‹ 1885-1945: les dates mémorables du Collège de Saint-BonifaceChapitre 10 sur 17 · LES · texte numérisé non relu

LES

Aussitôt se posa le problème de la reconstruction du ch |

lège. Au lendemain même de l'incendie, un très grand nombre de citoyens de St-Boniface, de Winnipeg et des environs se réunissaient à l'Hôtel de. Ville de St-Boniface. Ils choisirent ur Comité pour la Reconstruction du Collège de St-Boniface. Ce comité ouvrit un secrétariat permanent sous Ja direction de M. Henri Lacerte qui en fut l'animateur, = - “:.. Ê

Pour reconstruire le collège il aurait fallu là soïnme d'au moins $400,000. C'était une entreprise disproportionnée aux ressources de notre population.

11 était évident qu’il faudrait renoncer à la reconstruction

et y substituer un autre plan. ’

. On se mit cependant à l'oeuvre. Des délégués fürent en-voyés dans toutes les paroisses qui souscrivirent généreuse-

ment.

Des dons d’autres provenances, surtout de la Province de

Québec, s’ajoutèrent à cettè perception.

- En même temps une délégation, composée de l’'Honorable ___;

Juge Prud’homme et de M. Adrien Potvin, partait pour Qué-

bec dans le but d'obtenir ün don de la Législature. La démar-

che.ne fut pas vaine: l’Honorable Monsieur Alexandre Tasche-

, reau, Premier Ministre, fit Voter à l’unanimité de la Chambre

‘une somme de $25,000. ‘

Le Collège tient à exprimer sa reconhaissance à la pro-:

vince-mère des Canadiens français. La perception totale (dons de ‘Québec y compris) atteignit environ $73,000.

ter d’ajouter au Petit Séminaire—le nouveau Collège—une aile nouvelle comprenant salle de récréation, salle académique, ,dortoirs, naturellement à l'épreuve du feu.

1924, 24 mars—Transfert public du Petit Séminaire à la Corporation du Collège.

. Ce résumé—si résumé Soit-il—serait incomplet s'il ne

Au lieu de reconstruire le Collège on dut donc se conten-"

Va n TT . . 1

T‘reproduisait tout ‘au long l'importante déclaration de Mgr Béliÿeau expliquant et justifiant ce:trähsfert. ——.

Lundi, 24 mars, les élèves ‘du Collège offrirent à Mgr.

l’Archevêque une séance dont le programme résume le but: ‘Hommage dè gratitude offert par les élèves anciens et actuels en reconnaissance du don princier de Sa Grandeur Mgr Arthur Béliveau, après l’incendie du vieux Collège”.

‘Le Révérend Père Recteur, P. Bourque, au nom du Col-

lège, puis M. Noël Bernier, au nom des Anciens, remercièrent .”

Mgr l’Archevêque. . *

. Mer Béliveau, en réponse, prononça l’allocution suivante qui demeurera un des documents importants de l’histoire du - Collège: ‘ Det.

#“Au nom de la Compagnie de Jésus et des élèves actuels |

du Collège de St-Boniface, vous: remerciez l’Archevêque de

St-Boniface du don-du Petit Séminaire au Collège de St-Boni-

face. J'accepte l'expression de ces sentiments, mais je m’em-

presse de dire que les rôles pourraient être intervertis et res - -

. ter dans la vérité. En mon nom, au nom du clergé et des fidèles de mon diocèse je remercie la Compagnie de Jésus d’avoir bien voulu rester au poste au jour de l’épreuve, alors qu’elle pouvait reprendre sa liberté et laisser la charge à l'Ordinaire

‘ de ce diocèse, | ° ee °

“Le don est royal, dites-vous. ,Si l'Archevêque de St- Boniface a quelque mérite à l’offrir, il doit partages cet hon-

neur avec ses-consulteurs diocésains qui ont pensé, Comme lui,

que c'était l'unique issue à une situation difficile.

