‹ 1896 guide du colon [microforme]Chapitre 5 sur 115 · REGION DU LAC-SAINT-JEAN ET DU SAGUENAY · texte numérisé non relu

REGION DU LAC-SAINT-JEAN ET DU SAGUENAY

Cette immense région, tant à cause de sa fertilité que du brillant avenir qui semble lui être réservé, à mérité d’être appelée le grenier (le la province de Québec.

Elle embrasse une superficie de 31,000 milles carrés ou environ 19,840,000 acres.

C’est déjà dire quel vaste champ reste ouvert au travail et à l'activité du colon, puisque la population actuelle disséminée dans cette région n’atteint encore que quarante mille âmes.

Quant à la fertilité de cette révion, elle est amplement démontrée dans les rapports de tous les arpenteurs.

Le sol est presque universellement de qualité supérieure. Il est composé, en grande partie, de terre argileuse, grise, noire et Jaune dans les vallées et de terre Jaune sablonneuse sur les hauteurs, Avantage précieux pour le colon : on ne rencontre pas de cailloux qui puissent nui’e à la charrue, et, de plus, la terre, d'une manière générale, exige pen de frais pour la culture,

D’après M. l’arpenteur P.-H, Dumais, qui a fait une exploration en 1878, la plus grar le partie de cette région comprise dans le fond de ce vaste bassin qui entoure le lac Saint-Jean, du côté du nord surtout—c’est-à-dire une étend ue d'au moins quatre millions d’acres en superficie—se composerait des terrains les plus favorables à l’agriculture, tant à cause de la richesse du sol que de la douceur du climat.

M. l’arpenteur G.-B. du Tremblay disait, de son côté, en 1887 :

‘Nous pouvons compter au nord du lac Saint-Jean, sur une étendue de quelques trois mille six cents milles carrés, de terre arable absolument plane, franche, fer. tile et susceptible de contenir l'établissement de quatre-vingts paroisses.”

chesse du s0l, ajoutait-il, c'est une con-

Sous le rapport de la ri e À tout le reste du Lac-Saint-Jean.

trée merveilleuse, supérieur

Le lac Saint-Jean—-cette belle nappe d’eau que tous les voyageurs connaissent—qui mesure vingt-huit milles de longueur sur vingt-cinq milles de largeur—égoutte cette immense vallée qui porte son nom *. IL est en outre le réservoir de plusieurs grandes rivières qui arrosent à leur tour des terrains d’une fertilité extraordinaire, et dont voici les principales :

Metabetchouan et la Ouiatchouane ; à l'est, st, la Chamouchouane ; au nord-ouest, la

au nord-est, la grande et

Au sud du lac, la la Belle-Rivière; à loue Ticouapee et la Mistassini ; la petite Peribonku +.

au nord et

généralement de trois pieds milles plus loin, en gagnant C'est dans ce brau lac et 8C8 non d’eau douce qui fait les

l'eau dans le lac Saint-Jean est

à 54 pieds une couple de 18 au milieu du lac.

se pêche ce saut

* La profondeur de à un mille du rivage, de 12 le large, et d'environ 60 à 80 picc s rivières tributaires que

nombreuse lu ouananiche ?”.

délices des sportsmen :

8 sources de la rivière G milles à l'ouest de Une de ses chutes

t d'un petit lac près de dans le lac Saint-Jean, d'environ 30 milles.

+ 1—La rivière Metabetchouan BOT Anne de la Pérade et se jette

Sainteécrit un cours

Saint-Jérôme, après avoir d a plus de 200 pieds de hauteur.

3 La rivière Ouiatchouane origine une soixantaine de milles € 536 pieds. de hauteur.

environ 45 milles, re la Belle-Rivière.

dans les environs du lac Quaquamakasis, décrit un cours d'eau d’ t forme à deux milles de son embouchure une chute de

3—La Belle-Rivière, longue d’ he et a sa source dans les lac de tte dans le lac un mille ct ur de trois quarts de mille

çoit les eaux du lac Kénoga-

mic 4— Ta Chamouchouane Se je Mesure une longue

demi au nord-ouest de Saint.

Prime. à son embouchure et de 400 pieds cent milles plus haut,

5—La rivière l'icouapee est navigable sur une jongueur de près de trente milles.

6—La Mistassinia plus de deux ce ur, trois milles de largeur à son embouchure et peut être naviguée, pa nt cinq ou six pieds d’eau, jusqu'à dix-huit milles en remontant. nts considérables : la Mistassibi, la rivière aux Rats et l'Ouassiemska.

La grande Peribonka mesure 950 mill jusqu’à trente milles de son embouchure, pour les v

ntmilles de longue r des bateaux tira Cette rivière a plusieurs aflue

es en longueur. Elle est navigable, apeurs de dimension ordinaire.

