MESURES D'EXECUTION
Français avant le 26 au soir. Aussi fait-il commencer la marche vers le nord dès 5 heures du matin. L'étape est la plus pénible de la campag^ne; pour la Garde, par exemple, les dernières unités n'arrivent au bivouac qu'à 3 heures du matin (1).
Les rapports de la journée du 26 confirment ceux de la veille et achèvent de dissiper les derniers doutes. Dès midi, Moltke complète ses prescriptions en ordonnant aux deux corps bavarois de se mettre immédiaiement en mouvement dans la direction générale de Vouziers (2). Après une marche très fatigante, et qui se prolonge fort avant dans la nuit, ils atteignent : le I", Marats et Pierrefite, le IP, Triaucourt (3) .
Dans le courant de l'après-midi, le grand quartier général allemand est transféré de Bar-le-Duc à Glermont-en-Argonne, où est déjà installé celui de Tarmée de la Meuse. Les renseignements de la cavalerie qui parviennent à 7 heures du soir ne permettent pas encore, il est vrai, de se rendre compte, d'une manière complète, de la situation dans la région de Vouziers, Buzancy. Toutefois,
(1) Prince de Hoiienlohe, /or. cit., II, 144; Geschichte fies Koniglic/i pi-eussischen ersten Garrie Reqiments zu Fuss, 180; Das 3. Garde Begiments zu Fuss, 305-306; Geschichte des Koniglich preussischen 4. Garde Régiments zu Fuss, 189.
(2) Correspondance militaire du maréchal de Mollhe, I, n-SU.
(3) Heereshewegungen, 30-31.
" la présence, désormais avérée, à Grand-Pré, de troupes ennemies de toutes armes » , donne un caractère de quasi-certitude à l'hypothèse déjà admise d'un projet de mouvement du maréchal de Mac-Mahon sur Metz. Un fait particulièrement important se dégage d'ailleurs de tous ces renseignements : les Français n'ont « pas encore atteint la Meuse à Dun (1) ».
En conséquence, Moltke décide, vers 1 1 heures du soir, que l'armée de la Meuse continuera le lendemain sa marche vers Damvillers, qu'elle occupera les ponts de la Meuse à Dun et Stenay, et poussera sa cavalerie sur le flanc droit des colonnes françaises. Les deux corps bavarois suivront Tarmée de la Meuse en se portant sur Nixéville et Dombasle (2). Le prince royal est avisé de ces dispositions et invité à diriger les autres corps de la UV armée sur Sainte-Menehould (3). Déjà le prince Frédéric-Charles a reçu l'ordre d'envoyer, pour le 28, deux corps de l'armée d'investissement de Metz à Damvillers; mais leur départ ne devra pas avoir lieu avant le 27 août à midi. Il est d'ailleurs autorisé, si les circonstances l'exigent, à abandonner temporairement le blocus sur la rive droite de la Moselle, mais il devra
(1) Historique du (jrand Etat-major prussien, VII, 946.
(2) Cori-espoudance militaire du maréchal de Moltke, I, n«' 216, 217.
(3) Ibid., n" 218.