‹ 1914 (volume 2)Chapitre 140 sur 161 · E A SALONIQUE L · texte numérisé non relu

E A SALONIQUE L

OCTOBRE H'|i:

rain, il avait constitué un ministère. Mais sa souveraineté était restée irréparablement fragile. Beaucoup de musulmans s'organisaient en bandes armées pour résister, fusil en main, aux gendarmes albanais et à leurs officiers hollandais. En ce qui concernait la protection des Albanais catholiques, les puissances échangeaient déjà force récriminations. Quant au mbred, il ne savait où donner de la tête. Brusquement, après cent quatre-vingts jours de règne, il quitta l'Albanie. Sa fuite ne mériterait pas une ligne dans l'histoire, si la chute de son trône n'était pas un événement grave : elle annonçait la fin du « régime d'internationalisation ». L'Allemagne avait prétendu, par ce régime imposé à l'Albanie, empêcher un conflit européen. La question d'Albanie, si importante dans les relations de l'Autriche et de l'Italie, se posait donc plus impérieusement que jamais, et dans les plus redoutables conditions. Le port albanais de Vallona, poste avancé sur le canal d'Otrante, apparaissait comme le Gibraltar de l'Adriatique. En 191 2, l'Italie, troublée par la politique de la Triplice. n'avait-elle laissé s'échapper l'occasion que lui offraient les victoires de la Grèce et de la Serbie ? Elle semblait alors admettre que l'on créât un « Etat-tampon albanais ».

En réalité, l'Allemagne, avant tout, avait voulu interdire à la Serbie l'accès de l'Adriatique.

En Albanie, l'armée serbe, dans la plus effroyable épreuve, reçut un secours inespéré. Une mission française que la France lui envoya sous les ordres du général de Mondésir, réussit, à lorce de courage et grâce à l'appui de la mission anglaise de l'Adriatique, à ravitailler les Serbes à Vallona, qu'occupait l'armée italienne, puis à les embarquer pour Corfou. Là, ils se réorganisèrent et constituèrent un corps de 1 10.000 hommes, qui bientôt alla reprendre la lutte à Salonique.

Ils y trouvèrent l'armée de Sarrail repliée sur sa base, se fortifiant avec méthode et attendant son heure. Elle était grossie de tout le reste des troupes de Gallipoli retirées de la presqu'île par un coup d'adresse toute britannique.

D'autre part, la Russie, s'étant ressaisie, dirigeait une attaque vers Czernovitz, et les Autrichiens rappelaient vers Czernovitz leurs troupes des Balkans.

L'Allemagne revint à son projet de porter un coup sans pareil au front français et se mit à préparer l'énorme offensive sur Verdun. Guillaume II ne put pas accomplir le voyage de Constantinople qu'il avait annoncé avec fracas. Pour donner à l'Allemagne une ombre de compensation et mettre un peu de baume sur les blessures de son orgueil, il fit en grande pompe visite à Ferdu

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