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Ces rivières ne sont pas navigables sur toute leur longueur, mais elles le sont cependant sur un assez long parcours pour être de la plus grande utilité aux établissements de colonisation,

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Il est prouvé de plus aujourd’hui que le climat du Lac-Saint- Jean — contre lequel l'on a nourri longtemps des préjugés — est aussi doux que celui de Montréal, et que la chute de neige y est moindre qu’à Québec,

Le lac Saint-Jean, dit M, l'arpenteur A, du Tremblay, dans son rapport de juin 1894, en répandant des vapeurs exerce une heureuse influence sur le climat du pays qui l'entoure, Les vents du nord-est, froids et humides sur les bords du Saint-Laurent, perdent leur humidité avant d'arriver au Lac-Saint-Jean, Rien de plus vrai que de dire que le climat du Lac-Saint-Jean peut rivaliser avec celui de Montréal, Une autre chose en faveur du climat du Lac-Saint-Jean, cest qu'ici les jours d'été sont plus longs qu’à Montréal, le Lac-Saint-Jean étant à une latitude plus élevée que Montréal,

Le blé et tous les grains y müûrissent et produisent abondamment, Cette région est aussi des plus propres à l'élevage des bestiaux. Le fourrage y est très abondant et très riche,

Nous dirons enfin que tous ceux qui ont visité cette région ou l'ont exploré, sont unanimes à prétendre qu’elle est destinée à devenir avant peu un vaste champ d'approvisionnement pour Québec en même temps que celui vers lequel se tourneront les plus actives et les plus sérieuses tentatives de colonisation,

Faut-il parler des superbes forêts qui couvrent cette sont déjà largement utilisées par l'industrie les essences dominantes, le bouleau, l'é

région et qui 7 Mentionnons parmi pinette rouge, l'épinette

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blanche, le pin, le cèdre, et même le bois blanc. On y rencontre aussi le merisier, le frêne, etc.

Ajoutons que partout les povoirs d’eau sont nombreux et considérables et peuvent mettre en mouvement des centaines de moulins, Il y a surtout de bons pouvoirs d’eau à Alma, à Mistook, à Hébertville, à Ouiatchouane, à Métabetchouane, à Mistassini et à Saint-Thomas-d’Aquin (Lac Bouchette),

On conçoit sans peine que le colon canadien ait pu hésiter autrefois, faute de moyens de transports et de grandes voies de communication, à s'engager dans cette partie reculée du pays et à s'y fixer. Aujourd’hui, ces obstacles n'existent plus.

Le chemin de fer du Lac-Saint-Jean et l’embranchement de Chicoutimi, en mettant depuis quelques années en communication la plus belle partie de cet iminense territoire avec les grands centres de commerce ont fait disparaître toutes les craintes et abattu du coup les principales difficultés. Le colon de cette partie du pays peut envisager maintenant l'avenir en toute confiance, puisque le chemin de fer le rapproche des grands marchés et le met en mesure d'écouler avec un égal avantage les produits agricoles de sa terre et le bois que celle-ci lui fournit à profusion.

Îl y a plus: la compagnie du chemin de fer du Lac-Saint-Jean qui à à cœur le défrichement de cette région, offre aux cultivateurs qui voudraient s'établir au Lac-Saint-Jean des privilèges dont ceuxei sont toujours autorisés À profiter,

La compagnie offre de transporter gratuitement de Québec au Lac-Saint-Jean tous les colons de bonne foi avec leurs familles ainsi que les effets de ménage d’un poids n’excédant pas 300 livres.

Ce privilège est accordé à tout colon sur présentation d’un cer-

PE RCE TER NP PROPRES SES ee SN PES DU EL

ontre tificat de l’assistant.commissaire d'agriculture à Québec, et d’un

certificat du curé de sa paroisse, afin de donner une preuve de sa bonne foi.

con- à s de * * 00k, is ee. :

Let Que la colonisation ait marché d’un pas assez rapide dans cette fertile région, les recensements de 1881 et de 1891 nous en four- 5 0 nissent la preuve.

Plusieurs cantons divisés en lots de ferme qui comptaient très peu d'habitants en 1881 ont grandi depuis et sont déjà assez popusiter 5 leux pour former de belles paroisses, Voici, au reste, une nomen. s de ; clature des cantons et paroisses qui figurent pour la première fois et à $ dans le recensement ofticiel de 1891 : ; CANTONS ET PAROISSES"* POPULATION.

de | Harvey, Saint-Germain, Durocher et Labrosse..., 189 ion ; Nermandin, Albanel et Parent... areas É 587 Racine, Dalmas, Taillon et Delisle,................ 539 nds Saint-Charles et Saint-Ambroise....,,............. 423 et Saint-Cyriac......... De ei bi re 435 Saint-Hilaire, Dequen, Dablon............,........ 1,124 rtie Saint-Félicien et Ashuapmouchouan-Nord, Des- 1ce, Melon 00 DUPONN resserre 988 Territoire non organisé.......,.,... Rod 1,387 ; le pri- À ajouter à cette liste le canton Pelletier, onvert depuis 1892 à la colonisation, et où une soixantaine de colons sont déjà établis, Comme on le sait déjr, les RR, PP. Trappistes ont fixé leur an établissement dans ce canton, devenu le centre de la colonisation us au nord du Lac-Saint-Jean, Les colons qui vont s'établir sur la Ve Mistassini ont en outre Ja perspective à peu près certaine de trouver du travail tout en défrichant leur terre, Tous les hivers, en effet, il s’y fait des chantiers où l’on emploie beaucoup de monde, au les On sent partout, À voir ces cantons se développer progressivees. ment, que l'élan est donné et qu’à mesure que cette partie du pays sera connue comme elle mérite de l'être, le mouvement colonisa. er -

teur ne pourra que s'étendre et prospérer,

Quant à l'étendue et À Ja condition des exploitations agricoles dans les comtés réunis de Chicoutimi et Saguenay, pour la dernière ‘décade, voici d’autres chiffres qui parlent d'eux-mêmes :

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