La {'L’acte lui est facilité par les sentiments qu’il nourrit à l'égard des Pères de la/ Compagnie de Jésus dont il est le fils. __ Les deux oeuvres du’Collège et du Petit Séminaire se fondent en une seule et c’est le Collège qui survit. Je reconnaïis que cette fusion est un pas en arrière. Ea Sainte Eglise veut l'établissement des Petits Séminaires pour préparer les

futurs prêtres à leurs augustes fonctions. C’était pour répon-

dre à ces désirs que Mgr Langevin, d’illustre mémoire, forida le Pêtit Séminaire à deux pas du, Collège. Le diocèse de St- Boniface couvrait alors l'immense territoire occupé aujoyrd'hui par le diocèse de St-Boniface, le diocèse de Winnipeg, celui de Régina et une partie du Vicariat Apostolique du Keewatin. C’est par centaines de milles qué les pays d'Eprope nous déversaient leur population. Le besoin de prêtrés était pressant et les possibilités de recrütement limitées. Pour rem-

plir un devoir de sa charge Mgr Langevin gut recours au moy-

en.le plus efficace d’avoir des vocations sâcerdotales, il fonda

le Petit Séminaire. S. 2,

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CN

“Les choses ont bien changé depuis. Sur le territoire confié à la sollicitude pastorale de Mgr Langevin. $e ‘trouvent maintenant trois archevêques et un, Vicaire Apostolique. Il reste à l'Archevêque actuel de St-Boniface quarante-trois paroisses dont une quinzaine ne sont que de petites missions, et le territoire à l’est de la Rivière Rouge est tel que le développement y sera nécessairement lent. Dans ces conditions cer-

. taines oeuvres ont des proportions trop: considérables pour les

besoins qui restent, et nous sommes: privés.-d’autres oeuvres qui ont été entraînées dans les subdivisions de territoire: un

‘rajustement 5 ‘impose. et il est aussi difficile que délicat à ef-.

fectuer.

“Soutenir le Petit Séminaire à côté du Collège était devenu.une question angoissante. La Compagnie de Jésus en charge du Collège ployait sous le fardeau, et le clergé du diocèse peut dire quels sacrifices l'Archevêque lui a imposés,

il y a deux ans, quand une charge de $6,000 d'impôts est ve-,

nue ébranler l'oeuvre du: Petit Séminaire Jusque dans ses

fondations.

“Les établissements : d'instruction secondaire et supérieuré-n’6nt jamais été affaire payante. Dans l’Est du Canada ils sont exemptés d'impôts. Depuis quelques années, la Pro-

* vince de Québec donne une allocation de-dix mille piastres

par année aux Collèges classiques pour leur permèttre de vivre. Malgré cela, pour mettre les bouts ensemble, il faut que les prêtres qui se dévouent à ces oeuvres travaillent pour la

. nourriture et un traitement qui varie de cent à deux cents . - piastres par année. ’

- “Aux Etats-Unis, quelle que; soit l’importance des .cons-. tructionis et l'étendue des terrains qu’elles occupent, les oeu-, vres d'éducation et de charité sont exemptes d'impôts.

“Ici, le Collège de St-Boniface a dû payer en 1923 la:

somme de $9,250.00 d'impôts pour le terrain qu'il occupe en tenant compte de la partie exemptée‘en vertu de son-affiliation à l'Université. Le dernier compte de taxes, du Petit Sé-

minaire a été de $5,936.00. C'est plus de quinze mille piastres .

d'impôts annuels qui pèsent sur l'éducation secondaire de

. St-Boniface.

“Cette seule considération nous et probablement forcé à fondre les deux oeuvres en une et à affecter l'immeuble du Petit Séminaire à d’autres fins.

“L'incendie du Collège est venu compliquer le problème

-ou le simplifier en nous mettant devant une impossibilité.

Pour rebâtir sur les ruines comme nous l'aurions désiré avec

toute la population de St-Boniface, il nous eut fallu au rhoins :

Le +

de

$400,000. La souscription ouverte à l’occasion de l'incendie

‘ a produit $72,993. et les assurances sont loin de couvrir la dette du Collège incendié:. Nous sommes profondément reconnaïissants à tous les généreux donateurs qui ont bien voulu nous aider à relever le Collège de ses ruines; cependant nous n'avons pas atteint la somme nécessaire à la réalisation de nos désirs. L'oeuvre du Collège de St-Boniface doit continuer, et elle continuera, mais après avoir subi une modification de cons-. truction de site. :

“Un agrandissement s'impose. L’immeuble du Petit Sé- . minaire a été construit pour-cent éièvés et le Collège en compte deux cent cinquante. Même eïf voulant rester modestes et” économiser dans toute la mesure possible, il est douteux que nous puissions nous en tirer à moins de cent mille piästres.

“{1 y a une large place, on. le voit, pour les $72,993. déjà

"7 "versés et.les $13,539. qui restent à percevoir.

