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USINE DETRUITE PAR UNE BOMBE DE ZEPPELIN

Les grandes attaques : Vimy, Festubert, Loos, Quennevières,

Tracy-le-Mont, bois le Prêtre, Metzeral, le Reichackerkopf, le

Hilsenfirst, le Linge, la Champagne, l'Artois, PArgonne.

A nos attaques d'avril succédèrent, en mai et en juin 1913, des attaques de grande envergure.

Aux trois buts que le Haut Commandement s'était proposés pour les petites attaques, s'ajoutait sans doute un quatrième but que la langue populaire exprima psr le mot « percer »

Le q mai, en Artois, après une préparation d'artillerie très bien conduite, notre offensive se déclancha à 7 heures du matin. Il s'agissait d'abord d'enlever le saillant que formait, au nord d'Arras, le front allemand. Ce saillant, avec ses tranchées, ses boyaux, ses fortifications de toutes sortes, fut enlevé, malgré une résistance acharnée et de violentes contre-attaques. Les villages sur lesquels s'appuyait l'ennemi tombèrent entre nos mains, l'un après l'autre : Notre-Dame-de-Lorette, Ablain, La Targette, Carency, Neuville-Saint- Vaast et son labyrinthe qu; devint illustre, Aix-Noulette, Souchez.

Dès le premier jour, nos troupes d'attaque, instruites et entraînées par le général Pétain, s'élancèrent vers le front Neuville-Carency, avec ordre d'occuper, d'une part, La Targette et la moitié de Neuville, d'autre part les organisations défensives dont se hérissait la hauteur de Vimy. Leur fougue dépassa tout ce qu'on avait espéré. Dans un élan merveilleux, gagnant, en une heure et demie, plus de quatre kilomètres, elles atteignirent, puis dépassèrent le sommet de Vimy. Quand un message annonça au Haut Commandement que la crête de Vimy était occupée, la première pensée des plus grands chefs fut que les assaillants se trompaient sur leur avance et qu'ils étaient encore loin d'un pareil résultat.

Du 22 au 25 juin, la malheureuse ville d'Arras reçut plus de cinq cents obus, parmi lesquels beaucoup d'incendiaires et d'asphyxiants. Parmi les blessés et les morts, il y eut surtout des femmes et des entants. Le tir de l'ennemi était dirigé contre deux ambulances, installées, l'une au Collège de jeunes filles, l'autre au Saint-Sacrement, où on soignait des Français et des Allemands relevés dans les récentes batailles de l'Artois. L'hôpital Saint-Jean, qui comptait le plus grand nombre de lits, avait été mis hors d'usage par les bombardements précédents. Dès qu'un incendie éclatait, des taubes venaient le repérer. Leurs indications données par la radiotélégraphie, jointes aux signaux des ballons captifs, permettaient à l'ennemi de faire pleuvoir sur les lieux du sinistre une grêle de projectiles et de réduire les pompiers à l'impuissance. Jamais plus monstrueuses séries d'assassinats ne s'exécutèrent avec plus de constance, de régularité et de succès. Cependant, jusque dans le martyre,. Arras continua longtemps son labeur. A la préfecture, à la mairie, au bureau de bienfaisance, les services publics fonctionnaient sans défaillance, avec un personnel restreint. Une école restait ouverte, dans un endroit à peu près inaccessible aux obus. Les enfants s'y rendaient assidûment et les classes n'étaient interrompues que par des jeux ou des chants. Les caves dans lesquelles se réfugiaient les Arrageois semblaient avoir été creusées en prévision de cette épreuve. Ils n'eurent qu'à en renforcer les portes avec des sacs de terre. Les «boves » d'Arras restent illustrés? Sous telle maison se superposent plusieurs étages. Tout au lond, des silos, des cheminées, des piliers. Ce sont d'anciennes carrières qui, aux époques de troubles, ont maintes fois servi d'abri. Du fond de leurs boves, les habitants entendaient la pluie de fer s'abattre au-dessus d'eux.

L'ennemi était encore tout près, à une portée de shrapnell. A peine si, dans notre récente attaque, nous avions regagné quelque cent mètres. A tout prix, Guillaume II aurait voulu s'emparer d'Arras : cent trente jours d'un combat acharné ne lui avaient pas ouvert un pas vers nous. Ses canons redoublaient d'acharnement sur l'Hôtel de Ville, merveille d'inspiration espagnole et de style gothique, achevée dans le style de la Renaissance. Le beffroi du xvie siècle, élevé à une hauteur de 76 mètres, s'écroulait débris par débris. Son Lion d'or des Flandres gisait à terre, en morceaux. Dès que les habitants d'Arras pouvaient sortir de leurs boves, ils regardaient au loin monter des fumées noires. C'était la fumée d'Ecurie. C'était la fumée de Chanteclair. C'était lafuméede Neuville-Saint-Vaast. C'étaitla luméede Souchez.

I g 1 4- - — LA GUERRE DU DROIT.

D'Arras à la mer du Nord, d'autres combats étaient livrés, par les troupes britanniques, du côté de Fromelles et de Festubert, par les troupes françaises, vers Loos.

Ce lurent ensuite, de juin à août, les combats au sud d'Arras, à Hébuterne ; dans la région de l'Oise, à Quennevières, à Tracy-le-Mont ;dans la région de Saint-Mihiel, à la torêt d'Apremont ; près de Pont-à-Mousson, au bois le Prêtre; en Lorraine, à Fontenelle ; en territoire alsacien, à Metzeral, au Reichackerkopf, à l'Hilsenfirst, au Linge (1).

Notre campagne des Vosges commença, le 14 juin, par un effort vers Metzeral,

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