POUR AIDER LE COLLEGE DE \ET-BONIFACE
à ‘ Allécution de Son Excellence’ Mr. E Ile, P.S.S., ‘ ° au poste CJRC, le 4 maï 1940.
“Dans l'océan de la prairie | w.
Et des -blés du Manitoba; Tu parais:une île fleurie \,; es
Où le regard de Dieu tomba." Ke &
C’est ainsi que les anciens du Collège de St-Bôniface sa- D luent léur Alma Mater, la vieïlle institution qui, depuis 122. ans, à travers bien des péripéties, bien des difficültés, bien
des épreuves, a donné au Manitoba, ‘au Canada, à l'Eglise,
une armée de citoyens éclairés et de fils vaillants.
Pour que le vieux collège continue sa lourde tâche, pour qu ‘11 reste l’île fleurie où le regard de Dieu tomba, il lui faut aujourd’hui la collaboration de toutes les bonnes volontés.
L'existence même de l'oeuvre accomplie par le collège he peut être mise en ‘discüssion, quelles que soient Îles difficultés à surmonter pour l’assurer.
Le Collège de Sf-Boniface est nécessaire à l’Eglise-eatho-
‘lique au Manitoba:-e%st le seul centre de recrutement sacer-
* dotal et“de préparation au Grand Séminaire pour le diocèse - de St-Boniface. |. ,
Jusqu'à présent, le recrutement local n’a pas suffi aux besoins du diocèse. Le temps semble bien venu où nos 50 paroisses, nos 12 à 15,000 familles catholiques peuvent et doivent fournir à l'Eglise les enfants qui nous permettront d'or donner régulièrement deux ou trois#brêtres par année pour le diocèse. De plus, les communauwk£s religieuses qui se dévouerit dans le diocèse et les missions catholiques de l'Eglise entière ont droit de compter au moins sur quelques recrues de la part du plus ancien diocèse de l'Ouest canadien.
‘ Au sein de l'Eglise catholique, un diocèse n’est complètement organisé, que lorsqu'il peut se suffire à lui-même, et ..
prendre sa part des préoccupations et des responsabilités générales de l'Eglise. Il est temps que tous nos catholiques comprennent cette nécessité; il est temps que du sein de- chaque famille vraiment catholique la préoccupation de fournir des prêtres à l'Eglise s'affirme de façon pratique et efficace. C’est là une dette sacrée due à Dieu et à sor Eglise. “
Or le travail de préparation lointaine au sacerdoce doit se
faire par des études suivies et appropriées, par ure formation chrétienne sérieuse et prolongée.
4 pme
Tout ce travail sè fait, pour nous, au Collègé-Séminaire de St-Boniface.
* De plus, après avoir été. longtemps le seul collège ‘las: |
sique de l'Ouest canadien, le Gollège de St-Bon iface demeure la seule institution’au Manitoba qui assure a jeunes gens de langue française une formation intellect aux
vance ethnique; l'institution où’se portent d'instinct les re-
< gards delceux qui se préoccupent d'assurer des chefs à notre. Un «groupe de langue française. ?
Sans doute; des servicés inappréciables noÿs ont été ren: dus êt-nous le sont encore/par des concitoyens qui n’ont pas
ù e supérieure conforme à nos traditions et aux’ efigences de notre survi-
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GOLLÈGE DE SAINT-BONIFACE 53 - ef : + :
passé par le-Collège; maïs de plus en plus, semble-t-il, il nous faudra cesser de cornpter sur des chefs venus de l'extérieur, et de plus en plus nos jeunes auront besoin d’une forte forma- . tion intellectuelle et morale, si nous voulons conserver lin-. fluence et la considération auxquelles nous avons droit dans .”
tous les domaines de la vie publique.
Ce n'est pas le temps ici d'insister sur la formation intel-" lectuelle supérieure, ni de discuter les adaptations de surface qu’il pourraifrêtre opportun d'introduire dans notré système d'enseignement classique: Qu'il suffise de rappeler qu'à . l'heure actuelle, à l’heure où les nations s’entre-choquent dans 4 une guerre dont les conséquences menacent les as$ises même de notre civilisation, à une heure où tout est remis en ques- ‘tion, où les esprits semblent pris de vertige, où les opinions les plus invraisemblables ont chance de se trouver des auditeurs, où les systèmes et les théories les plus embrouïllées se font des apôtres, il est important plus que jamais de défendre et de développer, non seulement la foi qui vient directement du Ciel, maïs encore le bon sens et la raison, les principes de droit naturel et les vérités.premières sur lesquelles s’établissent l’ordre et l'entente eritre citoyens à l’intérieur des nations, le respect du droit même quand il n’est pas appuyé par la force, la fidélité à la parole donnée, la confiance réeïifroque dans. les relations internationales.
Or. le bon sens ne peut être éclairé à fond, la raison hy- ? maine ne peut se développer dans le sens de Ia lumière et de la vérité, sans des études sérieuses et longues qui, apparemment, ne donnent pas de résultats immédiats, appréciables à prix d'argent, précisément parce que ces résultats sont d’un ordre plus élevé: l’ordre des idées qui doivent diriger la vie, .