“C’est un grand soulagement pour l’Archevêque de St- Boniface d’être assuré que l'oeuvre du Collège, sous l’habile direction de la Compagnie de, J és, ira son chemin, car nous étions menacés au coeur même/de la résistance religieuse et nationale. .

“Les anciens élèves du Collège ont voulu unir leurs voix à celle du R. P. Recteur, et je vois qu'ils ont su faire le choïx de leur interprète. Cette expression de sentiments me touche; - : à titre d’ancien étève du Collège elle m'est doublement agréable. ‘ “L'Eglise et la patrie canadienne comptent pour ‘nous. .Les peuples qui-sont privés-de classe dirigeante sont à jamais condamnés à l’infériorité. C’est le Collège de St-Boniface qui est appelé à nous donner la classe dirigeante dans cette partie du pays. ° ‘ “J'en fais ici la confidence, j'ambitionnais de voir une ‘Université catholique couronner l'oeuvre du Collège de St- Boniface. Le Collège a une belle propriété. Vingt acres de terre en pleine ville sont plus qu'il ne faut aux besoins présents, c'eût été peu pour l'oeuvre universitaire que nous am- :bitionnons. Pour conserver cette propriété le Collège a payé plus de $70,000 d'impôts depuis dix ans. La Compagnie de Jésus peut se rendre le témoignage d’être’ allée jusqu’au bout de ses forces pour conserver cette propriété aux fins d’éducation. Nous comprenons facilement que les conditions actuelles rendent le fardeau intolérable à une oeuvre d'éduca- ! tion qui n’émarge pas au budget public.

“Ce n’est pas sans sentiment de tristesse que nous voyons glisser cette belle propriété et avec elle nos rêves d'averir

42 LES Datës -MÉMORABLES DU COLLÈGE DE SAINT-BONIFACE \ d'une Université catholique. Nous nous inclinons devant Tinévitable, nous n'avons qu’à dire notre. “fiat”. Du haut du ciel, espérons-le, nous verrons un: successeur mettre le couronnement d’une Université catholique à l'oeuvre du Collège de St-Bonijface.-Ce; sera rendre un fier service à tout cet Ouest canadien qui s ‘oriente, pour son, malheur, vers. la neutralité

scolaire à tous les degrés, depuis l'Université jusqu'à l’école primaire.

“Les Pères de la Confédération. fidèles aux” traditions chrétiennes des hommés de ce temps-là, ont voulu l’enseignement chrétien partout au Canada. L'enseignement neutre qui à prévalu dans l'Ouest a orienté cette païtie du pays vers , l'abime. Qu'il plaise à Dieu de faire ouvrir les yeux à temps à ceux qui ont les responsabilités du pouvoir.

“Dans la mesure de nos forces nous resterons fidèles à Vautre idéal, le seul capable de procurer le bonheur aux individus comme à la société, le seul digne d'hommes ayant Dieu pour maître et une âme immortelle à sauver. Que Dieu protège notre pays contre la réalisation de la parole du prophète: “Sache donc et vois combien il est mauvais et amer. d’avoir abandonné Jéhovah ton Dieu.” (Jér. Ch. Il, V, 19)

“C’est pour nous une immense consolation de voir, notre oeuvre d'enseignement secondaire entre les mains de rire Compagnie qui a donné à la Sainte Eglise des champions, au monde savant des lumières, à la patrie canadienne ses pre. miers martyrs et à l'Ouest le premier missionnaire qui ait versé son sang pour la civilisation, dans cette partie du pays.”

1924—La nouvelle aile. à

Le 3 novembre, en la fête ‘de saint Stanislas Kostka, de la Compagnie de Jésus, le R. P. Henri Bourque, recteur du . Collège de St-Boniface, a béni la nduvelle aile, et, le soir, sous la. présidence de S. G. Mgr l’Archèvêque, la nouvelle salle académique, spacieuse et splendide, a inaugurée par uñe séance littéraire, dramatique et/ musica RSA cette occasion, le R. P. Recteur, en sa qualité dé président'de la Corporation du Collège, a lu la déclaration /suivante:

“Les membres de la Corporation du Collège, de St-Boniface sont heureux, à l’occasion de la bénédiction ‘de l'aile récemment terminée, de rappeler au public que le. Collège fonctionne maintenant comme autrefois, avec un enrôlerñent de 296 élèves, mais qu'après le désastreux incendie de 1922 qui

K- détruisit l’ancien collège, il leur eut été impossible de poursuivre leur oeuvre d'éducation, si Sa Grandeur:Mgr-Béliveau, archevêque. de St-Boniface, n ’eut mis à leur ‘disposition lim

