‹ 1914 (volume 2)Chapitre 143 sur 161 · INTERVENTION ARMÉE DE L'ITALIE · texte numérisé non relu

INTERVENTION ARMÉE DE L'ITALIE

Les défaites de la propagande allemande.

Depuis le mois d'août 19 14, l'Italie s'agitait comme elle s'était agitée, en 1860, ■après la guerre qui, grâce à l'appui fraternel de la France, l'avait émancipée et lui avait rendu la Lombardie, mais sans réaliser l'unité de la péninsule. Les grandes villes italiennes, Florence, Milan, Turin, demandèrent que l'œuvre d'unification nationale fût achevée. Cavour, l'excellent ministre du roi Victor-Emmanuel Ier, redoutait de puissantes oppositions diplomatiques. Mais une révolution, qui eût emporté le trône de son roi, lui sembla plus redoutable encore. Ce lut à cette minute que se dressa un hardi partisan incarnant les aspirations de la patrie, Garibaldi. L'héroïque aventurier, avec ses Mille, s'embarqua près de Gênes sur deux bateaux marchands, arriva, à travers tous ies périls, jusqu'à Marsala, sauta à terre, acclamé par les Siciliens, triompha àCatalafimi,

.prit Palerme, souleva l'île entière, passa le détroit, se jeta sur Naples et, dans une voiture que traînait le peuple napolitain, monta au château royal que le roi François II quittait pour la forteresse de Gaëte. Victor-Emmanuel II n eut qu'à se rendre aux bords du Volturne pour recevoir de Garibaldi, dictateur des Deux-Siciles, le don de ce royaume. Le petit-fils de cet heureux roi, Victor-Emmanuel III, devait entrer à Trente et à Trieste, comme son aïeul était entré à Naples.

En 1 914, les Allemands, qui pressentaient le danger, diplomates, hommes politiques, historiens et publicistes, redoublèrent d'efforts pour persuader à l'Italie que ses vrais intérêts étaient à Nice, en Corse, en Tunisie, et qu'elle aurait tout à perdre à la victoire de l'Entente. Mais les vrais Italiens, avec leur clairvoyance naturelle, répliquaient en leur pittoresque langage : « L'Allemagne qui nous offre si gracieusementlaTunisie et le reste nous connaît mal. Aujourd'hui, chez nous, toutes les thèses peuvent être soutenues, à l'exception d'une seule: l'obligation pour l'Italie

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