‘des principes fui éclairent, de la vérité qui, libère de tous. les esclavages...C’est le but premier poursuivi par le cours classique; c’est l'explication aussi du fait que cès études ne sont pas toujours appréciées à leur valeur, parce que les bienfäits qu’elles nous assurent deviennent partie de nous-mêmes et passént inaperçus comme l'air que nous respirons:
C'est dire que la société civile et l'Eglise, notre groupe ethnique et la patrie ont besoin’ du travail qui s'accomplit au Collège de St-Boniface. . it
Le Collège est donc nécessaire; l'oeuvre qu'il accomplit est donc indispensable: il: suffit d’un peu de réflexion: pour ‘ le comprendre. Il faut donc qu’il vive, il faut qu'il se développe; il lui faut les moyens d'accomplir sa mission:
"= Quels sont ces moyens? , ° UE ‘
Il faut des élèves en nombre suffisant et l'argent néces-
9 * . : Les ‘
Se” 4 En
saire pour boucler le budget anriuel. Il fant des élèves en plus grand nombre et il faut pour chaque ‘élève la somme nécessaire qui assürera le paiement des dépenses d'adminis- . tration et d'entretien, Y compris le service des intérêts.
L'autre moitié 4 a été trouvée et fournie par le ‘dévoue- ‘ ment inlassable des RR. PP. Jésuites, et pour le passé, les déficits d'administration ont été comblés par des sommes données par des bienfaiteurs de l’6euvre, sommes qui nor-
malement auraient dû être employées À à-diminuer la dette du Collège.
Il.est de mon devoir de rendre ici un hommage public; au ñom du diocèse de St-Boniface, à la Compagnie de Jésus pour l'oeuvre qu’elle a accomplie au Collège: Depuis 1922, c'est en plus du travail de direction et d'enseignement, une somme de plus de $100,000 qui a été fournie par la Compagnie à l'oeuvre du Collège. Et cependant, les RR. PP. Jésuites ne travaillent pas pour eux-mêmes. Le Collège ne leur. appartient pas. Ils travaillent pour nous; le collège est une institutioh diocésaine. Ce travail tet ce ‘dévouement, tout le dio<” cèse doit les reconnaître.
Il faut aussi que tout le diocèse et tous ceux ce qui s’inté-
ressent à l'oeuvre du Collègé comprennent que la situation ‘actuelle du Collège ne peut durer; il nous faut des élèves . en plus grand nombre, et il faut trouver pour chaque élève la somme minimum qui assure un budget normal. .
Je fais appel d’abord' aux familles qui confient leur enfant au Collège. Je sais qu’il en est.un bon nombre qui font leur possible; mais il en est aussi, qui s ’imaginent que le Collège leur doit l'instruction de leur fils et qui ne se préoccupent pas, quand elles le pourraient facilement, d’acquitter-
.leur dû envers le Collège. Je demande à ces familles de se rendre compte ‘qu’il y va de l’avenir ‘du Collège, je leur demande de mettre à payer le coût de l'instruction de leur fils
‘ la fierté qu elles mettent dahs l’organisation moyenne de leur vie:
11 reste qu’un bon nombre d'enfants aptes à faire des études classiques ne sont pas en mesure de payer complètement les frais de leur instruction; c’est pour eux que nous voulons organiser l'oeuvre des bourses, c'est pour eux que nous vous.
. tendons la main.
Je m'adresse au clergé et'aux communautés religieuses: le Collège de St-Boniface est une institution diocésaine nécessaire à tous, une-institution à laquelle nous-devons apporter quelque chose des préoccupations que nous avoris dans
nm 5»
LES DATES MÉHORABLES ‘DU COLLÈGE DE SAINT-BONIFACE 55 l'exercice de nos ! propréë, responsabilités, dans le champ d’actiori où nous place la Prôvidence. Que les RR. PP. Jésuites . ne se sentent pas des isolés, dans le travail qu’ils. font pour nous! sie # “, .
Jem ‘adresse à à ceux"à qui là Providence a dohné quelque aisance. Fondation d’une!bourse. ännuelle, paiement complet ou partiel d’une pension EL élève, legs’ bar testament à l'oeuvre des bourses, don de quelqüe nature, de duelque- -montant que . ce soit. Les biens que Dieu 4-mis entre vos:mains ne peuvent . être employés à un usage plus fructueux et pluS“éharitable.
Je m'adresse aussi à ceux qui n’ont guère que les ‘Tèvenus qui: assurent le pain quotidien. Les petites aumônes accumi ‘lées sont d’un grand secours, et quand elles sont le fruit du sacrifice et de la conviction elles attirent les bénédictions -du-bon Dieu. Pères et mères de famille, jeunes gens et jeunes . filles, si vous n’ avez pas parmi vos proches d'élèves au Collège, dites-vous. qu’ en aidant le Collège, en aidant. à payer - l'éducation d’un jeune homme, vous remplissez ur devoir so- . cial, vous faites’ oeuvre catholique et patriotique. ‘: |
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= . A'tous je demande de répondre avec générosité à l'appel qui sera -fait pour le Collège-de St-Boniface.du 19 mai au 9
‘ juin, et je demande à Dieu de répandre ses’bénédictions ei abondance sur tous ceux qui, d’une: âme sus et d'un coeur généreux, entendront cet appel.