De BETATR RG AR NET . - .

meuble du Petit Séminaire diocésain, si une importante souscription des catholiques de l’'Offest et de leurs amis de l'Est ne leur eut procuré les fonds requis pour son agrandissement, et si le Gouvernement de.la Province de Québec n'eut, avec un empressement. et une générosité qui l’honorent, offert une magnifique souscription de.$25,000, qui permit de commencer, sans tarder, l'érection de.la.nouvelle aïle.complètement conistruite à l’épreuve du feu. |

“Les membres de la Corporation tiennent à exprimer leur reconnaissance à tous les bienfaiteurs qui leur sont venus en aide, particulièrement au Comité de Reconstruction et au Gouvernement de la Province de Québec. Dans l'impossibilité où ils sont de remercier chaque bienfaiteur individuellement, ils prient les journaux de bien vouloir faire écho à l'expression de leurs sentiments de gratitude. ‘

Henri BOURQUE, S.Jj., Président.” (Extrait des Cloches de St-Boniface, 1924, 209)

Le même soir, le Père Longpré, S.J., donna une conférence sur la “culture classique”. .

1925, mai—Le R. P. Joseph Desjardins est nommé recteur.

1925, septembre—Suppression du cours anglais, : : ‘en. prévision de la fondation du Collège St-Paul, à Winnipeg, le 15 septembre. ,

Ce collège est d’abord confié aux RR. PP. Oblats de la nouvelle province Ste-Märie de Régina, composée des religieux allemands et polonais de la Congrégation au Canada.

Il passa ensuite sous la direction de prêtres séculiers. Il ést maintenant aux mains des Jésuites de la province anglaise depuis 1933. Il jouit d’un bon reñom et d’une belle prospérité.

.La suppression du cours anglais se fit progressivement, En 1925 seulement les “Latin Rudiments” furent supprimés.

- En même temps on s’efforça de fortifier l'enseignement de l'anglais dans le cours français. = -*..

. Cette suppression, une des suites indirectes de l'incendie, fut, sous un certain rapport, une diminution du Collège en

nombre et en influence. | D'autre part, elle donna satisfaction aux légitimes aspi-

rations de l’un et l’autre groupe; les catholiques de langue

. anglaise furent heureux d’avoir un collège bien à éux, dirigé

selon leur mentalité. Le groupe canadien-français ne le fut

‘pas moins de donner à sa grande institution un caractère plus

franchement national, d’en intensifier la culture française qui

en fait un’instrument puissant de survivance et de vie fran- .çaise au Manitoba.

1926, septembre—-Le cours classique de huit ans est rétabli.” Raison principale: il fallait une année de plus pour forti-

fier l'enseignement du français, trop souvent défectueux dans’

les écoles à base anglaise de la province. Ce défaut est de plus .en plus corrigé par suité du bon travail de l’Association d'Education et du dévouement des instituteurs êt institutrices laïques, religieux’et religieuses.

Plus tard, en 1931-32, le cours anglais fut à à son tour réor-

ganisé par le R. P. Faure, recteur, et le-P. Brunet, S.J. L’'or-

ganisation porta moins sur la quantité de classe que. sur. le

programme et les manuels. y L LL

LR os ee pr

1929—L'Oratoire dei “Mortyrs. ES ES . Le 6 mars on ouvre au public l’Oratoire des Martyrs ‘Canadiens. Les fidèles s’acheminent en nombre toujours crois-

sant vers ce sanctuaire; ils obtiennent des faveurs insignes.

-- C'est le R. P. Joseph Desjardins, S.J., qui en fut le fondateur, constructeur et promoteur insigne.

Hélas! un jour devait arriver —ou plutôt une période: celle de la dépression financière, où le Collège aux aboïis; ne put plus soutenir l'effort financier qu'exigeait l'entretien du

sanctuaire. Il dut être fermé. On est actuellement à l'amé-

nager en poste de Radio française. O Providence . .. et-vengeance de saints!

1930-—Le R. P. Ferdinand Faure est nommé recteur.

1933, 25 juillet-—Mgr Emile Yelle, P.S.S.

Nomination de Mgr Emile Yelle, P.S.S., évêque coadju-

teur de St-Boniface, par suite de la maladie de Mgr Béliveat.

Le 21 septembre, consécration à léglise.Notre-Dame, de Montréal, : Lee

Le 18 octobre, arrivée à St-Boniface. Réception au Collège le 24.

