‹ 1914-1915 [i.e. mille neuf cent quatorze jusqu'a mille neuf cent quinze]; la préparation de la guerre & la conduite des opérationsChapitre 4 sur 18 · C. — Après la bataille de la Marne · texte numérisé non relu

C. — Après la bataille de la Marne

Les armées ennemies battues se replient. La poursuite est engagée. Tandis que nos armées de gauche ont pour mission de chercher à déborder l'aile droite allemande vers l'ouest, nos armées du cent?e concentrent leur effort sur le centre et la gauche ennemis, la 3e armée doit chercher à couper les communications de l'ennemi (1) en entamant une offensive énergique vers le nord par les terrains libres entre l'Argonne et Meuse en s'appuyant sur les Hauts-de- Meuse et la place de Verdun et en assurant la couverture de son flanc droit (2).

Maisbientôt, par des raisons diverses,

(1) Instruction particulière n° 22, du 11 septembre.

(2) Instruction particulière pour la 3e armée, du 12 septembre.

la poursuite doit s'arrêter, L'ennemi, qui a laissé entre nos mains des prisonniers et du matériel fait tête. La 6e armée, bien que renforcée, fait des efforts infructueux pour réaliser l'enveloppemeut tactique de la droite allemande.

L'ennemi cherche à parer à notre manœuvre enveloppante en tentant de son côté la même manœuvre sur notre gauche. C'est la course à la mer qui commence, transportant tout l'intérêt vers notre aile gauche, à laquelle doivent aller constamment nos renforts, vers laquelle la décision peut être cherchée et cette course à la mer se termine un peu plus tard, après les batailles de la région d'Ypres, par une stabilisation de cette partie du front comme des autres. Si les Allemands n'ont pu être tournés du moins ont-ils été empêchés de nous tourner à leur tour et de gêner les communications anglaises.

GO LA (UIERRE

Pendant toute cette période, c'est vers notre gauche que se poitaient forcément tous les regards parce que c'était de ce côté que se jouait le sort de la bataille. Le reste du front, que ce fût Briey ou tout autre point, demeurait d'un intérêt secondaire.

Quant, en hiver 1915, le front se fût partout stabilisé, la question qui se posa fut de le rompre, pour exploiter ensuite au maximum les conséquences de la rupture. Et là encore ce qui importait, c'était de rechercher le ou les points de rupture, non pas dans tel ou tel but particulier, comme pouvait l'être la réoccupation d'une région déterminée, mais bien dételle façon que, si la rupture était obtenue sur ces points, il dût s'ensuivre pour l'ennemi les conséquences les plus sérieuses, en particulier celle d'être obligé de replier son front sur une profondeur maxima. (le

sont les considérations qui ont guidé le commandant en chef sur le choix des points d'attaque. Il était du devoir des commandants d'armée d'étudier les possibilités d'action sur la partie du front situé devant eux et de soumettre leurs projets au commandant en' chef C'était le droit et c'était même le devoir de ce dernier, de faire un choix parmi ces projets, connaissant seul, en effet, les moyens dont il disposait pour ces opérations, seul il pouvait juger si ces projets étaient exécutables ; seul aussi il pouvait se rendre compte, s'ils étaient susceptibles de produire des résultats stratégiques importants et conformes au but général poursuivi, qui demeure toujours : battre l'ennemi.

JOFFRE

Plan XVII CONCENTRATION ET COUVEnïURE

Pièces originaires du Q. Q. Ç.

Pièces originaires du G. Q. G.

Paris, le 5» aoùi, 7 h. 20, 7 h. 4S, si*5 corps.

I. Avions el dirigeables français autorisés à survoler le territoire belge.

Mais les troupes belges ayant hier encore Tordre de tirer sur tous les navires aériens et le contre- ordre pouvant n'être pas connu de tou, le monde, il importe <|ue nos pilotes volent assez haut.

II. Des reconnaissances de cavalerie sont également autorisées à pénétrer en territoire belge; mais elles ne peuvent être appuyées encore par de trop gros détachements.

