‹ 1870 - SedanChapitre 99 sur 177 · MAC-MAHON A BEAUMONT · texte numérisé non relu

MAC-MAHON A BEAUMONT

Le 30 août, de bon matin, le maréchal de Mac-Mahon se rend de Raucourt à Beaumont, afin de se rendre compte de la situation des 5*" et 7^ corps, qui sont en présence de l'ennemi, et d'accélérer, autant que possible, leur marche et leur passagfe de la Meuse (1). Après s'être entretenu à ce sujet, à Oches, avec le général Douay (2), le maréchal arrive à Beaumont vers 7 heures (3) . Le gfénéral de Failly est encore couché et, en dépit des événements de la veille, il n'a a aucune préoccupation » . De son aveu pourtant, il ignore s'il a eu » affaire à une division ou à plusieurs corps d'armée (4) » . Mac- Mahon lui déclare que, dans les circonstances présentes, il ne s'agit plus de combattre, mais de franchir la Meuse dans le plus bref délai; il lui prescrit en conséquence de marcher sur Mouzon où le passage s'effectuera sous la protection du 1 2' corps (5) .

Beaumont » (Le \" corps bavarois dans la guerre de 1870- 1871, 51, cité par Woyde, loc. cit., II, 2V7.)

(1) Maréchal de Mac-Mahos, Souvenirs inédits.

(2) Voir iiifrà, p. 236. — Le prince Bibesco, loc. cit., 85, indique 8 heures pour le moment de cet entretien, qui, d'après les journaux de marche du 5^ corps, semble avoir eu lieu plus tôt.

3; Journal de marche du 5® corps (Piépape).

(4) Enquête...., 1,36, Déposition du maréchal de Mac-Mahon ; Maréchal de Mac-Mahon, Souvenirs inédits.

(5) Ibid.

Le général de Failly croit devoir rendre compte au maréchal « de l'état d'épuisement dans lequel se trouve son corps d'armée » . Les dernières fractions viennent seulement d'arriver à Beaumont et, après toutes ces pénibles journées de marche et de combat pendant lesquelles les troupes surmenées n'ont pas reçu de distributions régulières, il est impossible de les remettre en mouvement sans leur avoir donné quelques heures de repos et des vivres. Le convoi, qui a été laissé au Ghesne le 27, ne peut tarder à arriver : dès que les hommes se seront un peu reposés, séchés et qu'ils auront pris quelque nourriture, le 5^ corps se dirigera sur Mouzon (1) .

Le maréchal n'insiste pas; il quitte Beaumont et, en partant, « recommande de ne pas perdre un seul instant (2) » .

Le général de Failly donne aussitôt une série d'ordres en vue de la reprise de la marche : le 5* lanciers, chargé de garder le convoi de vivres, rompra à midi : la brigade Maussion, constituant l'avant-garde, entre 1 heure et 2 heures. Les généraux de division et les chefs de services, convoqués pour « un grand rapport » , se réunissent à 9 heures chez le général de Failly. Ils ne signalent " aucun détail particulier qui puisse faire supposer que la marche du 5^ corps ait été

(1) Journal de marche du 5® corps (Clémeur).

(2) Ibid.

Page 1