1933-—Le KR. P. Joseph Béliveau est nommé recteur. Il est un ancien élève du Collège.

1934, 11 avril—L'Association des Anciens Elèves du Collège est reformée.

A cette date, environ 200 anciens élèves se réunirent pour

. reformer, définitivement, cette fois, l'Amicale qui n'avait pas

été convoquée depuis plusieurs années, les circonstances ne s'y prêtant pas. -

Extrait d’une lettre de Mgr Yelle: “J’ai lu avec-un-wvif

intérêt l’appel aux Janciens du Collège . .. Je souhaite de tout ès de la réunion: selon le programme que

coeur le plein suc | l’on s’est fixé, que l’on rétablisse les contacts . . . que l’on fasse disparaître l’isolement, en un mot que l’on se connaïsse mieux pour s’aider davantage. Je serai avec vous de tout coeur et

je bénis le bon travail qui se fera.”

| M. Louis-Philippe Gagnon, représentant du Comité qui avait fait le travail préliminaire de la réunion, définit le but de la -réunion actuelle qui est de faire revivre notre association. Il insista sur le devoir pour les anciens de se grouper autour de leur Alma Mater, et sur les avantages qu’il y a pour

* eux de resserrer Îles liens de leur amitié par des rencontres

plus fréquentes. Il fit ressortir l'importance du cours classique et termina en annonçant que, l'an prochain, l'Association cé-

lèbrerait dignemént l’arrivée des Pères Jésuites à St-Boniface..

M. Thomas Beaubien, avocat de Winnipeg, donna lecture d’un projet de Constitution. É'article second se lit comme suit: “Le but de l'Association est de renouveler et de perpétuer les liens d'amitié qui doivent unir les anciens élèves du Collège entre eux; de réveilleï et de fortifier l'amour filial qu'ils doivent avoir. pour leur Alma Mater; de déterminer un esprit

d’entr’aide agissant entre le Collège et Jes- Anciens Elèves,,

comme aussi de lui aidér à atteindre le but qu’il se propose dans l'éducation de la jeunesse.” - :

La cotisation demandée aux membres fut fixée à un dol-.. . -.

lar. M. Louis-

hilippe Gagnon fut élu président. T7

: 1934, 28 avril jau 5 mai—Bazar.

La grande crise financière commencée en 1929 sévissait

et mettait en/ danger l'existence même.du Collège. Le Père Joseph Beaupré prit, l'initiative d'organiser un bazar. Monsieur le magisträt; Lacerte en fut-le président très actif. L’Association des Anciens EkVes fit appel à la générosité du public. Le bazar réussit très bien et rapporta la somme de $3,200. En même temps, le R. P. Béliveau, recteur, obtint $1,500. d’aumônes de différents bienfaiteurs de la province de Québec.

1934—-M. Sidnéy Smith est nommé Président de l'Université.

En 1934, à la demande des gouverneurs, Monsieur Sidney Earl Smith, doyén de la faculté de droit de l’Université de Dalhousie, N.-E., succédait au sympathique M. J. À. McLean. Dès son entrée en charge, il se révéla non seulement un homme accueillant et large de vues, mais encoré un esprit droit et de vue juste, un intellectuel classique et un administrateur moderne. Durañt ses dix années (1934-1944) il travailla avec la

‘même énergie au relèvement de l’état précaire des, finances

et au développement de la vie interne de l'Université.

Eh 1936 les statuts étaient soigneusement revisés par un bill du Parlement sous le nom de “The University of Manitoba Act”. Voir préambule, $ 1.

Le Bureau des Etudes devient le Sénat. $ 25. et ss.

Les Collèges conservent leur autonomie interne. $ 54 et ss. Le Coïlège de St-Boniface son cours français.

1935, 12 noyembre—Fêtes du Cinquantenaire

des Jésuites au Collège.

Vers 8 heures et demie eut lieu la réception publique à à laquelle le monde officiel avait été convoqué. En présence des Archevêques de St-Boniface et de Winnipeg, de Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur, du Premier Ministre de la.

Province, du Juge en Chef, du Chancelier et du Président de .…-

l'Université, des membres de la législature, du. barreau’ et : autres professions, cette brillante soirée s’ouvrit pèr ‘le discours de M. Ls-P. Gagnon, président des Anciens Elèves.

Mais nous ne pouvons pas même résumer Toûs les dis-

| cours de. ges journées. Nous le ferons dans la Chronique.

