RUPTURE DU COMBAT
supposer au prince Georges de Saxe (i) que nous allons prendre l'offensive. En même temps, il apprend que nous avons occupé Halles et Beauclair ; des forces françaises assez nombreuses, en marche vers l'est, traversent cette région. La nouvelle est de tous points inexacte. Mais jugeant que le but de la reconnaissance est atteint, et ne voulant pas u donner à l'affaire un développement considérable (2) » , le prince prescrit au 102'' de se tenir prêt, de concert avec l'artillerie qui vient d'être renforcée d'une nouvelle batterie, à recueillir les troupes engagées. Celles-ci reçoivent, vers 4 heures, l'ordre de regagner les hauteurs entre Nouart et Tailly. La rupture du combat s'effectue sans difficulté.
Sur ces entrefaites, le gros du XIP corps a serré sur son avant-garde et s'est rassemblé à Barricourt, Tailly, Villers-devant-Dun. La 12'' division de cavalerie, chargée de déborder notre droite, signale des forces françaises considérables vers Belval et Saint-Pierremont;, tandis que des patrouilles lancées de Stenay sur Beaumont y découvrent un camp. Afin d'être fixé sur la situation vers la Meuse, le prince Georges de Saxe dirige sur Beauclair une brigade d'infanterie.
(1) Il ne faut pas confondre le prince Georges de Saxe, commandant le XIP corps, avec le prince royal de Saxe, commandant l'armée de la Meuse.
(2) Historique du grand Etat-major prussien^ VII, 976.
avec deux escadrons el quelques batteries. Mais bientôt il apprend que tout le pays est » libre depuis Monti(jny jusqu'à Heaulort » ; en conséquence, les troupes envoyées de ce côté rallient le XIP corps, qui établit ses bivouacs entre Tailly et Barricourt (1).
Les pertes des Saxons s'élèvent à 13 officiers et 356 hommes; celles du 5^ corps sont de 9 officiers et 250 hommes.
Vers 5 heures du soir, le lieutenant-colonel Broyé, aide de camp du maréchal de Mac-Mahon, arrive à Bois-des-Dames, portant de nouveau au 5^ corps Tordre de se rendre àBeaumont. Croyant avoir devant lui des forces considérables, le g^énéral de Failly ne veut pas quitter de suite une position très forte, et risquer d'être poursuivi dans des conditions désavantageuses. Il prend le parti de contenir l'ennemi jusqu'à la nuit et de « dérober » alors son mouvement de retraite. Il prescrit de continuer une lente canonnade et d'allumer de grands feux à la tombée de la nuit, comme si les troupes devaient camper sur leurs positions (2).
Seule, la cavalerie prend les devants, à 5 h. 30.
(i) Historicjue du grand Etat-major prussien, VII, 977-978. (2) Journal de marche du 5^ corps (Glémeur).