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action, l'infanterie « - tombée sous le l'eu des mirailleuses « t a subi des perles qu'on aurait pu éviter.
Ouand un point d'appui esl conquis, i! faut l'organiser immédiatement, se retrancher, y amener de l'artillerie pour empêcher tout retour offensif de l'ennemi.
L'infanterie semble ignorer la nécessite'' de s'orgr.niser au combat pour la durée. Jetant, de suite, en ligne des unités nombreuses et denses, elle les expose immédiatement au feu éc l'adversaire qui les décime, arrête, ainsi, net, leur offensive et. les laisse souvent à la merci d'une contre-attaque.
C'est au moyen d'une ligne de tirailleurs suffisamment espacés et entretenue continuellement que l'infanterie, soutenue par l'artillerie, doit mener le combat, le faisant ; ins> durer jusqu'au moment où l'assaut peut être judicieusement donné.
Les divisions de cavalerie allemande agissent toujours précédées de quelques
bataillons transportés en automobile.
Jusqu'ici, les gros de cavalerie ne se sont jamais laissé approcher par notre cavalerie. Ils progressent derrière leur infanterie et, de là, lancent des éléments de cavalerie (patrouilles et reconnaissances) qui viennent chercher appui auprès de leur infanterie aussitôt qu'ils sont attaqués. Notre cavalerie poursuit ces éléments et vient se heurter à des barrages solidement tenus. Il importe que nos divisions de cavalerie aient toujours des soutiens d'infanterie poulies appuyer et pour augmenter leurs qualités offensives.
11 faut aussi laisser aux chevaux le temps de manger et de dormir. Faute de quoi, la cavalerie est usée prématurément avant d'avoir été employée.
Signé : J. J offre.
ÏNSTRUCTIO N G É N É R ALE N° 1 .
Au grand Quartier général, le 25 août 1914, 22 h.
I. La manœuvre offensive projetée n'ayant pu être exécutée, les opérations ultérieures seront réglées de manière à reconstituer, à notre gauche, par la jonction des 4e et 5e armées, de l'armée anglaise et de forces nouvelles prélevées sur la région de l'Est, une masse capable de reprendre l'offensive pendant que les autres armées contiendront, le temps nécessaire, les efforts de lennemi.
II. Dans son mouvement de repli, chacune des 3e, 4e, 5e armées tiendra compte des mouvements des armées voisines avec lesquelles elle devra rester en liaison.
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Le mouvement sera couvert par des arrière-gardes laissées sur les coupures favorables du terrain, de façon à utiliser tous les obstacles pour arrêter par des contre-attaques, courtes et violentes, dont, l'élément principal sera I artillerie, la marche de l'ennemi, ou tout au moins la retarder.
III. Limite des zones d'action entre le1 s différentes armées :
Armée W (Armée britannique) : Au Nord-Est de la ligne de Gâteau -Vermand et Nesle incluse;
4e et 5e armées : Entre cette dernière ligne excluse à l'Ouest et la ligne Stenay, Grandpré, Suippes, Condé- sur- Marne à l'Est (incluse);
3e armée y compris l'armée de Lorraine : Entre la ligne Sassey, Fléville, Ville-sur-Tourbe, Vitry-le-Franeois (incluse) à l'Ouest et la ligne Vigneulles, Yoid, Gondrecourt (incluse) à l'Est.
IV. A l'extreme-gauche, entre Picquigny et la mer, un barrage sera teau sur la Somme par les divisions terri-
toriales du Nord ayant comme réserve la Gleet la (ri'' divisions de réserve.
V. Le corps de cavalerie sur l'Autliie prêt à suivre le mo'ivmcnt en avant de l 'extrême -gauche.
VI. En avant d'Amiens, entre Domarlen-Ponthieu et Corbie, ou en arrière de la Somme, entre Picqtiigay et Villers- Bretorn.ci \, un nouveau groupement de forces sera constitué par des éléments transportés en chemin de fer [Ie corps, 4 divisions de réserve, et peut-è're un autre corps d'armée actif), sera groupé du "27 août au 2 septembre.
Ce groupement sera prêt à passer à l'offensive en direction générale Saint - Pol-Arras ou Ai ras-Bapaume.
VII. L'armée W (britannique) en arrière delà Somme, de Lraye-sur-Somme à lia m, prête à se porter soit vers le Nord sur Bertincourt. soit vert 1 Est sur le Catelct.
VIII. La 5e armée aura le \ ros de ses forces dans la région Vermand-Saint- Quentin-Moy (front offensif) pour débou-
cher en direction générale de Bohain, sa droite tenant la ligne La Fèrc-Laon- Craonne-Saint-Erme.
IX. 4e armée : en arrière de l'Aisne, sur le front Guignicourt-Vouziers ou, en cas d'impossibilité, sur le front Berry-au-Bac, Reims, Montagne de Reims, en se réservant toujours les moyens de prendre l'offensive face au nord.