Le lendemain, il y eut messe pontificale chantée par Mgr Prud’homme, ancien élève; sermon par M. l’abbé Sabourin, ancien ‘élève. “1 insista sur l'excellence des études des Pères Jésuites comme règle de vie. Il montra leur rôle formateur en disant que ces études apprennent à penser et à agir selon” les lois du droit et du bien.” (La Liberté, 20 novembre 1935)

Les fêtes se terminèrent par une soirée offerte par les Anciens. M. l'abbé Rocan, l’un des deux premiers prêtres SO tis du Collège, rappela le souvenir des jours qui ont précédé la venue des Pères. Son Honneur le Juge Bernier, ancien élève, dans une éloquente conférence fit l’éloge de l'éducation des Pères Jésuites. Il montra comment cette éducation est : nécessaire de nos jours, alors que tant d'erreurs menaceñt” d'empoisonner les esprits. En termes élogieux, i il dit toute sa reconnaissance aux Pères Je ésuites.

; Un groupe d’Anciens avaient préparé “Le Médecin mal-

gré lui” de Molière. Cette comédie fut-rendue avec grand

succès. L'acteur principal, M. Joseph Landry, fut à la hauteur

- de sa réputation et émerveilla ses auditeurs. Un groupe im-

portant d'étudiants universitaires étaient présents; ils se sont déclarés enchantés de cette délicieuse comédie. |

.. Ala réception du 12, leR. P.J oseph Béliveau avait ädres-

sé les remerciements du Collège aux orateurs et aux promo-

teurs de ces fêtes. :

” 1935, novembre-décembre—Second bazar. | - Gé-fut l’épilogue des fêtes du cinquantenaire et le résulfat' tangible de la sympathie du public. Il rapporta -la-iolie somme de $5,500. Monsieur le magistrat- Lacerte en fut l’organisateur. ‘ | ‘ ‘ cette occasion, la Canada Packers (gérant, M. Harris) souscrivit la somme de $2,500 pour l'éducation d’un élève durant dix ans. ‘

Un peu plus tard, le Père W. Harris, S.J., de la province

anglaise, professeur d'anglais au Collège, fit une tournée (une

“drive”) dans les maisonk d’affaires de Winnipeg et collecta environ $8,000, . — - |

-1936; 21 mdi—Visite de Son Eminence | le Cardinal Villeneuve, .O.M.I.

. e R. P. Béliveau, S.J., recteur, l’accueillit en ces termes: “C’est avec fierté que le Collège de St-Bonifaceireçoit aujour- ‘ d’hui notre cardinal canadien, le plus hdut dignitaire de no- .tre Sainte Eglise en notre pays, l’Archevêque de Québec, le Chancelier de l'Université Laval.

“C'est à ce dernier titre, spécialement, que nous avons l'honneur de vous recevoir ce soir. Î :

. -. “C'est l'Université du Manitoba | ui vous reçoit aujourd’hui par nous: ses si distingués représentants, en par- N ticulier M. le Président Smith, les membres du bureau des

Gouverneurs et du Conseil, ainsi que les présents professeurs “universitaires, sont ici pour l’attester.

© “Nous voulons donc profiter de la rencontre—par votre visite-des deux universités pour expliquer la situation particulière de notre Collège dans l'Université du Manitoba. ‘: . “Le Collège de St-Boniface fut à la base de l'Université du Manitoba, -en fondant celle-ci en 1877 avec le Collège St. . John et le Collège Manitoba. Plus tard, d’autres collèges vin- : : rent s’adjoindre à nous. En 1917, l’Université du Manitoba, agrandie, devint université d'Etat ét enseignante.

ne

“A ce moment, une entente cordiale sanctionna notre situation particulière en reconnaissant notre cours de philosophie latine comme partie intégrante de l’Uniyersité.

“Enfin, cette année même, la législatur Manitoba, par une revision légale des statuts universitaires, confirma notre programme d’études, l'autonomie de nos règlements in-

térieurs, l'emploi de la langue française dans l'enseignement. et aux examens.

__ “Nous traçons cette esquisse, Fininence, afin de faire ressortir deux points surtout:

“D'abord la largeur de vues, la sympathie, la bienveil-.

lance dont jouit dans l’Université du Manitoba le Collège de

St-Boniface, et, en lui, l'Eglise catholique: ét l'élément fran-

çais de notre province,

“Pour caractériser nos rapports mutuels, le mot tolérance

“est insuffisant: c'est amitié qu'il faut dire.

