MASQUE CONTRE LES GAZ ASPHYXIANTS
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de rail. Que l'on parle du bois le Prêtre ou du tortin Beauséjour, de tel piton lorrain ou de telle croupe champenoise, au fond, c'est toujours d'une voie ferrée qu'il s'agit. Aussi bien les Allemands, dès le début, avaient visé les chemins de fer. Avant même la déclaration de guerre, ils s'emparaient de la voie ferrée qui traverse le Luxembourg. En avançant vers Blàmont et vers Lunéville, ils voulaient mettre la main sur la voie Avricourt Paris. Ils foncèrent sur le Ban-de-Sapt, pour tenir la ligne qui joint Saint-Dié-sur-Meurthe à Epinal-sur-Moselle. Us donnèrent l'assaut au Reichakerkopf pour se glisser jusqu'à la ligne qui joint Gérardmer à Remir'.-mont. Ils coupèrent la voie de Commercy à Verdun en occupant le Camp des Romains, près de Saint-Mihiel. D'autre part, ils construisirent de nombreuses lignes, particulièrement celle qui relie Saint-Mihiel à Metz, en passant par Conflans-Jarny. Ces lignes créées par eux sont à voie étroite : 60 centimètres, avec pentes de 55 millimètres et courbes de 60 mètres de rayon. Mais nous aussi, nous savions faire la guerre du rail. Dès le début, en pénétrant vers Mulhouse et vers Morhange, nous avions tenté de couper les communications entre l'Allemagne du Sud et l'Allemagne du Nord. En occupant le Signal de Xon et le bois le Prêtre, nous tenions la clef de la vallée de la Moselle. Par notre avance dans le bois de Mortmare et, dans le pays de Haye, vers le Rupt de Mad, nous serrions de près la ligne de Thiaucourtà Metz. Quant au chemin de fer tout récent construit par l'ennemi de Conrians à Saint-Mihiel, il passait à 9.600 mètres de la crête des Eparges, où s'établissaient nos canons à longue portée.
En avril 1 9 1 5, d'autres combats eurent lieu au bois Mortmare, dans la Woè'vre, dans les environs de Saint-Mihiel, dans les environs d'Arras, dans les environs de Langemarck.
C'est là, le 22 avril, à 1 1 heures du matin, que l'ennemi s'est servi pour la première lois des gaz asphyxiants. Cet engin, le plus déloyal, le plus lâche et le plus cruel de tous les engins du monde, jamais la France n'avait voulu l'employer. Elle n'avait même jamais voulu le mettre à l'étude. L'ennemi, qui prétendait en finir vite avec nous, essaya, près de Langemark, d'envelopper nos troupes d'un de ces brouillards mobiles aux nappes mortelles. Sa joie dut être grande. Nos soldats, que commandait le général Putz, tombèrent suffoqués. Ceux d'entre eux qui avaient encore quelques forces s'éloignaient, en laissant sur place leurs armes et leurs canons. Les troupes britanniques que nous avions à notre gauche, n'étant plus soutenues, durent se retirer à leur tour. L'ennemi, qui parvint ainsi à franchir le canal del'Yser, enregistra une victoire qu'il qualifia de « féconde ».
Quelques jours après, il devait remporter une victoire encore plus « féconde » dans la mer d'Irlande : là, un de ses sous-marins coulait, le 7 mai, un paquebot américain, la Lusitania, assassinant ainsi 1146 créatures humaines, dont beaucoup de femmes et d'enfants.
En même temps, d'autres victoires « fécondes » se multipliaient pour lui dans les airs. Ses zeppelins, sur les villes ouvertes de France et de Grande-Bretagne, lançaient, pendant la nuit, des bombes qui tuaient des iemmes, des enfants, des vieillards.
L'expression « victoire féconde », employée par l'ennemi à ce sujet, est d'une justesse saisissante. Jamais, en effet, victoire plus caractéristique n'eut de plus efficaces résultats.
Les victoires remportées par les zeppelins sur les villes ouvertes ont soulevé, contre l'empereur Guillaume II, l'indignation de tous les êtres qui portent un cœur vraiment humain. Le juge de la commune anglaise dans laquelle l'équipage d'un dirigeable allemand avait commis le premier des assassinats de ce genre, examina à lond
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