore diminuées par Tétat moral et matériel de l'armée. Forte de 136 000 hommes environ à la date du 21 août (1), elle se composait de quatre corps d'armée, les I", 5% 7% 12% et de deux divisions de cavalerie, dites de réserve.

Le I" corps, si magnifique et si solide au début de la campagne, avait été très éprouvé par les journées de Wissembourg et de Frœschwiller, ainsi que par la retraite consécutive, rendue encore plus pénible et désordonnée par le mauvais temps et la perte des effets d'équipement.

Après avoir employé la journée du 7 à rallier et à reconstituer de son mieux ses troupes à Saverne, le maréchal de Mac-Mahon, d'accord

(1) 130 566 officiers et hommes de troupe et 26 763 chevaux, d'après la situation d'effectif du 21 août.

avec l'empereur, décide d'abandonner la défense des Vosges et de se replier sur le camp de Châlons (l). Bien que l'ennemi ait cessé toute poursuite, une fausse alerte détermine le maréchal à continuer le soir même sa retraite sur Sarrebourg ; il néglige d'ailleurs de mettre la voie ferrée de Strasbourg à Paris hors de service par la destruction des tunnels qu'elle traverse (2). Après une marche de nuit des plus pénibles, le gros du 1" corps est rejoint le 8 à Sarrebourg par le général Ducrot, arrivé de la Petite-Pierre avec 3 000 hommes environ de divers régiments, et par une partie du 5^ corps venue également de la Petite-Pierre par Ottwiller. Contrairement à toute logique et au règlement, les divisions de cavalerie Bonnemains et Duhesme, moins la brigade Septeuil, ont précédé les colonnes de Mac-Mahon à Sarrebourg et repartent dans l'après-midi pour Blâmont (3). Le maréchal de

(1) Le major général au ministre de la Guerre, Metz, 7 août, 3 heures soir; Maréchal de Mac-Mahon, Souvenirs inédits.

(2) Sur la proposition de la Compagnie des chemins de fer de l'Est (18 juillet 1870), des fourneaux de mine avaient été préparés dans ces tunnels et dans de grandes tranchées (Jacqmin, Les chemins de fer pendant la guerre de 1870-187 1, 316). — Le général Le Brettevillois aurait proposé au maréchal de faire sauter ces tunnels, mais Mac-Mahon s'y serait refusé « en vue de retours offensifs » . Quelques jours après, le ministre ordonna de faire sauter ces tunnels, mais les Allemands les occupaient déjà (De Chalus, Wissembourg, Frœschwiller, Retraite sur Châlons, 165).

(3) Journal de marche de la division Bonnemains; Observations sur le service de la cavalerie en campagne, 1868, article 2.

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