“Vous pouvez donc redire, làä-bâs, dans votre vieille et historique cité de Québec/dans votre illustre université, qu'ici, au Manitoba, vos frères en religion et par le sang et par la langue, jouissent, à l'Université, d’un régime qui, tout en sauvegardant leur vie catholique et ethnique, assure en même temps, par statut légal et bonne entente, une collaboration féconde dans le doraine national. :

“C’est -ce qy6nt compris les hommes éminents qui dirigent l'Université du Manitoba,—et qu’ainsi notre position particulière, loin d’être en opposition avec la vie commune uni- versitaire, n est au contraire un enrichissement, C’ést la va-riété dans l’unité.

“Nous voulons aussi signaler le Éen qui nous rattache à , votre grande institution.

“L'Université Laval, c’est, dans la grande province, Jincarnation vivante de notre idéal catholique et français. Mieux encore, c’en est le foyer: foyer ardent, lumineux et rayonnant qui éclaire par sa doctrine et vivifie par la flamme de ‘son idéa-

. lisme les intelligences et ‘lés coeurs de notre race. ‘

“Le Collège de St-Boniface, c’est l’Université Laval ... en miniature. %e

“Il s'efforce d'accomplir ici, dans son: humble sphère, ‘ l'oeuvre de vie spirituelle et nationale que vous accomplissez là-bas. Il veut être, lui aussi, un: “foyer vivifiant auquel notre jeunesse viendra alimenter Ja flamme de sa vie.

“C'est dans cet esprit que nos Anciens Elèves ont adopté cette lumineusé devise: “Quasi cursores vitae lampada tra-

un LE , | : ,

tout cela périsse!”

“Ce flambeau, nos pères l’allumèrent au vieux foyer québécois; ils nous l'ont transmis comme un héritage sacré; con- “<érver cet héritage c'est notre raison d'être, nous ne l’oublierons jamais. :

.“Eminence, cette flamme, vous venez la raviver . Mieux que tout autre, vous pouvez le faire et par vos nombreuses dignités officielles et par votre magnétique personnalité et par le cours providentiel de votre carrière. C’est la Providence, en effet, qui, avant votre accession au Cardinalat; vous envoya dans nos prairies. Là, vous fîtes l’oeuvre grandiose des héroïques. -missionnaires de votre Congrégation et des grands évêques-Oblats- Et vous avez dit: “{ ne faut pas que

“Au Collège de Gravelbourg, que vous. avez sauvé du naufrage, vous avez continué l'enseignement que vous donniez auparavant comme professeur à à l'Université d'Ottawa et que vous alliez parfaire à celle de Laval: ‘“Docere quis sit Christus”, programme qui devint la devise de votre Cardinalat. Là, vous fûtes témoin, ouvrier, soldat et général des luttes de nos minorités pour leur survivance. Et lorsque la même Providence vous appela au poste éminent que vous occupez maintenant, comprenant notre situation, nos difficultés, nos’ aspirations et nos espoirs, le 25 juin 1935, en la fête de Saint: Jean-Baptiste, au Château Frontenac, vous avez lancé un mot d'ordre qui retentit profondément en nos coeurs: ‘“Sachons prendre notre place commeles hommes, non point seulemént . dans la province de Québec, mais dans le Canada au total, dont nous sommes aussi. -

“Et vous avez protesté alors avec forre contre l'abandon’, :

.de vos frères et de vos fils des autres provinces,-—ét Vous avez ‘

cité cette autre parole d'un autre de nos grands évêques de” St-Boniface: ‘Nous ne recoïnaissons à personne le droit d’arrêter les Canadiens français à la frontière de Québec et de. leur dire: ‘Hors de là, vous n'êtes plus chez vous! ;f

‘“‘Eminence, à cette heure où, là-bas, s'élèvent des voix

‘minoritaires, déjà trop nombreuses, pour nous séparer de la

grande famille, votre passage au milieu de nous est non seulement une joie, une fierté, un réconfort, mais aussi un espoir.”

A cette même réuniôn, M. le Président Smith présenta . ses hommages au Cardinal au nom de l’Université du Manï ; toba.….Il se plut à faire l’éloge du Collège de St-Boniface età. dire tout: le bien qu'il accomplit dans la province. M. Smith n’admet pas qu’on laï$se de côté la formation. morale et qu’on se contente de développer lés facultés intellectuelles. C'est uné conviction qu'il a déjà exprimée plusieurs fois.

