‹ 1885-1945: les dates mémorables du Collège de Saint-BonifaceChapitre 2 sur 17 · FO · texte numérisé non relu

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Ancienne Académie Provencher.

fidèles de cette ville, voulant remplir une des conditions exigées par le Souverain Pontife pour se procurer la grâce du jubilé, firent en faveur de la Rivière Rouge une collette qui s'éleva à la somme de 364 louis (environ $2,000.) et qui devait être employée à fonder une école. (Dom Benoît, I, 290)

1860—Les Oblats reprennent la direction :

du Collège. . i

Par suite du départ des Frères, “les missionnaires se trou-

- vèrent chargés de l'instruction des garçons de Saint-Boniface,

comme. avant l’arrivée des/Frères, comme‘au temps de Mgr Provencher. Le P. LeFloch fut nommé directeur et maître principal du Collège, et eut M. Oram pour maître adjoint; celui-ci était spécialement chargé de l’enseignement de l’angläi$" "Ces deux maîtres suffirent pendant quelqué temps à

aire. le cours qinstra tion primaire aux commençants, le ‘cours commercial à ce

- classique à ceux qui

x qui étaient plus avancés, et le cours faisaient des études complètes.” (Dom

Benoît, I, 419) 1866-—Monsieur

prend la directi

abbé Georges Dugas , Fe du Collège. .

‘Ce fut‘luÿ qui, en 1867, organisa définitivement l’ensei-

gnement classique, qui n’a jamais depuis été interrompu, On peut lui dégerner en toute justice le titre de second fondateur du Collège de St-Boniface. :

” Ce fut le 15 mars 1871, que s'Oüvrit le premier parlement du Manitoba. Une des premièrés loi$ qu’étudia et qu'édicta

nai 1871 Incorporation-du Collèg : ? 7

le nouveau parlement fut l'“‘Acte pour établir un système

: instruction publique dans cette province”, sanctionnée le ‘8 mai. (Dom Benoît, Mgr Taché, IT, 130.— Toute cette partie - &insi que celle qui se rapporte à la fondation de l'Université

£st reproduite de.cet auteur.) ,

- # . Mgr Taché demanda au parlement, dès sa première ses- - Sion, l’incorporation de $on cher Collège, afin qu’il eût les bé-

;" néfices d’un corps légalement et civilement constitué. L'in- A Corporation fut votée à l’unanimité par-le parlement et sanc- E. tionnée par le Lieutenant-Gouverneur le 3 mai 1871.

Dans la première assemblée de la corporation nouvelle, : tenue le ler mai 1872, “il fut résolu que les persohnes sui- = , vantes seraient ex efficio membres de la corporation: l’ar-

. + : Chevêque, et, en cas d’absence, l'administrateur du diocèse, . ! le directeur du collège, le curé de Saint-Boniface; l’archevé-

° - -que serait président-né; les membres de la corporation ne seraient pas moins de ‘trois et pas plus de sept, tant qu'il n’in-

térviendrait pas une décision contraire.”

Mgr Taché fut toute sa vie président de la corporation, . même après que le Collège aura été éoñfié aux Pères de la Compagnie de Jésus. Le grand prélat aura trop la sollicitude, tant -qu'il vivra, de l'éducation de la jeunesse pour ne pas conserver la haute direction de l'unique établissement de son diocèse. | ' ‘ . | : L'année suivante, le ler mai 1873, Mgr Taché:fournit mille piastres et M. Berthelet, de Montréal, si célèbre par ses bonnes oeuvres, cinq cents pour acheter les lots 72 et 73 de Saint-Boniface au profit du Collège. Nous verrons plus tard . ces lots servir à solder la dette contractée pour la reconstruction des bâtiments.

. 1877—Fondation de l’Université du Manitoba. (Dom Benoît, Mgr Taché, II,. 304) {,

Une université fut fondée au Manitoba en 1877. Mgr

Taché prit.une part active à cette fondation. Le projet d’organisation fut discuté entre l'archevêque de Saint-Boniface, l’évêque anglican, divers membres du clérgé catholique et du clergé protestant, -et plusieurs laïques de l’une et de l’autre’ confession. Mgr Taché voulait que l’Université se contentät,

* -d’examiner les candidats et de donner les degrés; il repoussait énergiquement l’idée d’une université enseignante; car l’enseignement est inséparable de la religion et l'enseigne- | ment religieux ne peut être donné par un corps formé d’éléments qui appartiennent à des confessions différentes, Ses

vues prévalurent. Ÿ

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Sous son inspiration, la-Corporation du Collège de Saint- Boniface, dans une réunidn du 10 janvier 1877, décida que le Collège concourrait à la demande de la création .d'une Université au Manitoba, à la condition que tous, les droits, obligations et privilèges du Collège, comme institution catholique, seraient maintenus, et que le Collège, en s’affiliant à l’Université, conserverait sa parfaite autonomie.” (Registre des délibérations de la Corporation du Collège de Saint-Boniface.)