X. 3° armée : appuyant sa droite à la place de Verdun et sa gauche au défilé de Grandpré ou à Varennes-Sainle- Menehould.
XI. Toutes les positions indiquées devront être organisées avec le plus grand soin de manière à pouvoir v offrir le maximum de résistance à l'ennemi. On partira de cette situation pour le mouvement offensif.
XII. Les lre et T armées continueront à maintenir les forces ennemies qui leur sont opposées. En cas de repli forcé, elles auront comme zone d'action :
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2e armée : Entre la route Frouard- Toul, Vi ucouleurs (inclus) et la route Bayon- Charmes -Mirecourt- Vittel-Clef-
mont (inclus).
[n armée : Au Nord de la route Chatel -Dompaire- Lamarche-Montigny-le- Roi (inclus).
Le général commandant en chef, Signe : J. J offre.
Pour ampliation :
Le major général.
Signé : Belin.
Note relative a l'emploi de l aktiellhie
27 août 1914.
Les commandants d'armée appelleront de nouveau et de la façon la plus énergique, l'attention des troupes sous leurs ordres sur la nécessité absolue d'assurer une liaison complète entre l'infanterie et l'artillerie. Jusqu'à présent, cette liaison n'a pas été obtenue partout. L'une a attaqué avec trop de rapidité. L'autre s'est souvent engagée avec lenteur, hésitation et parcimonie.
C'est à cette erreur capitale que sont imputables la plupart des pertes supportées par notre infanterie.
D'autre paît, l'action des batteries est insuffisamment coordonnée. On a souvent l'impression de troupes s'en-
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gageant isolément et tirant d'après l'initiative des seuls capitaines.
En outre, il y a lieu de généraliser
Temploi fail avec succès par plusieurs corps d'armée du tir du 7 T> à très grande distance, avec crosse enterrée.
iïnlin, il convient d'imiter nos adversaires qui utiliseat dans une larg,e mesure les avions pour préparer leurs attaques. Ces avions survolent le terrain eu avant du front et permettent à l'artillerie de prendre sous son feu à l'extrême portée de ses pièces, nos rassemblements et nos colonnes sans que nous puissions déterminer, même d'une façon approximative, les emplacements des batteries.
Maintenant que le contact est pris sur tout le front des armées, le nombre des avions nécessaires à l'exploration stratégique a beaucoup diminué. Les commandants des armées mettrontdonc, dorénavant, *à la disposition des commandants de corps d'armée et de divisions de réserve un certain nombre
d'avions qui seront spécialement employés :
1° A découvrir les objectifs;
2° À donner aux batteries tous renseignements nécessaires pour l'exécution du tir.
Les expériences faites à ce sujet depuis plusieurs années sont assez nombreuses pour que, dans chaque corps d'armée ou division de réserve, le commandant de l'artillerie puisse, après renseignements pris auprès du Service de l'Aviation, prendre les mesures d'exécution nécessaires.
Le Général commandant en chef, J. Joffre.
Télégramme
Au Général commandant en chef la Y Armée.
27 août 1914.
Je ne vois pas dinconvénient à ce ([ne vous restiez sur vos positions demain 28 août, afin d'affirmer votre sucre s et de montrer que notre repli est purement stratégique. Mais, le 29, tout le monde doit être en retraite.
Sign (
J OFFRE
\nnexi -
Ordre u \ Ie et 2e armées.
28 août 1914.
Il s'agit pour la ire et la T armée de durer, tout eu fixant les forces ennemies qui leur sont opposées et en restant liées entre elles.
Signé : J offre.
Ordre k la 5" armée,
28 août 1914.
La 5" armée attaquera le plus tôt possible les forces qui se sont engagées hier contre les Anglais.
Signé : J offre.
ANNEXES î'-'i
D - kBMÉKS DE L'EST
Bureau
Instruction gi m: râle n° 4.
lep teptembre 1914.
I. Malgré les succès tactiques des •T. V et 5' armées, obtenus dans la
ion de la Meuse et à Guise, le mouvement débordant effectué par l'ennemi -h r l'aile gauche de la ;V armée, insuffisamment arrêté par les troupes anglaises et la 6* armée, oblige l'ensemble vie notre dispositif à pivoter autour de sa droite
Dès que la 5e armée aura échappé à la menace d'enveloppement, les armées re prendront L'offensive.
II. Le mouvement de repli peut conduire les armées à se retirer dans la direction générale nord-sud pendant un certain temps.
La 5e armée, à l'aile marchante, ne doit, en aucun cas, laisser l'ennemi saisir sa gauche; les autres armées, moins pressées dans l'exécution de leur mouvement, pourront s'arrêter, faire face à l'ennemi et saisir toute occasion favorable pour lui infliger un échec.
