PERTE DU CONTACT
elle mande au prince royal que la masse principale des forces françaises s'est retirée sur Niederbronn, Bitche, mais qu'une notable fraction a pris par Ingwiller. Après une suspension de plusieurs heures à Bouxwiller, la marche est reprise. Mais, à 8 heures du soir, le 2^ hussards, qui forme l'avant-g^arde, est accueilli à Steinbourg^ par des coups de fusil auxquels une batterie bavaroise répond par quelques obus. Les traînards qui occupent le villag^e s'empressent de l'évacuer; néanmoins la cavalerie allemande n'ose pousser plus avant et établit son bivouac en ce point. Peu après, craignant une attaque sérieuse, elle se replie sur Bouxw^iller, non sans quelque désordre (1). Par cette excessive circonspection, la cavalerie allemande perd, le 7 août, l'occasion la plus belle qui se soit jamais offerte d'exécuter une poursuite fructueuse (2) . Désormais, le contact est perdu : l'état-major du prince royal ig^nore le de(;ré de désorganisation de nos troupes et la direction exacte qu'elles ont suivie; il incline pourtant à croire que Mac-Mahon a battu en
(1) Historique du yrand Etat-major prussien, III, 287 ; Dus 2. Leib-Husaren Régiment Nr. 2, 29.
(2) u II faut qu'un général de cavalerie suive toujours l'ennemi Tépée dans les reins, surtout dans la retraite, écrivait Napoléon à Lannes, le 18 novembre 1805, et je ne veux pas qu'on ménage les chevaux quand ils peuvent prendre des hommes » (Correspondance de Napoléon, n" 9 509). — Les Allemands auraient pu s'inspirer de notre poursuite après léna.
retraite sur Bitche, « pour rejoindre la masse principale de l'armée impériale (l) ».
Le 7 août, les troupes de la IIP armée restent, pour la plupart, dans les cantonnements et bivouacs qu'elles ont pris le 6 au soir. Depuis les événements de Forbach, il ne peut plus être question pour le prince royal de se porter sur Sarreg^uemines, selon le projet primitif du ^rand quartier (général à Tépoque où il a voulu livrer sur la Sarre, entre Sarrebrucket Sarrelouis, une bataille décisive aux forces françaises de Lorraine (2). C'est au sud de Bitche que la IIP armée doit franchir les Vosg^es, afin de se réunir aux deux autres. A cet effet, elle se met en mouvement le 8, traversant la zone montag^neuse en cinq colonnes, pour atteindre la Sarre le 12 sur la ligne Sarre- Union, Sarrebourg. Le front de marche ne mesure pas moins de quarante kilomètres; les corps d'armée sont abandonnés à eux-mêmes pendant cinq jours alors qu'on ig^nore la direction de notre retraite; l'étape moyenne est de quartorze kilomètres seulement; la d'' division de cavalerie est reléguée derrière un des corps d'armée, au lieu de précéder les colonnes d'infanterie et d'arriver sur la Sarre dès le 8 août (3) .
(1) Historique du grand État-major prussien, III, 372.
(2) Voir 1870, la Gueire en Lorraine, 15.
(3) Von Hàhske, Opérations de la IfP armée, 85; Colonel VON Zanthier, Die III. Armée im Elsass, 287, 320-324; General Bor^NiL, /oc, cit., 464-467.