PR

Le distingué: Président a tenu à rappeler à Son j—

‘. nence que ce sont des hommes de sa religion et de $a race

: ss

* qui ont allumé les premiers le flambeau du savoir sur les bords de la Rivière Rouge. On peut dire que l’Université du Mani-

toba est la fille des Collèges de SEB Boniface, St. John et Mani-

toba.

Le. Cardinal; en: réponse, prononça.ces. paroles significa- .

tives: “Nous sommes chez nous dans toutes les parties du pays, que les découvreurs de langue française, les premiers, et les

-.découvreurs de langue anglaise, ensuite, ont contribué à nous

‘donner, Notre idéal doit s’incarner dans cette réalité: édifier ‘le Canada dans l'union et la cohésion des ‘deux éléments qui ont besoin: l’un de l’autre.

. “Ce n’est: pas, dans l'abdication; dans l’anéantissement de votre caractère personnel, mais dans la belle fierté

-“de‘votre race, que vousVous êtes montrés en pleine valeur aux Anglais. C'est ainsi qu’ils ont pu constater quelle. richesse

/ représente l'apport de notre élément'et que c’est tout le pays . qui s'en trouve enrichi.” (La Liberté, 3 juin 1936) : FES

on

- Cette visite fut réellement une grande dâteidan ans V’his- -

toire du Collège, et par la haute personnalité du visiteur, et

par ce qui s’y est dit en présence des sommités intellectuelles de la province du Manitoba.

1936, août—L'Institut Collégial St-Joseph est affilié au Collège de St-Boniface.

- L'Institut Collégial St-Joseph, dirigé par les Soeurs des

Saints Noms de Jésus et de Marie, est affilié au Collège de St- Boniface. Deux Pères du Collège donnent aux religieuses et aux élèves de cette institution des écurs de philosophie et d’écriture sainte. É .

1940—Le R. P. Martial Carori est nommé recteur.

C'est un ancien élève du Collège.

.- 1940, mai-gglg Perception des Bourses.

La situation financière du Collège était toujours grave.

Et même elle s'aggravait de deugéganières. D'abord par une.

très inquiétante diminution du “hombre des élèves: 22 aux

éléments latins; puis par la difficulté de percevoir le prix né-°

cessaire à la vie de l'institution. Il semblait que le public ne se rendait pas compte de l'importance de l'oeuvre non plus

que de ses nécessités financières pour contintièr. Il aurait donc . fallu fermer les portes et abandonner le Collège. Cela signi-

fait la disparition rapide de l'élément français au Manitoba. C’eût été un désastre, un déshonneur, un suicide national.

* LES DATES MÉMORABLES DU COLLÈGE DE .SAINT- BONIFACE" UT 51 Alors” Le dléfgé dir dioéèse de’ StBonifage, patronfé.par Son Excellence Mgr Yelle-et secondé par un groupe: de laïques x zélés, se mit spontanément en marche pour sauver le navire ” en détresse. TT , Le moÿen trouvé fut l'oeuvre de la Perception des Boursès pour le Collège. __— Un Comité se forma qui érganisa une quête annuelle dans . 1. : toutes les paroisses du. diocèse de St-Boniface. Comme tou- . | jours, donnant J'exemple, les prêtres taxant leur austère pau- | vreté, souscrivirent chacun $50, plusieüurs davantage. Les communautés religieuses en firent autant. Puis on s’adressa aux fidèles des paroisses. La somme recueillie annuellement est, en moyenne $7,000. ° Cette somme n'est pas donnée directement au Collège, . Mais répartie en bourses d’études, destinées à compléter le prix régulier que, en bien des cas, les parents ne peuvent payer intégralement. Ainsi l'aumône accordée va d’abord aux enfants et à leurs familles. Le Collège ne recoit que le juste

prix nécessaire à sa subsistance... 7 ta . et # + # :

La campagne fut lancée officiellement par le R. P. Béliveau, S.J., recteur, qui, dans un discours à la radio, exposa l'oeuvre du Collège et en fit ressortir la valeur éducatrice.

- Monsieur Sidney Smith, Président de l’Université, donna une nouvelle preuve de sa bienveillance au Collège en s’adressant au public de langue anglaise dans un discours également irradié.

Monsieur Charland Prud’homme lança une’ émission émouvante aux Anciens dont il était le Président.

Enfin, Son Excellence Mgr Yelle fit à la radio un appel

4 ‘à ses diocésains, appel qui fut remarquablement efficace. : ‘ À cause de l’extrême importance de ce document, nous . le citerons presque en entier, aujourd’hui encore il garde sa * . valeur d'actualité. ‘ , |

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