Les commandants d'armée feront en sorte de ne pas découvrir les armées voisines, resteront en liaison constante et s'enverront constamment les renseignements qu'ils ont pu obtenir.
III. Les lignes séparant les zones de marche des armées sont :
Entre les 5e et 4e armées (détachement Foch) : route Reims-Epernay (à la 4e armée); route Montmort, Sézanne, Romilly (à la 5e armée);
Entre les 4e et 3e armées : route Grandpré , Sainte-Menehould-Revigny (4e armée) ;
Dans la zone de la 4e armée, le détachement Foch sera en liaison constante avec la 5e armée. L'intervalle
compris entre ce détachement et le gros de lu 4e armée étant surveillé par les 7e et (.)'' divisions de cavalerie relevant de la V armée et appuyées par des détachements d'infanterie tournis par cette armée.
La 3e armée effectuera son mouvement à l'abri des Hauts-de-Meuse.
IV. On peut envisager comme limite du mouvement de recul, et sans que cette indication implique que cette limite devra être forcément atteinte, le moment où les armées seraient dans la situation suivante :
a) Un corps de cavalerie de nouvelle for. nation en arrière de la Seine, au sud de Braye;
b) La 5e armée en arrière de la Seine, au sud de Nogent-sur-Seine;
c) La 4e armée (détachement Foch) en arrière de l'Aube, au sud d'Arcissur-Aube; le gros en arrière de FOrnain, au sud de Yitry ;
d) La 3* armée au nord de 13ar-lc- Duc. La 3e armée serait, à ce moment.
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renforcée par les divisions do réserve qui abandonneraient les Hauts- de - Meuse pour participer au mouvement offensif.
Si les circonstances le permettent, des fractions des lre et 2e armées seraient rappelées en temps opportun pour participer à l'offensive.
Enfin, les troupes mobiles du Camp Retranché de Paris pourraient prendre part également à l'action générale.
Signé : J. Joffre.
LNN£XES
(zRA.no Quartier Général
Au G. Q. G.
Aux Années du Nord
et du Nord-Est. le 2 septembre 1914.
Le Général commandant en Chef à M. le maréchal French, commandant en chef des forces anglaises
Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur de vous adresser mes remerciements pour les propositions que vous avez bien voulu soumettre au Gouvernement de la République, relatives à la coopération de L'armée anglaise, et qui mont été communiquées.
La situation actuelle de la Ve armée fie permet pas à cette armée d'assurer à l'armée anglaise un appui suffisamment efficace sur la droite.
En raison des événements qui se sont passés depuis deux heures, je ne
crois pas possible actuellement d'envisager une manœuvre d'ensemble sur la Marne, avec la totalité de nos forces. Mais j'estime que la coopération de l'armée anglaise est la seule qui puisse donner un résultat avantageux dans les conditions exposées par la lettre cijointe que j'adresse à M. le Ministre de la Guerre, et dont j'ai l'honneur de vous faire parvenir la copie.
Veuillez agréer. Monsieur le Maréchal, l'expression de ma haute considération, et de mes sentiments de cordiale camaraderie.
JOFFRE
(iRAND QUARTIER GÉNÉRAL
Au G. Q. G.
Aux Armées du Nord
$t du Nord-Est. le 2 septembre 1914.
Le Gêné rai commandant en Chef
à M. le Ministre de la Guerre .
J'ai reçu les propositions du maréchal French, que vous avez bien voulu me communiquer; elles tendent à organiser sur la Marne une ligne de défense qui serait tenue par des éléments suffisamment denses en profondeur et particulièrement renforcés derrière le ilanc gauche.
Les emplacements actuels de la Ve armée ne permettent pas de réaliser le programme tracé par le maréchal French et d'assurer à l'armée anglaise, en temps voulu, une aide efficace sur la droite.
Par contre, l'appui de l'armée du général Maunoury, qui doit se porter à
la défense des fronts nord-est de Paris, est toujours assuré à l'armée anglaise sur la gauche; celle-ci pourrait, dans ces conditions, tenir sur la Marne pendant quelque temps, puis se retirer sur la rive gauche de la Seine, qu'elle tiendrait de Melun à Juvisy ; les forces anglaises participeraient ainsi à la défense du camp retranché, et leur présence serait, pour les troupes du camp retranché, un précieux réconfort.
Je dois ajouter que des instructions viennent d être données aux armées, en vue de coordonner leurs mouvements, et qu'il pourrait être désavantageux de modifier ces instructions. Elles tendent à placer nos troupes dans un dispositif leur permettant de prendre l'offensive dans un délai assez rapproché. La date de leur mouvement en avant sera communiquée au maréchal French, afin de permettre à l'armée anglaise de participer à l'offensive générale.
JOFFRE