__- Par une loi passée peu après, les trois collèges établis alors dans la Province, le Collège de Saint-Boniface, catholique, le Collège St. John, anglican, et le Collège de Manitoba, presbytérien, composèrent l’Université; l'enseignement était donné par les collèges, indépendamment de l'Université; l'Université avait seulement l'examen des candidats et la collation des grades; c'était une fédération de collèges.

Cependant, un groupe de protestants, qui avaient dès vues différentes de l’Archevêque, réussit à faire insérer dans la loi, . à la suite des articles qui bornaient les attributions de l’Uni- 77 versité à l'examen des candidats et à la collation des grades; ces mots: “pour le présent”. Une addition de’ ce genre pouvait paraître assez anodine; mais dans la suite, les protestants s’en prévalurent pour créer des chaires d'enseignement, malgré lopposition de l’Archevêque et des catholiques. ‘

L'Université avait à sa tête un Conseil Universitaire composé de 26 membres. Sur ce nombre huit furent pris parmi les catholiques. |

Le 8 septembre 1877, le Collège de Saint-Boniface, en

cceptant l’aïfiliation proposée, “nomme sept personnes ‘pour

e représenter à ladite Université, à savoir, Mgr l’Archevêque,

MM, Lavoie. G. Dugas, Forget-Despatis, J. Dubuc, J.-N.-A.

- . Provencher et Jarvis”. De plus, M. Royal fut nommé vice- .. chancelier. Lu Line ne

La première convocation de l’Université de Manitoba eut lieu le jeudi 5 juin 1879, à 2 heures, à Winnipeg, sous la présidence du vice-chancçelier, l’hon. M. Royal. Onze étudiants se présentèrent aux examens, cinq du Collège St. John, quatre du Collège de Manitoba, et deux du Collège de Saint-

- Boniface. Parmi les élèves qui subirent les examens avec le plus de distinction, on compta les deux élèves du Collège de’ Saint-Boniface, MM. Bétournay et Haverty. (Dom Benoît) ;

Avant de quitter cette question de la fondation de l'Université, appelons-en encore au témoignage de Mgr Cherrier, témoignage irrécusable puisque ce prélat fut, durant trente ans, le représéntant du Collège au Conseil de l’Université.

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"bâti, Mer. Taché se trouva. chargé d'fh

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Voici ce qu’il dit dans un sermon qu’il prononça à l’occasion, du centenaire de la naissance de Mgr Taché: “En 1877, il refusa de prendre part à la fondation d'une université provinciale. 11 lui eut été facile alors d’ébtenir d’un gouvernementoù l'élément catholique-était encore tout-puissant, le pouvoir requis pour l'émanation des degrés universitaires en faveur du Collège de Saint-Boniface; mais il préféra sfünir aux autorités du Collège Anglican de St. John et du Collège Presbytérien de Manitoba, pour ne former qu’une seule université où les trois Collèges seraient des facteurs communs, jouissant chacun d’une parfaite autonomie pour l’administrà-

“ tion. intérieure de ces institutions d'éducation. L'université

devait être formée sur le modèle de l’université de Londres,

”, laquelle alors n'était qu’un corps d’examinateurs, avec un

curriculum commun pour les matières d'examen conduisant

aux degrés univérsitaires, Malheureusement, un mot, “at”

present”—à présent—fut ajouté, on n’a jamais su comment (note de l’auteur: donc, subrepticement), à la marge de la charte universitaire, permettant, dans un avenir plus ou moins éloigné, l'établissement de chaires d'enseignement là où, dans l3 pensée de l’illustre prélat, il ne devait jamais y avoir plus

ue des examens. Ce fut un triste désappointement pour Mgr

aché, qui cessa dès lors d'assister aux assemblées dès mem- :

bres du Conseil universitaire. Du moment que l’Université perdait son caractère propre et distinctif, il réalisait ee ut

ouvrait la voie à un acheminement lent mais Certain à ce/qui :

eut lieu après sa mort, c’est-à-dire, à la création d’une-université d’État, telle que nous devons da subir aujourd’hui.” (Les Cloches de Saint-Boniface, 1923, 214)

Il serait utile aussi de consulter sur cette-question la version du Dr Baird, dans Manitoba Essays, p. 10: :

Nous devrons, du reste, y,reveñir lorsqu'il $’agira de l’or-

ganisation d'une université enseignante en 1917.

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