LE CHAMP DE BATAILLE
bordée au sud par la forêt de Dieulet, dont la lisière forme une sorte de courtine flanquée de deux bastions : la forêt de Jaulnay à Test, le bois du Grand Dieulet à l'ouest. Le terrain au nord, à Touest et au sud du bourg est lég^èrement mamelonné et entièrement découvert. Immédiatement à l'est, s'élèvent les hauteurs dominantes dites des Gloriettes, parsemées de bouquets de bois.
Au nord, la route de Mouzon gravit des pentes
couronnées par une crête jalonnée par la ferme
de la Harnoterie, le bois Failly et le promontoire
de Sainte-Hélène qui surplombe une boucle tracée
par la Meuse en aval de Létanne. Plus loin, cette
route laisse à l'est le bois Givodeau qui projette
deux avancées vers le sud et le sud-ouest, de part
et d'autre de la ferme de la Sartelle, et qui,
vers l'est, tombe sur la rivière par des pentes
assez raides. La chaussée contourne ensuite, dans
une dépression, un mamelon boisé qui la sépare
de la vallée de Yonck et du moulin de Grésil, et
se dirige vers le faubourg de Mouzon, dominée à
droite par les hauteurs de Villemontry et du bois
JLuquet, à gauche par le mont de Brune dont le
jj point culminant ne dépasse pas 222 mètres d'al-
,!titude et que franchit la voie romaine de Reims
j|à Garignan.
^ Dans la nuit du 29 au 30, les camps du o" corps ont été établis un peu au hasard aux abords
mêmes de Beaumont : ceux des divisions Goze et Lespart et de la réserve d'artillerie au sud du bour^or, entre le chemin qui conduit à la ferme Beauséjour et la route de Stenay; ceux de la division L'Abadie au nord et près de Beaumont, à Fouest de la route de Mouzon ; ceux de la cavalerie entre la route de Stonne et celle de Sommauthe. Les fermes qui parsèment le terrain compris entre Beaumont et la lisière nord de la forêt de Dieulet ne sont pas occupées. Sauf sur la route de Stenay, où se trouve une grand'garde du 17'' de lig^ne, le 5^ corps n'a aucun service de sûreté. On ne s'est guère préoccupé de ce qu'est devenu l'ennemi de la veille : pas une reconnaissance de cavalerie n'est demeurée au contact, pas une patrouille ne fouille les bois si rapprochés des camps et si propices à dissimuler les mouvements des Allemands. Les bivouacs sont ceux qu'auraient pris des troupes à l'issue d'une manœuvre du temps de paix (1) .
(1) it D'une hauteur située près de Sommauthe, on distinguai clairement quatre camps. Dans l'un d'eux qui se trouvait décou vert, on voyait monter de la fumée, des gens affairés courir di çà et de là; des hommes en bras de chemise se rendaient à hj ville, ou en revenaient. Le bivouac ressemblait plutôt à uri camp de bohémiens qu'à un camp de guerre. On ne pouvai apercevoir aucune sentinelle ou d'autres groupes de soldats u peu importants, ni, en général, aucun homme revêtu d'un uni. forme, de telle sorte que l'état-major du commandant de corps} qui observait ce camp, conçut peu à peu des doutes, et en arriv j à se demander si ce camp n'était pas abandonné par l'ennem et s'il ne se trouvait pas simplement visité par des habitants ('