Il importe de profiter, dès maintenant, avec discrétion, de celte autori-

sation en vue d'occuper au plus près de la frontière luxembourgeoise les routes partant du front Virton-Stavelot et se dirigeant vers l'ouest.

III. Recommandation expresse sera faite aux détachements de se considérer comme en pays ami el allié, de n'exercer aucune réquisition avant cjue la convention en voie de conclusion ne soit connue, de ne rien acheter qu'à l'amiable et en payant comptant.

Le Général commandant en chef,

J. J OFFRE

1NNEXES 67

5 août 1914, à 12 h. 20.

Le General commandant en chef

aux Généraux commandant les 2LT,

2\ 0e, 7 , 2 Ie corps.

La guerre ayant été déclarée, il n'est plus apporté aucune restriction aux opérations de couverture qui peuvent s'exécuter telles quelles résultent des missions attribuées aux différents secteurs.

Spécial au 21e corps).

En conséquence, vous êtes autorisé à occuper les passages des Vosges, du col du Bonhomme à la trouée de Saales (inclus).

(Message téléphoné, confirmé par télégramme.)

J. J OFFRE

Pour ampli ation :

Le major général, Bel m.

w* annexes

Armées de l'Est.

Ktat-mmor général

3e Bureau.

Vi t ry-le-F range i s, 8 à oui i 91 4. JKSTRrCTlON GÉNÉRALE N° 1.

ï. Devant lies I" et ;." Années, les forces ennemies ne paraissent pas dépasse]- la valeur de six corps d'armée environ. Autour de .Metz, devant Thionville et dans 8e Luxembourg semble devoir être ïe Groupe principal des armées allemandes, établi pour déboucher vers l'Ouest.

Au Nord, une armée allemande a pénétré en Belgique et est engagée — en partie --- contre les forces berges.

II. L'intention du général commandant en chef est de rechercher la babille toutes forces réunies, en appuyant au Rhin la droite de son dispositif général. 11 reporterait, au besoin, en arrière, la gauche de ce dispositif, pour éviter un. engagement qui pourrait être

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décisif pour l'unedes années avanl le moment où les autres seraient en mesure de l'appuyer.

Mais il est aussi possible que nous ayons le temps de porter notre aile gauche en avanl, dans l'hypothèse où la droite allemande serait retardée devant Liège <>u se rabattrait au sud.

Initialement le rassemblement des armées et le mouvement offensif général sont à prévoir dans les conditions suivantes :

III. La I" armée prendra pour objectif l' armée allemande de Sarrebourg-le Donon-vallec de la Bruche et cherchera à la mettre hors de cause en la rejetant sur Strasbourg et la liasse-Alsace.

La /one d'action de la lre armée sera limitée au nord par la ligne incluse Gharnes, Saint- Germain, Borvillc.

Morviller, Gerbeviller, Fraimbois, Marainvillers, Emberménil, Moussey, Dianne Capelle, Fenestrange.

Le "r corps facilitera l'attaque du gTOS de Tannée en gagnant rapide-

ment sur Colmar et Schlestadt ; il assurera la sécurité sur sa droite, en détruisant les ponts du Rhin et en masquant Xeuf-Brisach.

La 8e division de cavalerie lui sera adjointe.

Ultérieurement et successivement le Ier groupe de divisions de réserve renforcé par les divisions de réserve des Alpes, sera chargé de la surveillance de Neuf-Brisach, de l'investissement de Strasbourg et de la protection de la Haute-Alsace.

IV. La 2e armée, se couvrant face à Metz, agira offensivement en direction générale de Sarrebrûck, sur le front Delme, Château-Salins, Dieuzc, en se reliant à la 1™ armée par la région des Etangs.

Elle réservera, à la disposition du général en chef, ses deux corps d'armée de gauche dans la région Bernécourt, Rosières-en-Haye, prêts à s'engager face au nord.

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