‹ 1914-1916 poésiesChapitre 16 sur 33 · LA RÉCOMPENSE · texte numérisé non relu

LA RÉCOMPENSE

Il était de courte taille, Magniiiquement velu, Avec une large entaille Sur sa face de poilu ;

Son bras pendait en écharpe, Un chausson chaussait son pied ; Etait-ce au bord de la Scarpe Que Mars l'avait étrillé ?

Sur la Marne ou bien sur l'Aisne Ou sur l'Yser, je ne sais, Qu'il avait, hors de sa veine, Répandu son saDg- français ?

Qu'importait, car sa prestance Montrait un vrai brave, et puis C'était un soldat de France Que je saluais en lui :

« 0 héros entre cent mille, Lui dis-je, ô victorieux, Toi qui, de la horde hostile, Soutins le choc furieux,

« N'es-tu pas comme l'emblème Du grand effort obstiné Où tout un peuple lui-même De laurier s'est couronné ?

« Dis-moi, pour la part de gloire Oui t'échoit, que voudras-tu ?

Sera-ce un ruban de moire Sur ta capote, ô poilu ?

« Pour ta chair ainsi meurtrie, A quoi donc auras-tu droit, Que te devra la Patrie Pour tout cela? Réponds-moi. »

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L'homme avec un bon sourire, Souleva son bras raidi :

a Monsieur, je vais vous le dire Tout bonnement, comme on dit

a Mon désir a pour limites De recommencer le jeu, Car après tant de marmites, C'est fade, le pot au feu ! »

mai 1915.

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