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ÉGLISE DES CORDELIERS OÙ SE TROUVE LA CHAPELLE BONDE A NANCY

(Cliché ImprieB réunies, Nancy.)

VESN1TCH.

t()i4. — LA GUERRE DU DROIT.

gués de Serbie M. Vesnitch, s'écriait : « Gardons-nous de juger l'Autriche sur les écrits de quelques publicistes trop zélés. Elle est conduite par un grand monarque. J'espère qu'entre elle et la Serbie, ce triste nuage passera sans tempête ».

La tempête avait éclaté. Le 12 août 1914, ne pouvant plus communiquer directement avec Vienne, le gouvernement français fit parvenir, par le Cabinet de Londres, cette dépêche au gouvernement austro-hongrois :

« Le gouvernement austro-hongrois, en déclarant la guerre à la Serbie, a pris l'initiative des hostilités en Europe et a amené, sans la moindre provocation de la part du gouvernement français, l'état de guerre avec la France. Il a pris part à ce conflit en déclarant la guerre à la Russie. Il a envoyé des troupes à la frontière allemande dans des conditions qui signifient une menace directe à la France. Le gouvernement français se voit dans la nécessité de déclarer qu'il prendra toutes les mesures qui lui permettront de répondre à ces actes et à ces menaces. »

Le soir même du 12 août, le gouvernement biitannique télégraphia à Vienne : « La rupture avec la France ayant été amenée de la façon qui vient d'être indiquée, la Grande-Bretagne se voit obligée d'annoncer qu'un état de guerre existera entre la Grande-Bretagne et l'Autriche-Hongrie, à partir de minuit. » En recevant cette communication, lecomte Berchtold répondit :

— Nous déplorons les circonstances malheureuses qui poussent d'excellentes amies telles que l'Autriche et l'Angleterre à se faire la guerre.

L'ambassadeur d'Angleterre, M. de Bunser, quitta Vienne, le 14 août, à huit heures du soir.

L'ambassadeur d'Autriche à Rome, M. de Mère)-, a\ait en vain essayé de décider l'Italie à entrer en lice aux côtés de l'Autriche et de l'Allemagne. Il fut remplacé par M. Macchio, le diplomate en qui Vienne avait le plus de confiance et qui pensait obtenir le concours de l'armée italienne.

Les Austro-Hongrois qui habitaient la France furent conduits à Nogent-le-Rotrou dans des trains spéciaux. Plus de 2.5oo d'entre eux ont été placés par groupes de cinquante, de cent ou de deux cents, dans les communes de l'arrondissement où la main-d'œuvre était rare. Au même moment, 9.000 Allemands qui

(Phito Elliot et Fry.) SIR DE B' NSER.

42(3 i'ii.|.. — La c.ùkrrk du droIÎ.

n'avaient pas voulu regagner l'Allemagne, étaient dirigés vers Chàteauroux et logés

dans la région. Beaucoup d'étrangers de toutes nationalités étaient évacués vers les villes du centre. Le maire d'Angers, le l>r Borot, disait à ses concitoyens : » Ces étrangers ne sont pas des ennemis, ce sont des malheureux. Vous les accueillerez avec la dignité et la pitié que l'on doit à l.i souffrance. Il y a grandeur à rester humain au plus fort du deuil ».

Ce fut seulement le 22 Août 1914 que l'Autrichc-Hongric déclara la guerre à la Belgique.

L'armée austro-hongroise.

L'armée austro-hongroise avait été réorganisée complètement, depuis avril 1908. En temps de paix, elle devait compter 400.000 hommes, 35. 000 officiers et ioo.ooo chevaux.

Comme l'Empire lui-même, cette armée est une mosaïque. Elle se compose de trois éléments distincts : Y armée commune, ou armée impériale et royale, relevant du ministère de la guerre commun; la landwehr impériale-royale-autrichienné et son landsturm, dépendant de Vienne; la landwehr royale-hongroise et son landsiurm, dit honvèd, dépendant de Budapest.

Chacune de ces armées a son budget spécial et, en temps de guerre, son emploi particulier.

L'armée commune défend les territoires de la monarchie contre les ennemis du dehors et assure l'ordre à l'intérieur. Les landwehrs, en cas de guerre, soutiennent l'armée commune; leurs chefs sont désignés par l'empereur.

L'effectif du pied de guerre, d'après la nouvelle loi militaire de io,i2,estde noo.ooo hommes pour l'armée active et sa réserve; 160.000 pour chacune des deux landwehrs, 5oo.ooo pour la réserve de recrutement. Au total, 1.720.000 hommes d'activé et de réserve.

Les landsturms comprennent deux millions d'hommes. A vrai dire, une partie de ces troupes n'existait qu'à l'état de projet.

Il devait y avoir 102 régiments d'infanterie de ligne, 35 dits allemands, 47 dits hongrois, à quatre bataillons de quatre compagnies, plus un bataillon cadre de dépôt; 4 régiments de chasseurs tyroliens, 26 bataillons de chasseurs. Les statistiques autrichiennes y ajoutaient les troupes bosno-herzégoviniennes comprenant quatre régiments d'infanterie et un bataillon de chasseurs. Ala mobilisation, chaque régiment formait, en plus de ses bataillons actifs, au moyen du bataillon cadre de dépôt, deux bataillons nouveaux: chaque bataillon de chasseurs formait deux compagnies nouvelles. L'infanterie était armée du fusil Mannlicher, modèle 1895, calibre de 8 millimètres, baïonnette-poignard. A chaque régiment et à chaque bataillon formant corps, était adjoint un détachement de deux mitrailleuses Schwarzlose.

La cavalerie comprenait 42 régiments actifs à 6 escadrons et un cadre de dépôt; i5 de dragons recrutés en Bohème et dans les pays allemands, n de uhlans, 16 de hussards, tous hongrois : au total, iô divisions. La cavalerie était armée du sabre modèle 1904 et de la carabine à répétition, calibre de 8 millimètres. Les gradés portaient le pistolet automatique de 7 millimètres. A chaque division ou brigade indépendante, était adjoint un détachement de 4 mitrailleuses.

La réorganisation de l'artillerie, commencée en 1904, n'était pas terminée en août 1914. L'armée commune comprenait : 42 régiments de canons de campagne à cinq batteries de six pièces ; 14 régiments d'obusiers de campagne, 8 groupes d'ar-

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